Noyades : des maîtres-nageurs dès le mois de mai pour la surveillance des plages, un coût financier mais "la vie n'a pas de prix"

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Écrit par Armelle Goyon

Depuis le début du mois de mai, six personnes ont perdu la vie lors de noyades sur le littoral du Golf du Lion. Une dizaine d'autres ont pu être sauvées grâce aux interventions des pompiers. Mais de nombreux postes de surveillants de plage seront vacants jusqu'à la mi-juin.

Depuis le début du mois de mai, six personnes ont perdu la vie lors de noyades sur le littoral du Golf du Lion, dont deux le week-end des 21 et 22 mai dans l'Aude. Une dizaine d'autres ont pu être sauvées grâce aux interventions des pompiers et des sauveteurs en mer.

Mais avant la pleine saison, il est risqué de se lancer en mer. Dans le département voisin de l'Hérault par exemple, les 76 postes de surveillance de plage de l'Hérault ne seront ainsi pas occupés avant la mi-juin.

Et pourtant, depuis le retour des beaux jours, l'appel de la mer se fait sentir. Et les touristes peinent à résister. Pourtant les plages ne sont pas encore surveillées, ce qui peut en freiner certains.

 

Même si le drapeau est orange, je suis un peu plus en confiance lorsqu'il y a un maître-nageur qui surveille les enfants.

Alexandre, vacancier à Palavas-les-Flots.

"En semaine c'est différent, mais le week-end où il y a plus de monde, cela peut être intéressant d'avoir des maîtres-nageurs sur place pour assurer la protection de tous", précise Bilal, vacancier à Palavas-les-Flots.

"J'analyse les risques et je me dis que je ne prends pas beaucoup de risques à aller me baigner un peu et prendre beaucoup de plaisir. Après c'est sûr que s'il y avait des grandes vagues et que c'est risqué, je ne me serai pas baigné", confirme Karim, vacancier également. 

Méditerranée dangereuse 

Malgré les apparences, la Méditerranée est piégeuse. La houle provoque de forts courants. Les baigneurs peuvent s'épuiser à regagner le rivage et se retrouver en difficulté.

"Parfois en Atlantique, on perçoit le danger. Chez nous, en Méditerranée, on ne le perçoit pas. Donc les gens ont cette idée très sympathique de la Méditerranée mais elle peut être tout aussi dangereuse voire plus parce que justement on ne se méfie pas", détaille Patrick Toustou, déléguée Hérault et Gard SNSM. 

Embaucher plus 

Les sauveteurs bénévoles ne seront assez nombreux qu'à partir du mois de juillet, ils comptent sur les étudiants saisonniers. Mais ces accidents précoces commencent à faire réfléchir certaines municipalités. Pour espérer empêcher les noyades, la préfecture de l'Hérault et les mairies ont aussi une responsabilité : embaucher.

"La question qui se pose est de savoir si véritablement on doit installer deux ou trois postes de surveillance de plus au mois de mai. Je pense que oui. Le problème est un problème financier mais la vie n'a pas de prix et nous allons y arriver", assure Christian Jeanjean, maire LR de Palavas-les-Flots.

Avant la haute saison, sans drapeau flottant sur la plage, la baignade n'est donc pas encadrée.