Sète : au lycée de la Mer, la formation met le cap sur la sécurité à bord

Depuis 10 ans, tous les marins de la planète sont soumis à des règles strictes en matière de sécurité. Le lycée de la mer à Sète est le seul d'Occitanie à dispenser une formation de haut niveau. On y vient de la France entière pour faire valider ses acquis.

Simulation d'incendie dans un conteneur lors d'une formation à la sécurité à bord au lycée de la Mer de Sète
Simulation d'incendie dans un conteneur lors d'une formation à la sécurité à bord au lycée de la Mer de Sète © France 3 Occitanie

Travailler en mer n'est en aucun point comparable à un emploi à terre. C'est beaucoup plus risqué. La sécurité, c'est justement l'un des points forts du lycée de la mer de Sète (Hérault). C'est le seul établissement scolaire agréé en Occitanie pour dispenser ces formations et les marins viennent de la France entière pour valider leur acquis.

 Christian Rousseau est leur professeur de navigation et de sécurité. Il explique :

On adapte nos cours en fonction des demandes des armements. Selon les besoins et les retours que l'on a sur les mésaventures en mer, on fait évoluer les exercices.

Christian Rousseau, 

professeur de navigation et de sécurité au lycée de la Mer de Sète

Simulations en conditions réelles

Au lycée de la Mer, chaque situation périlleuse peut être simulée dans des conditions proches de celles du bord. On peut ainsi produire un effet de souffle lié à l'explosion d'un aérosol. L'exercice peut aussi par exemple porter sur une fuite d'échappement et un début d'incendie sur le moteur du bateau, ou encore dans un conteneur. On imagine qu'il y a une victime dans le local et qu'il faut l'en sortir. Car le feu à bord et la voie d'eau sont les plus grandes hantises des marins. 

Feu et voie d'eau : les peurs du marin

Aux stagiaires d'appliquer les bons gestes et de mettre en œuvre les procédures, standardisées au niveau mondial. Depuis 2010, l'Organisation Maritime Internationale (OMI) impose des remises à niveau. Et ce n'est pas du luxe, selon William Jousse, employé par le transporteur maritime international Bosco CMA/CGM :

C'est bien de le refaire tous les 5 ans. Moi, la dernière fois que je suis venu, il y a 5 ans, ça faisait 20 ans que je n'avais pas refait la formation, depuis l'école maritime ! On oublie les gestes. En plus, beaucoup de choses ont changé.

William Jousse,

employé par le transporteur maritime international Bosco CMA/CGM

Les futurs pêcheurs également concernés

La sécurité fait aussi partie des cours dispensés en formation initiale aux lycéens de l'établissement sétois. La plupart sont de futurs pêcheurs professionnels. Pour embarquer, ils doivent tous avoir leur Certificat de Formation de Base à la Sécurité. Malgré leur jeune expérience ils ont déjà conscience des risques du métier, à l'instar de Thomas Boninu, élève en Terminale option Pêche :

On a eu plein d'accidents pas graves. Mais chaque fois, on se dit qu'on prend de gros risques : tomber à l'eau, ça peut arriver tellement vite et avoir des conséquences dramatiques ! Donc les rappels de sécurité, c'est très important.

Thomas Boninu,

élève en Terminale option Pêche

Contrôles réguliers et obligatoires des bateaux

Avant d'embarquer, la première chose à faire est d'abord de s'assurer de l'état du bateau, qu'il soit neuf ou pas. La réglementation impose un contrôle par des inspecteurs d'un centre de sécurité des navires, comme celui de Sète. Ces inspections périodiques permettent logiquement d'écarter les embarcations non conformes. Pour prendre la mer, chacune doit avoir un permis de navigation en cours de validité, quel que soit le type de bateau.

Objectif : sauver des vies

La sécurité des équipages est à ce prix, pour éviter des drames comme celui de la nuit du 29 au 30 novembre 2020 à Agde. 

Deux frères avaient péri dans le naufrage du chalutier sur lequel ils travaillaient. L'enquête, toujours en cours, devra déterminer si des entorses à la sécurité ont été commises.
  

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