Sète : Les grandes nacres de l’étang de Thau sous haute surveillance

Après un mois de surveillance, c'est bonne nouvelle : les grandes nacres de l’étang de Thau n’ont pas été touchées par le parasite qui décime l’espèce depuis deux ans en France. Ce dernier a été repéré tout près - dans le port de Frontignan - la vigilance reste donc de mise.
 

La grande nacre est une espèce endémique de la méditerranée, protégée depuis 1992.
La grande nacre est une espèce endémique de la méditerranée, protégée depuis 1992. © MaxxPPP/ Serge Mercier
« Nous n’avons trouvé aucun signe du parasite » affirme Camille Pfleger, du syndicat mixte de l’étang de Thau. Le syndicat avait lancé une opération de surveillance au début de l’été.

Une quinzaine de plongeurs, tous bénévoles, se sont donc relayés pour inspecter les quelques 50 000 grandes nacres de la lagune. Leur mission : détecter au plus vite les cas de contaminations de grandes nacres par le "haplosporidium pinnae", un parasite venu de l’hémisphère sud.

Ce microorganisme s’attaque au mollusque en le paralysant. Incapable de se refermer, le coquillage meurt de faim ou se fait manger par un prédateur.
Dans 99% des cas les grandes nacres ne survivent pas au parasite.
Dans 99% des cas les grandes nacres ne survivent pas au parasite. © AFP / BORIS HORVAT


Une pandémie sous-marine


Ce parasite aurait été déversé pat un cargo japonais en 2016 lors d’une vidange près des côtes espagnoles. Sur cette côte 99% de la population de nacre a disparu. Depuis c’est une véritable pandémie sous-marine qui se propage. L’Italie, la Corse et le sud de la France sont désormais touchés.

Les premiers cas ont étés détectés en Occitanie il y a environ deux ans.

En octobre le parasite a été découvert lors des travaux de modernisation du port de Frontignan-la-Peyrade, à quelques encablures de l'étang de Thau. Une soixantaine de coquillages devant être extraits de la zone de travaux pour être déplacés ont été retrouvés morts.

Selon Camille Pfleger "tout le monde a été surpris par la rapidité de propagation du parasite et le taux de mortalité très élevé."

Une vigilance accrue

« Il faut maintenir la pression et rester très attentifs » affirme Camille Pfleger, qui souhaite poursuivre cette opération de surveillance. Toute personne rencontrant une grande nacre est invitée à signaler sa position via un formulaire en ligne sur le site du syndicat. 
 

"Tout le monde a été surpris par la rapidité de propagation du parasite et le taux de mortalité très élevé."

Camille Pfleger



Une éventuelle contamination dans la lagune de Thau serait une catastrophe.  La grande nacre, ou "pinna nobilis", est une espèce endémique de la méditerranée. Très rare car sa taille peut dépasser un mètre !  Elle joue aussi un rôle essentiel pour l’écosystème local en purifiant l’eau. Un coquillage de 50 cm peut filtrer jusqu’à 200 litres d’eau de mer par jour.
 
Pour tenter de préserver l’espèce, les scientifiques du CRIOBE (Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de l’Environnement) ont prélevé 200 grandes nacres de l’étang de Thau afin de les placer en aquariums à Perpignan.

L’enjeu est à présent de trouver ou les réimplanter et de parvenir à une reproduction en aquarium, ce qui permettrait d’assurer la pérennité de l’espèce.
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