Pyrénées : l'Etat mis en demeure de remplacer les ours tués par une dizaine d'associations

Une dizaine d'associations défendant la présence de l'ours a annoncé lundi avoir mis la ministre de l'Ecologie et le président de la République en demeure de remplacer les plantigrades tués en 2020 dans le massif des Pyrénées.

L'Ourse Sarousse, abattue d'un coup de feu au mois de novembre, selon les autorités espagnoles.
L'Ourse Sarousse, abattue d'un coup de feu au mois de novembre, selon les autorités espagnoles. © Gobierno de Aragon

Une dizaine d’associations (*) impliquées dans la protection de l’ours dans les Pyrénées a mis la Ministre de l’Écologie et le Président de la République en demeure de remplacer les ours tués en 2020 dans les Pyrénées.

Trois ours tués par l'homme en 2020 dans les Pyrénées

"Depuis que trois ours ont été retrouvés morts de cause humaine en 2020 dans les Pyrénées, notamment un ours mort par balles en Ariège, nous ne cessons de demander au gouvernement de procéder au remplacement rapide de ces animaux, conformément à l’engagement pris dans le Plan Ours 2018-2028, expliquent ces associations.

La règle qui prévaut en effet dans le plan visant à rétablir la population d'ours dans les Pyrénées prévoit le remplacement de chaque ours, si sa mort est provoquée par l'homme. "Chaque ours présent dans les Pyrénées est indispensable pour restaurer la plus petite population d’ours d’Europe, toujours classée « en danger critique ", rappellent les requérants. 

Au mois de novembre, l'ourse Sarousse, avait, selon les autorités espagnoles, été abattue d'un coup de feu. Au mois de juin, un autre ours avait été tué près de la station ariégeoise de Guzet, en Ariège. Et en avril, c'est l'ours Cachou, un mâle de six ans qui avait été retrouvé mort en Espagne, après avoir été empoisonné selon la presse espagnole.

Côté espagnol comme côté français, la présence de l'ours est décriée, et parfois combattue, notamment par les éleveurs qui déplorent de nombreuses prédations de brebis. "L'annonce du président aux responsables agricoles locaux en janvier 2020 sur le fait "de ne pas procéder à de nouvelle introduction" ne peut concerner le cas des ours morts de cause anthropique (braconnage ou accident) comme l'atteste la Feuille de route Pastoralisme et ours de Juin 2020", indiquent encore les associations de défense de l'ours,

Pour ces associations, la décision d'Emmanuel Macron de ne pas remplacer les ours ainsi tués "donnerait le sentiment de cautionner et de tolérer la violence des opposants radicaux à l'ours, croissante depuis son élection".

Une espèce menacée d'extiction

L'ours des Pyrénées étant menacé d'extinction, la France a engagé dans les années 1990 un programme de réintroduction d'ours venant de Slovénie. "Sans réponse rapide de l'État, nos associations prendront, elles, leurs responsabilités en lançant toutes les procédures légales nécessaires", menacent les associations, qui entendent dans ce cas porter l'affaire devant le tribunal administratif pour obtenir une injonction de procéder aux lâchers requis.

(*) FERUS, Pays de l’Ours – Adet, France Nature Environnement (National et Hautes-Pyrénées), Comité Ecologique Ariégeois, FIEP Groupe Ours Pyrénées, Société Nationale de Protection de la Nature, Animal Cross, SEPANSO Pyrénées-Atlantiques, Altaïr-Nature, Nature Comminges, Nature en Occitanie.

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