Dans les Pyrénées-orientales, l'Aude et l'Hérault, des maires protestent contre la fermeture des commerces de proximité

Le gouvernement ferme les rayons "non essentiels" des grandes surfaces dès ce mardi 3 novembre. Malgré l'annonce du Premier Ministre, de nombreux maires de l’ex Languedoc-Roussillon protestent contre l’inégalité de traitement envers les commerces de proximité. 
 
Montpellier - le tribunal administratif - archives
Montpellier - le tribunal administratif - archives © F3 LR F.Dubault
Louis Aliot, le maire Rassemblement National de Perpignan a été le premier à mettre le feu aux poudres en fin de semaine dernière en publiant un arrêté municipal autorisant l’ouverture des commerces en centre-ville. Dans les Pyrénées Orientales, les maires de Pia, Claira, l’Ille-sur-Têt et Rivesaltes lui ont emboité le pas.

Dans l’Aude, Didier Mouly a été le premier élu audois à publier le même arrêté :
 

Malgré l’annonce du Premier Ministre, j’ai décidé de maintenir l’arrêté municipal par soucis de justice et d’équité envers les commerçants. En revanche et en attendant la date du référé, j’ai demandé aux commerçants de ne pas rouvrir avant de connaître la décision de justice.

Didier Mouly, maire (SE) de Narbonne

Le Maire de Carcassonne Gérard Larrat a signé également cet arrêté pour défendre les commerces non-alimentaires et autoriser leur ouverture à compter de ce lundi 2 novembre.
De leur côté, les 120 maires des deux agglomérations du Grand Narbonne et de Carcassonne dénoncent une situation « inadmissible ». Ils demandent à l’Etat de revoir sa position et réclament la réouverture des commerces de proximité avec des protocoles stricts et précis. 

Dans l’Hérault, à Saint-Pons-de-Thomières, le maire André Arrouche a également pris cet arrêté, pour « mettre la pression au gouvernement qui ne comprend pas les préoccupations en milieu rural.

Sur ma commune, beaucoup de petits commerces ont déjà fermé. On risque aujourd’hui de perdre le peu qu’il nous reste

Maire de Saint-Pons-de-Thomières


A Montpellier, le maire a préféré la méthode douce en cosignant une lettre au Premier Ministre avec 50 maires de grandes villes de France pour "que la question soit réétudiée en concertation au plus vite". 

L'Etat attaque tous les arrêtés

L’Etat a décidé de contre-attaquer pour faire respecter la loi. Le tribunal administratif de Montpellier a été  saisi en référé par les Préfets dans tous les départements concernés dans la région. Ce mardi après-midi, Louis Aliot plaidera sa cause, de même que le maire de Béziers.
Mais pas de suspens à priori. 

La Justice estime généralement qu’un maire peut durcir mais jamais adoucir une mesure de police prise par l’État. Comme à Montauban. Sauf surprise, l’illégalité des arrêtés municipaux visant à autoriser l’ouverture des commerces fermés par décret devrait être confirmée par le tribunal administratif. 
 
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