Coronavirus : à Perpignan, le préfet, l'hôpital et l'ARS répondent aux questions

le Docteur Hugues Aumaitre, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au centre hospitalier de Perpignan, Philippe Chopin, préfet des Pyrénées-Orientales et Guillaume Dubois, délégué départemental de l'agence régionale de santé répondent à vos questions. / © DR
le Docteur Hugues Aumaitre, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au centre hospitalier de Perpignan, Philippe Chopin, préfet des Pyrénées-Orientales et Guillaume Dubois, délégué départemental de l'agence régionale de santé répondent à vos questions. / © DR

Pendant un peu plus d'une heure, le préfet Philippe Chopin a répondu aux questions des internautes accompagné du Dr Hugues Aumaitre, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au centre hospitalier de Perpignan et de Guillaume Dubois délégué départemental de l'agence régionale de santé.

Par Josette Sanna et Olivier Meyer

C'est une initiative utile et originale. Le préfet Philippe Chopin a répondu aux questions des internautes accompagné du Dr Hugues Aumaitre, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au centre hospitalier de Perpignan et de Guillaume Dubois délégué départemental de l'agence régionale de santé.

500 personnes étaient connectées. Voici les réponses aux questions de Laurette, Djam’s, Loly, Nanouche, Gaëlle, Martial, Engie, Mickaël, Mr Karpoff ou Romuald.

Les déplacements

Philippe Chopin, préfet des Pyrénées-orientales :

"Non, nous n'allons pas alléger les contrôles policiers. Il est important de bien remplir l’attestation de déplacement dérogatoire. Pour les commerces il faut aller au plus près de chez soi, c'est l'occasion d'aider à vivre les petits commerces, j’espère que la plupart des grands magasins jouent le jeu, enfin je salue les employés des grands magasins. Il est important de toujours respecter les règles de distance et les gestes barrières.

On ne sort pas, on sort peu, on sort seul. Les forces de l’ordre seront compréhensives dans les cas particuliers. Nous ne sommes pas là pour embêter population.

Transports en commun et RN 116

"Nous maintenons les transports en commun car les gestes barrières y sont bien respectés. La vie économique doit continuer. Les travaux de la RN 116 vont reprendre prochainement car c’est un axe vital pour les habitants. Enfin, j’ai demandé au gouvernement l’autorisation de fermer la frontière avec l'Espagne à Bourg Madame ".


Couvre-feu, accueil SDF...

Peut-être que les manifestations du mois de juin pourront se dérouler mais on ne peut pas encore le savoir tout repose sur le bon respect des règles.


La sirène du début de couvre-feu a été avancée à 19h50 pour permettre aux habitants de rendre hommage aux personnels soignants. Oui la sirène est un geste fort, elle est indispensable.

Nous avons ouvert un gymnase pour les plus démunis (SDF) avec un abri de jour et de nuit où ils peuvent voir des médecins" précise encore le préfet.
 

L'accueil des patients

Hugues Aumaitre,  chef du service des maladies infectieuses et tropicales au centre hospitalier de Perpignan :

"La mise en place du dispositif de lutte contre le Covid à Perpignan est un enjeu important afin de pouvoir accueillir les patients de bonnes conditions. L’hôpital n’est pas débordé il se met en ordre de marche avec un temps d’avance. Nous avons un nombre de lits plus important que dans d’autres endroits. Nous nous préparons à faire face à une épidémie significative par son ampleur avec un certain nombre de patients déjà gravement atteints dont nous nous occupons actuellement. Nous travaillons avec l'ensemble de l'hospitalisation privée du département afin de pouvoir assurer les soins de l'ensemble de la population notamment les patients qui ont d'autres pathologies que le Coronavirus.

Les mesures de confinement sont les seuls moyens efficaces pour interrompre ce phénomène épidémique. Il faut respecter ces mesures".


Le traitement au Plaquénil


Question de José : Qu'en est-il du traitement par Plaquénil proposé par une équipe de Marseille ?

"Les données disponibles sur cette étude sont très parcellaires. Mais nous l’étudions dans un contexte critique face à une pathologie grave pour laquelle il n'y a pas d'autres solutions thérapeutiques disponibles. En conséquence un certain nombre d'équipes en France se mettent en ordre pour pouvoir proposer ce traitement à certains patients dans des conditions très spéciales. 

A Perpignan, nous prescrivons ce produit pour les cas les plus sévères dans des conditions très drastiques de prescription pour éviter les effets secondaires potentiellement sévères.

Où en est-on de l'épidémie dans les PO ?

"La situation dans les PO s'aggrave petit à petit. Nous avons doublé le nombre de lits de réanimation, nous en comptons à l’heure actuelle une centaine ce qui est énorme.

Le département est le plus touché dans notre région et nous nous attendons à un nombre de cas importants qui vont arriver au début de la semaine prochaine en s'amplifiant pendant au moins 15 jours. Pour enrayer ce processus épidémique il faut maintenir le confinement.

En Cerdagne, il existe des difficultés relatives au confinement espagnol, à la fermeture des frontières et aux travaux sur la route qui rendent l'accès au plateau cerdan complexe. Mais il y a un dispositif qui se met en place pour pouvoir diriger les patients vers l'hôpital de Foix.

A l'hôpital de Perpignan, nous ne sommes pas débordés à l'heure actuelle. On travaille d'arrache-pied pour réorganiser l'hôpital"
.

Durée de l'épidémie, retour à la normale ?

A quand un retour à la normale ?

La durée totale de l'épidémie sera de l'ordre de 6 à 8 semaines avec un pic dans 3 semaines. Si le confinement n’est pas respecté, l'épidémie va durer plus longtemps. Nous avons besoin de renforts infirmiers sur les différents centres de consultations. Les Ehpad vont sans doute avoir besoin d'un coup de main".

Guérison

Les cas de guérisons dans le département ? :
"La majeure partie des personnes qui ont des symptômes mineurs guérissent sans séquelles, des personnes hospitalisées sortent régulièrement de l’hôpital en voie de guérison, donc oui on peut guérir du Coronavirus.

Les gels hydro-alcooliques sont virucides donc ils détruisent instantanément le virus. Le lavage des mains au savon est efficace mais il faut se laver les mains plus longtemps. 30 secondes c’est bien.

L'hygiène

Faut-il changer de vêtements quand on rentre chez soi ?
"Non sauf pour le personnel hospitalier auquel je recommande de changer de vêtements sur place".

Et faut-il nettoyer les courses ?
"La réponse est non. Enfin, les masques en tissu ont une efficacité très partielle, c’est une fausse bonne solution", ajoute Hugues Aumaitre.

Collaboration public-privé

Guillaume Dubois, délégué départemental de l'agence régionale de santé conclut :

"Il y a eu une formidable anticipation et formidable coordination avec les cliniques privées. C'est un travail collectif de l'ensemble des établissements sanitaires du département pour faire face à cette situation.

Le personnel des Ehpad est suffisamment protégé et sera équipé de masques.

Nous faisons un suivi régulier dans les maisons de retraites et les structures pour handicapés. Nous sommes très soucieux des établissements sociaux et médicaux sociaux ainsi que les secteurs de psychiatrie afin qu'ils soient dotés en masques même s'ils ne sont pas en première ligne.

Les masques sont en cours d'acheminement et seront fournis aux personnels qui interviennent à domicile.

Quant au gel hydro-alcoolique les pharmaciens peuvent en fabriquer. Il est commercialisé à un prix raisonnable.

Les interventions classiques de l’hôpital de Perpignan ont été déportées vers les cliniques. C’est une montée en charge de l’ensemble des acteurs du département".

Un autre facebook live, demain, sur le volet sécuritaire

Pour lutter contre la propagation du COVID-19, un dispositif important, sur les volets sécuritaire et sanitaire, a été mis en place dans le département des Pyrénées-Orientales. Il est important de pouvoir informer et échanger avec les habitants sur les mesures prises et c'est pour cette raison qu'un nouveau rendez-vous est prévu ce venderdi 27 mars.

Sur le volet sécuritaire Philippe Copin, préfet des Pyrénées-Orientales,  sera accompagné de Guillaume Poumeau de Lafforest, colonel, commandant le groupement de gendarmerie des Pyrénées-Orientales et Jean-Marc Rebouillat, commissaire général, directeur départemental de la sécurité publique.

Ils répondront aux questions des internautes, ce vendredi 27 mars à 18h, en direct sur la page facebook du préfet des Pyrénées-Orientales https://www.facebook.com/Prefet66/



 

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