A Perpignan, Françoise, 60 ans, SDF : "je suis vieille, j'ai un cancer mais j'ai ma dignité"

"Je n'en peux plus. J'ai mon cancer. C'est terrible." Françoise, 60 ans, est sans domicile fixe depuis six ans à Perpignan. Elle est aujourd'hui en fauteuil roulant et désespère de trouver un toit. Malgré les difficultés administratives, la solidarité s'organise. 

"Je n'en peux plus. J'ai mon cancer. C'est terrible." Françoise, 60 ans, est sans domicile fixe depuis une quinzaine d'années à Perpignan.
"Je n'en peux plus. J'ai mon cancer. C'est terrible." Françoise, 60 ans, est sans domicile fixe depuis une quinzaine d'années à Perpignan.
Sous-alimentée, Françoise souffre depuis plusieurs mois des adducteurs. Elle doit maintenant se déplacer en fauteuil roulant. SDF depuis six ans à Perpignan, elle vit dehors sous une tente avec son compagnon. Eté comme hiver. "Je n'en peux plus, j'ai un cancer, c'est quelque chose de terrible."

Faire pipi, c'est délicat. S'habiller,c'est une horreur. Et la toilette, c'est une lingette et une douche


Le quotidien est difficile. "Faire pipi, c'est délicat. S'habiller,c'est une horreur. Et la toilette, c'est une lingette et une douche chez un copain de temps en temps," désespère-t-elle.

38% des sans-abris sont des femmes


Nous avions rencontré Françoise, il y a trois ans. Elle dormait sous un pont pour être tranquille: "une femme dans la rue, c'est quelque chose de très grave. La promiscuité, l'amour qui nous tombe dessus par tous les hommes qui arrivent, t'es obligée de te cacher. Une femme, pour aller aux toilettes, elle doit se cacher." Un brin d'intimité ici dans l'obscurité. Quelques cartons et plastiques pour s'isoler de l'humidité, des vêtements chauds et pour oreiller un sac. D'après l'Insee, 38% des sans-abri sont des femmes. Particulièrement vulnérables, elles sont très fortement exposées aux agressions sexuelles et aux viols. Plus de 5 000 femmes seraient dans la rue dans Paris.

Une association de Montpelllier, baptisée "Les femmes invisibles" a lancé quant à elle une collecte visant à créer des kits d'hygiène destinés aux femmes qui vivent dans la rue.
 

Si la plupart des décès de SDF sont constatés à Paris et en région parisienne, l'Occitanie n'échappe pas à ce phénomène, d'hommes et de femmes, parfois jeunes, décédés de mort naturelle, de mort violente (notamment les deux hommes de 28 ans décédés en février lors d'une bagarre au couteau devant la gare Matabiau à Toulouse), des suites d'une maladie ou de froid (car ce serait se tromper que de croire que les SDF ne meurent que pendant l'hiver). Ainsi, d'après le décompte du collectif Les Morts dans la rue, 32 personnes y ont ainsi perdu la vie dans les rues  en 2018, uniquement des hommes.

Une femme dans la rue, c'est quelque chose de très grave


Comme Françoise, ils seraient environ 200 SDF dans les rues de Perpignan. Elle va quelques fois dans un centre d'hébergement d'urgence mais elle y trouve trop de contraintes horaires. Elle veut garder son indépendance. "Il faut penser aux gens qui sont dehors. moi, je suis vieille, j'ai un cancer mais j'ai ma dignité."

Je suis vieille, j'ai un cancer mais j'ai ma dignité


En ce début d'année 2020, la solidarité s'organise. Flora a rencontré Françoise il y a un an lors d'une maraude. "Françoise, elle pourrait être ma maman. Alors, je me dis comment on peut laisser une dame comme ça dehors. Pour moi, ça, ce n'est pas possible." Flora améliore son quotidien  mais surtout lui vient en aide dans la recherche d'un appartement.
 

La solidarité s'organise


Assia leur apporte son aide pour obtenir le RSA et faire toutes les démarches administratives: "Il faut savoir que la plupart des SDF n'ont pas de CAF, ils n'ont rien du tout. Ils ne savent pas faire de déclaration et s'ils ont des problèmes de santé, ils ne peuvent pas se soigner. Mais ils ont droit à tout ça. Mais sans aide, ils ne peuvent pas le faire," s'insurge Flora. 

Pour le moment, Françoise et Yann restent sous la tente dans l'espoir de dormir enfin dans un appartement HLM de la ville de Perpignan début février.  






 
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