Après un printemps marqué par la sécheresse et les restrictions d'eau, les arboriculteurs de la vallée de la Têt, près de Perpignan voient le fruit de leurs sacrifices récompensés : les premières récoltes font apparaître une qualité gustative importante près de Perpignan.

« Ils sont plus sucrés et plus goûteux ». Paroles de connaisseurs : les abricots, cette année sont exceptionnels. De quoi redonner le sourire aux producteurs de la vallée de la Têt, confrontés ce printemps à une sécheresse inédite.

Un tiers de la production sacrifié

Pour sauver leur récolte, ils ont fait le choix difficile de sacrifier une bonne partie de leurs fruits, directement sur l’arbre. « On a perdu entre 20 et 30% du rendement normal…Mais on l'a récupéré sur le calibre, comme cet abricot, plein de jus et plein de sucre. C’est dû à ce manque d’eau » , indique Jean-Charles Barboteu, arboriculteur et coopérateur chez Ille Fruits.

PLus petits et plus sucrés

Un manque d’eau qui se ressent surtout dans les champs de pêchers, le gros de l’activité de ce producteur. Ici, le calibre des nectarines témoigne des restrictions drastiques qui ont été mises en place. « Dès le 1er avril, il y avait des arrosages seulement tous les 14 jours. Moment de la division cellulaire le fruit a manqué d'eau avec un durcissement du noyau. Conséquence: le calibre des fruits aussi est vraiment limité, la teneur en sucre importante et la qualité gustative sont au rendez-vous », ajoute Jean-Charles Barboteu.

Le rival espagnol détrôné

Des fruits gorgés de sucre, c’est l’assurance de séduire le consommateur dans un secteur très concurrentiel : la grande surface. Et là encore, bonne nouvelle pour l’abricot du Roussillon, qui a même réussi à détrôner son rival direct. « Les phases de transition sur une campagne de fruits à noyau sont délicates surtout quand vous avez les fruits espagnols en face. Cette année, ce qui nous a permis de basculer facilement c'est d'avoir des produits gustatifs », précise Thaï Truong, commercial pour la coopérative La Melba. De bon augure pour la saison de la pêche qui ne fait que commencer. 

Écrit avec Barbara Gorrand.