Procès du policier fauché au péage du Boulou : 5 ans de prison dont 2 avec sursis pour le chauffard

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Écrit par Marie Valantin avec Marc Tamon

Le procès du policier, fauché par une voiture dans la nuit du 17 au 18 octobre au péage du Boulou, s'est déroulé ce matin au tribunal correctionnel de Perpignan. L'accident avait entraîné 45 jours d'itt pour le policier de la police aux frontières percuté. 

Le jugement est tombé : 5 ans de prison dont 2 avec sursis avec mandat de dépôt. Dans la nuit du 17 au 18 octobre, aux alentours de 4h du matin, Jonathan, 30 ans, conduit à grande vitesse. Une membre des forces de l'ordre de la police aux frontières lui fait signe de s'arrêter mais le chauffard alcoolisé et sans permis de conduire refuse et percute un jeune adjoint de sécurité, Ibrahim. Son procès s'est déroulé ce mercredi 18 novembre. Le procureur avait demandé la peine maximale. Selon lui, l'acte était volontaire : "il avait tout le temps d'éviter le policier"

45 jours d'itt pour le policier 

Le choc est très violent. Le policier, qui avait perdu connaissance, est évacué à l'hôpital de Perpignan. Le diagnostic tombe : fracture du bassin, blessure à l'épaule et traumatisme crânien. 45 jours d'itt lui sont prescrits. Il est traumatisé. 

Ce matin, le jeune fonctionnaire de 30 ans, Ibrahim, s'est rendu au tribunal correctionnel au côté de ses collègues policiers en fauteuil roulant. Lors du procès l'agent de sécurité de la police aux frontières déclare : "j'ai besoin de ce procès pour essayer de remonter la pente. Je vis depuis un mois dans un fauteuil roulant, je ne peux pas voir ma fille à cause du confinement. Je le vis difficilement en dépit du très fort soutien de mes collègues."
 

Je suis désolé. J'ai voulu faire un délit de fuite. J'ai mis un coup de volant vers lui pour impressionner le policier. Une fois que je l'avais percuté, c'était une fuite en avant.

Jonathan, le chauffard.

Le visionnage de la vidéo de surveillance montre un écart pour venir percuter l'agent. Philippe Capsié, avocat de la victime réagit : "Dans le cas du prévenu, on est très proche de la tentative de meurtre". 

Pour le délégué départemental Alliance, Franck Rovira "c'est le procès de la banalisation insupportable de la violence sur les forces de l'ordre". Le prévenu avait déjà été condamné à deux reprises pour délit de fuite. En plus de sa peine de prison, il devra payer 15 000 € d'indemnisation en attendant l'expertise d'ici 6 mois.