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Pyrénées-Orientales : les ventes de Muscat chutent de 5% tous les ans

illustration / © maxppp HARRY RAY JORDAN
illustration / © maxppp HARRY RAY JORDAN

Le muscat de Rivesaltes représente 80% de la production de ce vin doux naturel en France. Ces ventes chutent tous les ans de 5% depuis 2012, d'après la Chambre d'agriculture des Pyrénées-Orientales. D'où une crise structurelle pour les viticulteurs du Roussillon.

Par FD avec R.Talbot


Ce vin doux, historique du Languedoc-Roussillon, semble passé de mode. Les consommateurs préfèrent aux muscats jugés trop sucrés, des cocktails ou des vins plus fruités. Alors quand le muscat de Rivesaltes tousse, c'est toute la filière qui est malade. Car l'appellation Rivesaltes représente 80% de la production française.
Le cahier des charges est clair : 110 grammes de sucre par litre et 15,5 degrés d'alcool.

Mais la crise ne date pas d'hier. En 40 ans, la consommation de vins doux naturels en France a chuté de 80%.
 
© F3 LR
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Une hausse des prix qui a fait baisser les ventes et augmenter les stocks


Une crise conjoncturelle s'ajoute à ce changement de consommation. Les vignerons du muscat n'ont pas connu de hausse de salaire depuis 2007.
 

On a entamé un bras de fer avec la grande distribution pour augmenter le prix des bouteilles. Les négociations ont duré dix-huit mois", explique Roger Torreilles, président de l'Organisme de gestion du muscat.


Ils ont finalement eu gain de cause en février dernier avec la loi Alimentation. Le prix des bouteilles a augmenté de 15 centimes d'euro. Mais pendant les négociations, la grande distribution a boycotté ce muscat roussillonnais. "On constate un retard de quatre mois dans la mise en rayon", précise François Capdellayre, président des vignobles Dom Brial.

En tout, deux millions de bouteilles de muscat n'ont pas été vendues. Alors les vignerons ont décidé de baisser la production cette année. "Il y a trop de stocks. Mais c'est un problème pour les professionnels : ce qui n'est pas produit n'est pas vendu", ajoute François Capdellayre.
 
© F3 LR
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La crise est généralisée à toutes les appellations


Le problème est le même pour les appellations du Languedoc.
A Saint-Jean-de-Minervois, la chute des ventes de muscat est considérable. "40% de baisse sur les cinq dernières années", constate Jean-Marc Saleine, président de la cave. Pour lui, le muscat doit se moderniser, notamment dans le marketing.

Les stocks sont en revanche au plus bas pour le muscat de Mireval, à cause aussi de la sécheresse. Jean-Marc Rossel, président de la cave, "on a perdu 60% de notre récolte en 2017 à cause de la canicule, et on ne les a pas récupéré".
 

Des petites productions tirent leur épingle du jeu...


Les caves essaient de diversifier l'offre du muscat pour s'en sortir. On voit désormais dans les rayons des muscats moelleux, secs, nouvelles liqueurs ou encore effervescents...

Le muscat de Frontignan représente 10% de la production en France. Si les ventes baissent aussi, le directeur Bernard Germain n'est pas inquiet : "grâce à notre marque et à notre etiquettage modernisé, nous sommes présents dans le marché et reconnu".

En revanche, pour l'appellation Lunel, les ventes augmentent de 10% cette année. Le président de la cave des vignerons du muscat de Lunel s'en réjouit : "on a de la chance d'être situé entre Montpellier et Nîmes, un secteur attractif, notamment grâce à la grande distribution".
 

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