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Qui va reprendre les parts de Casil Europe, l'actionnaire chinois de l'aéroport de Toulouse-Blagnac ?

© Rémy Gabalda / AFP
© Rémy Gabalda / AFP

Qui pour racheter les parts de Casil Europe ? Depuis l'annonce de l'intention du désengagement de l'actionnaire principal de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, actionnaires publics locaux et collectif de riverains s'inquiètent. Et espèrent pour certains, un retour à un financement 100% public.

Par Laurence Boffet

Après la rumeur, puis la confirmation par Bercy d'un "désengagement" en cours des actionnaires de Casil Europe de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, les spéculations vont bon train autour de l'aéroport. Quand certains, comme les riverains, espèrent un retour à une gestion publique, d'autres sont déjà candidats pour racheter les 49,99 % détenus par la holding chinoise. Selon le journal Le Monde, une dizaine de prétendants seraient sur les rangs.
 

Pour ou contre la privatisation?

En 2015, l'Etat avait vendu 49,99% du capital de l'aéroport de Toulouse-Blagnac dans une opération qui avait suscité la controverse et l'inquiétude des collectivités locales. 4 ans plus tard, l'actionnaire chinois se désengage et le débat sur la privatisation est relancé. 
Certes, Casil Europe a investi dans l'aéroport, financé des infrastructures, comme le nouveau hall D et développé le trafic comme il s'y était engagé. Mais la holding chinoise a surtout engendré de sérieux bénéfices : en 2015, elle a déboursé 308 millions d'euros pour acquérir 49.99 % du capital. Aujourd'hui, leur vente est estimée à 500 millions d'euros, soit une plus-value de 192 millions d'euros. 
Sans parler des dividendes polémiques que les actionnaires se sont versés pendant ces 4 ans...
 

Trop de bénéfices, pas assez d'investissement selon les collectivités locales

Trop de bénéfices et pas assez d'investissements, c'est le reproche fait par les collectivités territoriales aux actionnaires.  "A l'évidence, Casil Europe a démontré que sa pensée n'était conduite que par le fait de dégager du profit à très court terme" pointe Nadia Pellefigue, vice-présidente de la région Occitanie. Alors que dit-elle, "l'investisseur public doit penser lui à toutes les conséquences industrielles et commerciales et les penser dans un seul objectif, le développement régional". 
De son côté, le collectif des riverains qui a multiplié manifestations et recours en justice pour contester la privatisation, réclame aujourd'hui la reprise complète de l'aéroport par les pouvoirs publics. "L'actionnaire priva va développer à outrance l'aéroport et va provoquer des nuisances aériennes accrues" explique Stéphane Bourras du collectif Anti Aéroport, "les pouvoirs publics, on peut leur demander en tant que chargés aussi de mission de santé publique, de juguler ce développement afin de garantir la santé des personnes et des riverains de l'aéroport". 

Quels sont les avantages et les inconvénients d'une gestion privée d'une infrastructure publique comme l'aéroport de Blagnac ? Le point avec Luc Truffert et Xavier Marchand : 

Des repreneurs sur les rangs

Selon Le Monde, une dizaine de candidats auraient déjà déposé des propositions chiffrées.Parmi eux, quatre repreneurs français dont Vinci, déjà actionnaire du groupe Aéroports de Paris (ADP) et qui contrôle les aéroports de Roissy, d'Orly et du Bourget. 
Selon le quotidien du soir, "il semblerait que ce soit la décision de l’Etat, prise début 2018, de conserver sa participation de 10,01 % dans le capital de l’aéroport qui pousse les actionnaires chinois à se désengager."  En février 2018, l'Etat avait en effet décidé de conserver les 10,01% du capital qu'il possédait encore et sur lesquels Casil avait une option, empêchant ainsi l'actionnaire chinois de devenir majoritaire. Les autres actionnaires, à hauteur de 40%, sont la Région, le département, la métropole de Toulouse et la Chambre de commerce et d'industrie. 
La vente des parts de Casil Europe devrait être finalisée dans le courant de l'été 2019. D'ores et déjà, le ministre de l'économie, Bruno Le Maire a proposé une rencontre avec les élus de la métropole et la Chambre de commerce et d'industrie pour répondre à leurs inquiétudes et à leur proposition de racheter les 10,01% de l'Etat. Peut-être leur en dira-t-il aussi un peu plus sur les potentiels acheteurs des parts de Casil Europe. 

 

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