Sivens : les experts au rapport et la mobilisation qui s'intensifie

© Sylvain Duchampt / France 3 Midi-Pyrénées
© Sylvain Duchampt / France 3 Midi-Pyrénées

Alors que les 2 experts nommés par le ministère de l'écologie ont présenté ce midi leurs conclusions sur le barrage de Sivens à la préfecture du Tarn, la mobilisation se poursuit tant chez les riverains et les agriculteurs qui soutiennent le projet que chez les zadistes. La tension monte.

Par Véronique Haudebourg

Les conclusions des deux experts nommés par Ségolène Royal sur le projet de barrage de Sivens ont fait connaître leur conclusions aux élus et aus représentants des associations ce lundi à Albi. Mais ces conclusions étaient déjà connues. Ségolène Royal a d'ores et déjà annoncé que le projet initial n'était plus d'actualité après avoir affirmé qu'un ouvrage serait bien réalisé. Reste à savoir sous quelle forme.
Nicolas Forray et Pierre-Alain Roche, experts nommés par le ministère de l'Ecologie et Thierry Carcenac, président du conseil général du Tarn (à droite) / © Maxime Van Oudendycke / France 3 Midi-Pyrénées
Nicolas Forray et Pierre-Alain Roche, experts nommés par le ministère de l'Ecologie et Thierry Carcenac, président du conseil général du Tarn (à droite) / © Maxime Van Oudendycke / France 3 Midi-Pyrénées
Les deux experts envisagent deux scénarii.

  • Le premier envisage un réservoir réduit de moitié environ, soit 750.000 m3, "sur le site de Sivens, de préférence situé 330 m en amont du projet initial, épargnant plus de la moitié de la zone humide impactée par le projet initial". Cette zone humide, dite du Testet, a été détruite dès septembre par l'avancement du chantier. Elle abritait de multiples espèces sauvegardées.
  • Le deuxième scénario est un ensemble de trois retenues latérales ou collinaires, une à Sivens et deux autres non loin.
Les discussions doivent donc se poursuivre localement entre les différentes parties pour tenter de trouver un accord. Mais la partie n'est pas gagnée, loin de là.

Agriculteurs, riverains et zadistes très remontés

Si les représentants des chambres d'agriculture étaient conviés à la préfecture ce lundi, il n'en va pas de même pour la base. Des agriculteurs et des riverains, qui affichent un soutien farouche au projet initial convergent depuis ce matin en convois (emmenés par la FDSEA et les JA) depuis Gaillac et Montauban vers le site de Sivens. Ils en réclament l'évacuation.


De leur côté, les zadistes n'entendent pas quitter les lieux et réclament toujours l'abandon total du projet. Eux non plus ne sont pas conviés aux négociations. Pour éviter tout affrontement et incident, les gendarmes ont donc bloqué l'accès au site.



Les agriculteurs ont donc tourné autour du site de Sivens.

Les zadistes ont affirmé leur satisfaction après l'abandon du projet initial mais également leur détermination à ne rien céder. Aucun des deux propositions des experts ne les satisfaits et ils réclament toujours l'abandon complet du projet. "Nous ne tolérons et n'accepterons pas ce type de projet car il porte atteinte au site de Sivens. Il favorise et renforce un modèle agricole dépassé", poursuit le communiqué des zadistes. "On ne lâche rien", ont-ils écrit dans leur communiqué.


Une trentaine de zadistes, tous encagoulés ou masqués, ont refusé de répondre aux questions de la vingtaine de journalistes présents, dont les identités et plaques d'immatriculation ont été vérifiées avant de pouvoir rentrer sur la ZAD. Les occupants, qui sont encore une grosse cinquantaine sur le site, réagissaient pour la première fois à la décision de la ministre de l'Écologie Ségolène Royal, vendredi, d'enterrer le projet initial de barrage, qui suscite une vive contestation depuis des années.

EN VIDEO / reportage avec les agriculteurs et les zadistes
 

Entre pro-barrage et zadistes

 

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