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Rétro 2014 : cinq choses à retenir de l'année politique en Ile-de-France

Anne Hidalgo élue maire de Paris. Vague bleue dans le reste de l'Ile-de-France aux municipales. Percée du FN dans la région lors des élections européennes. Grand Paris qui se met progressivement en place. Et recomposition des partis politiques. L'année 2014 méritait bien une rétro politique. 
Anne Hidalgo, au moment de sa déclaration après les résultats du 1er tour des Municipales à Paris.
Anne Hidalgo, au moment de sa déclaration après les résultats du 1er tour des Municipales à Paris. © EPA/MAXPPP

Quelle rime pour 2014 ? 

Il n'en existe pas. Une année politique atypique ? (là il y a plein de rimes). Une année en tout cas d'élection et de recomposition. Où pour une fois, l'Ile-de-France est dans la norme hexagonale. Voilà les cinq points à retenir qui resteront dans l'histoire du XXI ème siècle. Ou pas. 

Retro politique de l'année 2014
(les images d'Anne Hidalgo du début du sujet viennent de l'équipe de campagne de la maire de Paris)

1) Anne Hidalgo est la première femme maire de Paris

Neuf mois après, le symbole est un peu oublié. Et c'est tant mieux. Mais, ce sont les premiers mots que la candidate élue a prononcé. "Je suis la première femme maire de Paris", déclare-t-elle, devant les journalistes.

C'est surtout l'une des rares élues socialistes à avoir résisté à la vague bleue. Plusieurs raisons à cette victoire. Elle était la première adjointe sortante. Une transmission de flambeau parfaitement préparée avec Bertrand Delanoë. Un camp uni derrière elle. Et enfin une sociologie électorale qui lui est restée favorable.

Autant d'atouts qui ont manqué à sa rivale Nathalie Kosciusko-Morizet. Malgré une campagne cahotique, cette dernière a limité les dégâts, reprenant un arrondissement à la gauche. Dans la foulée, elle prend la présidence du groupe UMP au Conseil de Paris et garde l'Hôtel de Ville dans ses perspectives d'avenir même si ce n'est pas l'unique ambition.

2) Vague Bleue en Ile-de-France aux municipales. 

Asnières, Colombes, Clamart, Bobigny, Saint-Ouen, etc etc. C'est une longue litanie de villes de gauche qui sont passées à l'UMP ou au centre lors des dernières élections municipales. "On ne reverra plus jamais cela", plaisantait Roger Karoutchi, sénateur du 92, invité de nos soirées électorales. 

Au delà du basculement partisan, c'est une nouvelle génération d'élus de droite qui émerge dans la région. Robin Réda, 23 ans, emporte la mairie de Juvisy. Vincent Jeanbrun, 29 ans gagne à l'Hay-les-Roses. Une génération sur laquelle compte s'appuyer Valérie Pécresse pour les régionales de 2015. 

Il y a aussi des élus UMP plus âgés qui ont pris une revanche. Manuel Aeschlimann à Asnières. Nicole Gouetta à Colombes.

A noter aussi que Montreuil est redevenue communiste avec la victoire de Patrice Bessac.

Le FN gagne la mairie de Mantes-la-Ville. Une divine surprise pour le parti de Marine Le Pen dans la région parisienne. Mais il s'agit d'un concours de circonstances très particulières avec la présence de deux listes de gauche au second tour.

3) Le Grand Paris à.... petits pas

C'est l'une des conséquences des élections municipales. Le Grand Paris (le rassemblement des communes des 3 départements de la petite couronne avec Paris) change de bord politique. Claude Bartolone qui rêvait de présider cette nouvelle institution dit au revoir à son plan retraite

La majorité est désormais à droite. Même si les équilibres au sein de cette future institution dépassent les clivages partisans classiques. Il y a également un rapport de force entre métropolitains enthousiastes et métropolitains sceptiques.

Des négociations feutrées ont eu lieu toute l'année avec Manuel Valls qui a repris le dossier en main à l'occasion d'un déplacement à Créteil. Qui aura les permis de construire ? Qui aura la main mise fiscale ? L'Assemblée nationale devrait trancher lors du premier semestre 2015.


4) Le FN progresse en Ile-de-France. 

Le parti de Marine Le Pen est arrivé en tête aux élections européennes de mai. Et en Ile-de-France, région qui lui est électoralement la plus défavorable, il se classe second avec 17% des voix et envoie trois députés européens à Bruxelles. 

"L'Ile-de-France qui a un poids démographique important vient consolider le score national. Ce soir, la mission est remplie. Nous avons remonté l'Ile-de-France", déclarait Aymeric Chauprade, la tête de liste frontiste le soir de l'élection. 

Le FN réalise des pointes à plus de 20% en seconde couronne. Des résultats encourageants pour les élections locales de l'année 2015 où le FN jouera un rôle d'arbitre dans de nombreux cantons. 

5) Le triomphe des Jean-Christophe franciliens dans les appareils politiques

A la suite des deux élections du premier semestre, une recomposition des partis politiques,dans la perspective de 2017, s'est amorcée. Plus tôt que prévue avec la démission forcée de Jean-François Copé à l'UMP et le retrait de Jean-Louis Borloo de la vie politique active. Jean-Christophe Lagarde a été élu fin novembre président de l'UDI. Le même mois, Nicolas Sarkozy, ancien élu d'Ile-de-France reprenait la tête de l'UMP.

A gauche, on a tiré les leçons des défaites. Jean-Christophe Cambadélis a été nommé premier secrétaire du PS. Le député de Paris s'ajoute à Emmanuelle Cosse patronne des Verts et Pierre Laurent chef des communistes à la longue liste des élus franciliens qui dirigent un parti. 
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