Décès lors des inondations de 2015 dans une maison de retraite de Biot : le parquet requiert un renvoi en correctionnelle

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Un combat judiciaire des familles dure depuis plus de 7 ans après les inondations mortelles survenues en 2015. Le groupe Orpéa mais aussi la directrice de la maison de retraite, l'ancienne maire de Biot et le chargé des risques naturels de la commune sont poursuivis pour homicide involontaire.

Après 7 ans et demi de combat judiciaire, l'espoir d'un procès et d'une justice rendue semble se dessiner pour les familles des victimes des inondations meurtrières de 2015 à Biot dans les Alpes-Maritimes. 

Parmi les 20 morts comptabilisées en Côte d'Azur au cours d'un épisode méditerranéen meurtrier, trois résidentes de la maison de retraite du groupe ORPEA, le clos Saint-Grégoire, périssent noyées.

 Aujourd'hui fermée, cette résidence pour retraités accueillait plusieurs dizaines de personnes à l'époque. 

Ce soir du 3 octobre 2015, trois femmes âgées de 82, 91 et 94 ans, sont victimes de la montée des eaux au rez-de-chaussée de l'établissement. Cette nuit-là, il n'y avait "que deux personnes pour plus de 60 pensionnaires" évoque le parent de l'une des victimes, Denis Delaup. 

Jacqueline Colombier est l'une des victimes de cette nuit orageuse à Biot. La grand-mère de femme de Denis Delaup était "saine de corps et d’esprit, mais elle ne pouvait pas se déplacer seule". Elle qui avait "horreur de l’eau, est morte noyée", explique-t-il, la gorge nouée ce mercredi 25 janvier. 

Le groupe ORPEA dans le viseur

Sur le banc des accusés, Denis Delaup espère voir surtout le groupe ORPEA au premier rang. Sous le feu des critiques depuis de nombreuses années, il est "un groupe qui ne pense à faire que des bénéfices" dépeint Denis Delaup.

Le groupe spécialisé dans l'accueil des seniors est poursuivi pour homicide involontaire, tout comme l'ancienne directrice de l'établissement biotois. La maire de la commune en 2015, Guilaine Debras, qui avait été mise en examen en 2017, est également poursuivie, ainsi que le chargé des risques naturels de la mairie.

Pour le moment, il n'y a "pas de date fixée, j’espère que l’on aboutira à une audience, j’espère que cette année, ça va s’accélérer". Un espoir qui se fait d'autant plus vivace au vu de certaines révélations de l'enquête, et plus de 7 années après le dépôt de plainte.

Aujourd'hui, j'espère que la justice va être plus rapide et que l'on va tourner la page de cette catastrophe naturelle qui nous a meurtris, mon épouse et moi-même ainsi que nos enfants. 

Denis Delaup, parent d'une victime des inondations du Clos Saint-Grégoire

Pour Denis Delaup, l'horizon d'un procès fait forcément ressurgir des souvenirs qui le hantent. "Ça a re-déclencher chez moi un traumatisme parce que ça fait 7 ans et demi que cela dure. J’ai appris la nouvelle il y a plus de trois semaines. Là, je suis sous traitement. Ça a changé plusieurs fois de juge d’instruction."

C'est bien contre cette société maintes fois décriée que les griefs de Denis Delaup et des siens se concentrent : "La justice fera son travail, ce n'est pas à moi de condamner, mais en premier lieu, c'est le groupe ORPEA. Nous avons déposé plainte deux jours après la catastrophe naturelle, et pour moi ce sont eux les responsables. Il y avait un manque effectif de personnels dans cette maison de retraite qui avait été inondée à plusieurs reprises. Ils ne devaient plus exercer au rez-de-chaussée alors que la grand-mère de mon épouse y a été laissée, invalide [...] elle n'a pas pu échapper à cette catastrophe." 

20 morts et 600 millions d'euros de dégâts

Dans la nuit du 3 au 4 octobre, un déluge s’abat sur la Côte d’Azur. Parmi les secteurs les plus touchés, on compte le bassin cannois, les abords de la Brague, Mandelieu-la-Napoule ou bien encore Fréjus. Le bilan humain s’élève à 20 morts. 

 

Quelque 65.000 personnes sont touchées par les intempéries, et ce sont 600 millions d’euros de dégâts qui sont recensés à la suite de cet épisode méditerranéen meurtrier. Le canal d’évacuation qui était sorti de son lit a depuis fait l'objet de nombreux travaux, tant sur certaines rives, mais aussi en amont du cours d'eau.

L'Etat avait d'ailleurs procédé au rachat de 22 maisons situées dans des zones à risques.

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