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Apnée : plonger sans respirer pour apprendre à mieux se connaître

Apneiste lors des championnats du monde d'apnée, le 9 septembre 2019, à Villefranche-Sur-Mer / © William Rhamey
Apneiste lors des championnats du monde d'apnée, le 9 septembre 2019, à Villefranche-Sur-Mer / © William Rhamey

L'apnée est loin d'être un sport comme les autres. Les 140 athlètes qui participent aux championnats du monde AIDA à Villefranche-sur-Mer cherchent à descendre toujours plus bas. Nous avons cherché à comprendre qu'est-ce qui les poussent à repousser leurs limites.

Par Pierre-Olivier Casabianca

Pour les apnéistes, difficile de résister à l'appel des profondeurs. Pour ces sportifs, battre des records n'est pas forcément l'objectif principal. Pour eux, l'apnée est avant tout un voyage intérieur.

A 45 ans, Daniel Rozowykwiat est un athlète confirmé. Lors de l'épreuve de l'immersion libre, qui s'est déroulée le mercredi 11 septembre dans la rade de Villefranche-sur-Mer, il est descendu à -91 mètres. Une performance qui lui permet de se classer parmi les 10 meilleurs apnéistes au monde. 


Comment les apnéistes cherchent-ils à tutoyer les profondeurs marines ? Tous ne plongent pas pour les mêmes raisons. Il y a  :
  • ceux qui recherchent leur bien-être et souhaitent pas aller profond
  • ceux qui veulent faire des performances
  • ceux qui, comme lui, sont en quête de sensations.
"Depuis tout petit je rêve d'aller le plus profond possible. J'ai toujours voulu dompter la nature", explique t-il. 
Et d'ajouter : "Mon but est de rechercher une sensation que je n'ai pas encore trouvé. Je veux découvrir les abysses".

Pour cela, Daniel Rozowykwiat, pratique l'apnée No Limit ; une discipline tombée en disgrace depuis la mort de Loïc Leferme lors d'une plongée d'entraînement en rade de Villefranche-sur-Mer en 2007.

► "Pour moi l'apnée avec des bouteilles, c'est celle des yeux ouverts...Celle où tu regardes des choses... Celle des yeux fermés est celle que je pratique, celle d'une recherche intérieure à travers les profondeurs..." Loïc Leferme en 2000 :
"Dans ce sport, je me sens un peu seul. Je veux repousser mes limites en allant toujours plus bas mais les apnéistes ne souhaitent plus descendre à l'aide d'une gueuse. Aujourd'hui, lors de l'immersion libre, j'ai réalisé une performance sportive car j'étais essoufflé, mais en No Limit, ce n'est pas la même chose. Pour descendre à une telle profondeur je dois préparer mon corps pour qu'il s'adapte à la pression", nous confie t-il.

Il est difficle de trouver des structures qui accèptent d'encader des athlètes qui souhaitent descendre à l'aide d'une gueuse.
Pour aller très profond il s'entraîne en Grèce. Son record est de -140 mètres : "A cette profondeur on sent que le milieu vous agresse, on sent qu'il faut faire vite car le milieu est hostile". Des contraintes qui ne l'impressionne pas. Daniel Rozowykwiat, garde la tête sur les épaule. Il espère tout de même atteindre, un de ses jours, les 150 mètres de profondeur.
 
Autre athlète, autre vision de l'apnée. Abdelatif Alouach est un nouveau venu dans la famille des apnéistes. Il effectue son 1er stage en juillet 2017, chez lui à Marseille. 
 
"Je suis né dans l'eau, j'adore la chasse sous-marine. L'apnée m'a happé et j'ai enchaîné les stages pour progresser. A chaque plongée je suis heureux" affirme le sportif marseillais.
Ses qualités physiques lui permettent de progresser très rapidement. En juin 2019, lors des championnats du monde CMAS il devient vice-champion du monde en poids constant bi-palmes et en poids constant sans palmes. Un exploit qui s'explique par une volonté à toute épreuve : "Je suis un compétiteur dans l'âme, mais je ne me bat pas contre les autres. Seulement contre moi-même. Pour moi l'apnée c'est un mélange de performance, de recherche de liberté, d'identité et de ce que l'on vaut" résume t-il.
 
Pour la majorité des apnéistes, la compétition n'est pas la finalité. Leur objectif est de mieux connaître, comme le confirme Abdelatif Alouach : "l'apnée a été une révoution dans ma vie. Je suis passé d'un état dépressif à un champion. Ce sport m'a ouvert des voies".

 

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