Tarn-et-Garonne : la colère d'un maraîcher forcé de jeter ses courgettes bio

Une tonne de courgettes a déjà été jetée. / © Cyril Rous / Facebook
Une tonne de courgettes a déjà été jetée. / © Cyril Rous / Facebook

Parce qu'elles sont tâchées ou présentent des impacts, les courgettes d'un couple de maraîchers bio, installé à Lafrançaise, dans le Tarn-et-Garonne sont refusées par les grossistes. Leur goût n'est pourtant en rien altéré. Un gâchis que le couple a décidé de dénoncer sur Facebook. 

Par Laurence Boffet

Caroline et Cyril Rous produisent des légumes et des fruits en agriculture biologique sur leur exploitation de Lafrançaise dans le Tarn-et-Garonne. Les chaleurs de juin puis l'arrivée de pucerons ont laissé quelques traces sur leurs courgettes jaunes, longues et rondes. Des tâches vertes et des petits impacts qui ont suffi pour qu'elles soient refusées par les grossistes à qui ils les ont adressées. Un gâchis qu'ils ont décidé de dénoncer dimanche sur leur page Facebook en publiant la photo d'une tonne de cougettes partie à la poubelle.

"Tous les jours, nous passons des heures à ramasser des courgettes jaunes longues et rondes pour les livrer à un revendeur bio" expliquent-ils sur le post qui accompagne la photo. "Ceci est une partie de la récolte des courgettes de la semaine. Ces courgettes n'ont pas été validés au casting et pourquoi? Parce que les consommateurs veulent des courgettes toutes jaunes, pas une petite tâche de couleur verte, pas le moindre petit défaut".
"Ces quelques tâches, ces petites blessures, ça ne change rien au goût" explique Cyril Rous "mais les grossistes les refusent. Ils les prennent en photo et détaillent les tâches vertes ou les impacts. On n'est pas payé et on ne récupère pas notre production car il faudrait qu'on paie le retour".

Cinq à 6 tonnes de courgettes vont être jetées

Le couple de maraîchers a bien donné une partie de sa récolte à la Croix Rouge locale mais "une partie infime au vu des quantités". Il en vend aussi en vente directe mais bien peu au regard d'une production dimensionnée pour la vente en semi-gros. Sur les 10 tonnes qu'il va produire cette année, il estime qu'au moins cinq vont partir au rebut. Entre les courgettes déjà ramassées et celles qu'il va maintenant laisser pourrir sur pied pour économiser au moins le temps passé à les cueillir et à les trier, le couple estime la perte financière à au moins 5 000 euros. "C'est beaucoup pour une petite exploitation comme la nôtre" dit Cyril Rous.

Une prise de conscience

Au-delà du coup de gueule, Cyril Rous explique avoir surtout voulu informer les consommateurs pour "générer une prise de conscience". "On a voulu montrer une réalité que beaucoup ignorent. Les derniers acheteurs ne savent pas forcément, au bout de la chaîne, qu'on a décidé de ne leur vendre que des légumes parfaits".  
La publication du couple a été partagée plus de 3 000 fois en trois jours. Et de nombreux commentaires montrent que bien des consommateurs seraient prêts à manger des "légumes moches". Ceux qui le souhaitent sont donc désormais invités à venir acheter en vente directe ces courgettes "tâchées, tordues, petites ou grosses" vendues à 1 euro le kilo. Voire à venir les récolter eux-mêmes avec leur panier et leur sécateur, "à tout petit prix". 














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