Le succès des tonnelleries de Bourgogne

C'est un savoir-faire français très prisé à l'étranger. Et territoire viticole oblige, la Bourgogne est championne de la tonnellerie. Voici l'état des lieux d'un secteur en bonne santé ! 

Par Maeva Damoy

"On exporte à hauteur de 65 % en France et partout dans le monde. USA, Australie, Nouvelle-Zélande, Portugal, Allemagne, Chili ou encore Argentine", détaille Florian Gallot, directeur financier de la société Tonnellerie Damy. Cette entreprise familiale implantée à Beaune depuis 1946 produit 20000 fûts à l'année. Trois générations se sont succédées et, sur place, c'est au savoir-faire qu'on attribue le succès. 
 

Un savoir-faire français bien représenté en Bourgogne


Dans les rangs de Damy, on compte 35 tonneliers dont 2 meilleurs ouvriers de France et pour élaborer les tonneaux, on utilise du chêne français réputé pour sa qualité. "La matière première est très bonne et après tout est dans la technique", précise Florian Gallot. "Notre secret de fabrication réside dans la partie chauffe, c'est comme un cuisinier qui fait cuire sa viande. Selon l'épaisseur du bois, on prend plus ou moins de temps avec une hauteur de flamme à adapter".

Le processus de fabrication répond lui aussi à des règles précises : "On prend un bois d'hiver juste coupé et débité. Il s'agit dans ce cas présent de bois fendu et non scié. Un bois vert et donc pas affiné que l'on va mettre en extérieur pour le faire sécher. Et de ce séchage dépendra la palette aromatique des vins. Il faut compter 3 ans avant que le chêne coupé puisse entrer en production". 

 

Un secteur en bonne santé

 
Production de tonneaux - Tonnellerie François Frères (Saint-Romain)
Production de tonneaux - Tonnellerie François Frères (Saint-Romain)



Le prix du bois de chêne est le principal enjeu pour les tonnelleries. "Nous nous fournissons dans les forêts françaises gérées par l'Office National des Forêts. Les ventes se font aux enchères, le prix est donc variable", précise Max Gigandet, directeur général de François Frères. Une tonnellerie centenaire de Saint-Romain en Côte d'Or, cotée en bourse. "La bonne santé de la tonnellerie est aussi le reflet mondial du secteur viticole. 2018 a été une belle année, 2019 est en demi-teinte avec des volumes moyens. Nous sommes très dépendants des incidents climatiques". 

Autre impact potentiel cette année pour cette entreprise qui exporte 80% de sa production : la conséquence des nouvelles taxes imposées par le président américain Donald Trump sur les produits d’importation française. Une baisse à l'export impliquerait un besoin moindre en tonneau et donc une perte de volume en France. 

 

Une vingtaine de tonnelleries en Bourgogne 

 

Dans le secteur,  5 pays concentrent 80% du marché mondial (France, Etats-Unis, Italie, Espagne, Australie) et seulement 2 à 3% du vin mondial est élevé en fût.
Il existe une cinquantaine de tonnelleries dans l'hexagone, 1900 professionnels actifs, 670 000 fûts produits pour un chiffre d'affaire total estimé à un peu plus de 475 millions d'euros.
 

Pour la Bourgogne, on dénombre : 
  • 22 membres bourguignons de la fédération des tonnelliers 
  • 680 emplois directs
  • 185.000 fûts produits à l'année
  • 150 millions d’euros de chiffre d’affaires
  • 55 à 75% de la production destinée à l'export 
  • 1 école de formation au métier de tonnelier (Compagnons du Devoir)

 Des données recensées par la Fédération des Tonnelliers de France pour l'année 2018.


 

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