TER Bourgogne-Franche-Comté : en janvier 2022, une hausse des tarifs qui ne passe pas

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Écrit par François Latour avec Auberi Verne

La convention TER liant la Région Bourgogne-Franche-Comté et la SNCF prévoit une hausse des tarifs des abonnements au 1er janvier 2022. Les associations d'usagers appellent de leur côté au report de cette augmentation, qui tombe au mauvais moment pour les usagers.

À compter du 1er janvier 2022, les prix des billets et abonnements de TER en Bourgogne-Franche-Comté (BFC) vont augmenter. Des hausses allant de 20 à 58€ sont attendues sur certains abonnements. Celles-ci sont prévues par la convention qui lie la région et la SNCF, pour la période 2018-2025.

Pourtant, elles ne passent pas auprès des consommateurs. Pour Cédric Journeau, président de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT) en BFC, elles ne tiennent pas suffisamment compte du contexte sanitaire.

"À l'origine, cela nous paraissait acceptable que des petites augmentations, en-dessous du seuil d'inflation, aient lieu tous les ans", explique-t-il. "Sauf qu'aujourd'hui, on est encore en période Covid et certains hausses sont relativement élevées. Si on veut faire revenir des usagers, il ne faut pas d'agressivité sur les tarifs."

Des augmentations pouvant aller jusqu'à 58€ par an

Les hausses tarifaires toucheraient principalement les abonnements. Selon le compte Twitter des usagers TER Dijon-Chalon-Mâcon, certains usagers pourraient ainsi débourser entre 20 et 58€ de plus dès la nouvelle année.

Pour Beaune-Dijon par exemple, il faudrait compter 20€ de plus. Un abonnement Chalon-Dijon coûterait 28€ supplémentaires, tandis que Le Creusot-Dijon et Besançon-Dijon grimperaient de 38€. Un forfait Dijon-Mâcon grimperait de son côté de 58€.

"Quand vous parlez de 40, 50€ d'augmentation sur un abonnement annuel, pour un usager du quotidien qui n'a pas beaucoup d'argent, ça peut vite être compliqué", indique Cédric Journeau. "C'est peut-être peu de choses pour certains, mais tout le monde ne gagne pas 2000 ou 3000 euros par mois."

Les billets occasionnels ne devraient pas non plus être épargnés : ils seront normalement vendus quelques dizaines de centimes plus chers.

Une hausse des prix justifiée, selon la région

Michel Neugnot, Vice-président de la région Bourgogne-Franche-Comté, estime que ces augmentations permettent de trouver un équilibre dans le financement des TER.

"Le voyageur finance les TER à travers son billet, à hauteur de 24% du coût", précise-t-il. "Les 76% restants sont financés par les contribuables, via la région. Étant donné que les voyageurs représentent 2 à 3% des contribuables, il est normal que l'augmentation se fasse de manière régulière, pour conserver un équilibre."

"Je n'ai jamais vu une augmentation dont on disait qu'elle était justifiée au moment où elle tombait", ajoute-t-il. "Pourtant celle-ci représente très peu pour les usagers, quelques centimes par voyage, mais se mesure quand même en millions en termes de recettes."

Une baisse de fréquentation du réseau d'environ 20% depuis 2019

En 2019, le réseau TER de Bourgogne-Franche-Comté transportait quotidiennement entre 40 000 et 45 000 voyageurs.

"À l'heure actuelle, les chiffres donnés par la SNCF confirment une baisse globale de 20%", confirme Cédric Journeau. "Ça devrait mettre encore deux ou trois ans avant de revenir à la situation de 2019."

Le président de la FNAUT craint de son côté une diminution du nombre de trains à la rentrée, liée aux contaminations des contrôleurs et conducteurs de trains. Il déplore également la réduction "considérable" de trains sur l'ensemble de la région ces trois derniers mois, due en partie à des problèmes de production et de matériel manquant.

Face à ces problématiques, il demande un report de six mois des hausses tarifaires et un "geste commercial pour les abonnés".