Coronavirus Covid-19 : le stade 3, c'est quoi exactement ? On vous explique ce que l'on sait

Au stade 3, seuls les malades les plus gravement atteints seront pris en charge dans les hôpitaux. / © JEAN MICHEL MAZET - maxPPP
Au stade 3, seuls les malades les plus gravement atteints seront pris en charge dans les hôpitaux. / © JEAN MICHEL MAZET - maxPPP

Le nombre de cas de coronavirus augmente en France. 80 cas sont recensés ce vendredi 6 mars (17h) en Bourgogne Franche-Comté. La situation évolue vite. La France pourrait passer au stade 3, celui de l'épidémie d'ici quelques jours, ou une a deux semaines. En quoi ce stade consiste-t-il ? 

Par Sophie Courageot

En cas de menace épidémique, les autorités sanitaires en France déploient un plan à trois échelles de graduation, selon la situation sanitaire.
 
  • Stade 1 : faire en sorte que le virus n'entre pas sur le territoire français. Le système de santé en France se met en alerte.
  
 
  • Stade 3 : le virus circule de façon active sur l'ensemble du territoire

A l'issue d'une réunion jeudi 5 mars avec le président Emmanuel Macron, l'expert Jean-François Delfraissy avait annoncé que le seuil de l'épidémie serait atteint "dans quelques jours, une à deux semaines maximum". "On est tous persuadés qu'on va arriver au stade 3 en France", a précisé le professeur, qui dirige le réseau REACTing, coordonnateur de la recherche sur le coronavirus. 


Coronavirus : en quoi consiste le stade 3 ? 


Au stade 3, l'épidémie est là. Les services de santé se mobilisent (hôpitaux, médecins, établissements médicaux-sociaux) mais se réorganisent. Objectif : prendre en charge et protéger les plus fragiles dans des établissements de soins. Prendre en charge aussi les patients sans gravité en médecine de ville. 

Au stade 3, "les activités collectives sont fortement impactées", souligne le gouvernement sur le site gouvernement.fr.  Cela passe d'une part par d'éventuelles restrictions des rassemblements et des déplacements. 

Au stade 3, pas de confinement pour tous, rassurez-vous. "La vie du pays devra continuer et notre pays gèrera l’épidémie", indique le gouvernement sur le site internet d'information du coronavirus. Le passage de la phase 2 à la phase 3, celle de l'épidémie, imposera néanmoins des mesures de restrictions plus contraignantes pour la vie quotidienne (transports, écoles, rassemblements...).

Pour déclencher ce stade 3, les autorités vont s'appuyer sur ce document, le plan de prévention et de lutte rédigé en 2011 en cas de pandémie de grippe. Parmi les mesures de ce plan, une "suspension éventuelle de certains transports en commun", des "fermetures des crèches et établissements d'enseignement"et la "restriction des grands rassemblements et des activités collectives". Pour autant, un passage au stade 3 ne veut pas dire que de telles mesures seront prises d'un coup et de la même façon partout dans le pays. Elles seront probablement progressives et décidées au cas par cas, selon les endroits et la progression de l'épidémie.

Le plan de 2011 prévoit également des actions pour éviter des pénuries: "surveillance des prix et de la disponibilité des produits" et maintien d'un "approvisionnement alimentaire et produits de première nécessité".


Plus de malades soignés et confinés à leurs domiciles


Au stade 3, les malades ne seront plus forcément dirigés vers les hôpitaux.  Les patients sans gravité (80% des cas selon les études internationales) resteront chez eux. Les généralistes seront alors en première ligne pour lutter contre l'épidémie.
Objectif : réserver les lits des hôpitaux aux cas les plus graves. 
Enfin, les tests de diagnostic du Covid-19 ne seront plus forcément appliqués à tout cas suspect.
   

Paradoxalement, la pression sur le système de santé peut diminuer en phase 3



Selon Olivier Obrecht, directeur  général adjoint de l'Agence Régionale de Santé de Bourgogne Franche-Comté, le système de santé fait face à des enjeux différents dans la phase 3. "Paradoxalement, la pression sur le système de santé peut diminuer en phase 3 parceque les malades seront beaucoup plus suivis à domicile, avec l'entrée en lice de la médecine ambulatoire. On est dans une autre dynamique" dit-il. 
 


Interrogé sur le nombre de cas à venir en France, ou en Bourgogne Franche-Comté, le responsable de l'ARS estime que "les chiffres ne sont plus tellement le problème, on est rentrés dans une phase épidémique". "Les meilleurs statisticiens épidémiologistes travaillent sur le coronavirus pour essayer de le modéliser. Nous n'avons pas de réponse à cette question à ce jour" dit-il. 

L'ARS en appelle à la citoyenneté, en invitant chacun à appliquer dans son quotidien les mesures barrières (lavage de mains...pas de bises). Joel Mathurin, préfet du Doubs demande à ce que les citoyens évitent de se rendrent dans les Ehpad pour ne pas infecter les personnes les plus vulnérables, les personnes âgées. "Ce n'est pas le moment d'aller voir la grand-mère en maison de retraite" dit-il.

En visite dans un  l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes à Paris, le président Emmnanuel Macron a appelé lui à ne "pas se départir de bon sens", rappelant qu'"on gère chaque année des épidémies de grippe qui malheureusement font 9 à 10.000 morts".
 

 

Une montée en puissance au CHU de Besançon dans le Doubs


A Besançon, où près de la moitié des cas de coronavirus sont liés à ce jour au rassemblement de 2.000 personnes au sein de l'église évangélique de Mulhouse (Haut-Rhin) du 17 au 24 février, la montée en puissance du CHRU est en marche.

Lors de la conférence de presse ce vendredi 6 mars, au siège de l'Agence Régionale de Santé, Chantal Carroger directrice de l'hôpital de Besançon a annoncé qu'une partie des opérations de chirurgie vont être déprogrammées dans les 15 jours à venir. "On ne sait pas ce qui va se passer, on préfère être prudent et anticiper" a expliqué Madame Carroger. La déprogrammation d'opérations va permettre de réaffecter des personnels sur les services de médecine.

"Sur les 19 cas pris en charge par le CHU, 9 concernent des personnels soignants" a expliqué Chantal Carroger, directrice du CHU de Besançon. Ces personnels sont en quarantaine et reviendront au travail dès que ce sera possible.

 

 

Une salle de débordement ouverte au centre 15, des box spécialisés pour isoler les malades des urgences 



"La situation est maîtrisée" estime la direction du CHU de Besançon : La capacité en nombre de lits dans le service des maladies infectieuses a été augmentée. Au niveau des appels au centre 15, le nombre de postes va passer de 15 à 33. Il y a en ce moment 200 appels supplémentaires chaque jour. Ce nombre devrait augmenter. Une salle de débordement avec 15 postes d'appels supplémentaires sera effective dès ce weekend. 

Une salle d'accueil a été mise en place au niveau des urgences pour éviter que les malades atteints d'insuffisance respiratoire ne rentrent dans le service des urgences et contaminent d'autres patients.

La direction du CHU rappelle qu'aucun malade pensant avoir le coronavirus ne doit se présenter directement aux urgences, ou chez son médecin. Il faut d'abord appeller le centre 15. 

A l'hôpital de Besançon, une cellule de crise de 25 personnes est en place. Le CHU a commencé à faire appel à des personnels récemment retraités pour palier l'absence de personnels qui pourraient être malades et faire face à . 
 
 

 

Que faire si vous pensez avoir été contaminé par le coronavirus ?

En cas de signes d’infection respiratoire (fièvre ou sensation de fièvre, toux, difficultés respiratoires) dans une zone ou dans les 14 jours suivant le retour d’une zone où circule le virus :

Contactez le Samu Centre 15 en faisant état de vos symptômes et de votre séjour récent.

  • Evitez tout contact avec votre entourage.
  • Portez un masque (sur prescription médicale).
  • Ne vous rendez pas chez votre médecin traitant ou aux urgences, pour éviter toute potentielle contamination.
  • Un numéro vert répond à vos questions sur le Coronavirus COVID-19 en permanence, 24h/24 et 7j/7 : 0 800 130 000.

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