Après l'un des plus grands vols de vin de l'histoire en Bourgogne, comment les viticulteurs se protègent-ils ?

Un homme a été arrêté au mois de février pour avoir dérobé plus de 7 000 bouteilles de Bourgogne, au sein de plusieurs maisons de la côte de Beaune (Côte-d'Or). Mais comment les viticulteurs se prémunissent-ils face aux risques de vols ?

Il s'agit de l'un des plus gros vols de vin de l'histoire. Au mois de février 2024, un homme de 56 ans, employé par plusieurs prestigieuses maisons de vin dans le secteur de Beaune (Côte-d'Or), a été interpellé et placé sous contrôle judiciaire. Il est soupçonné d'avoir subtilisé plus de 7 000 bouteilles pendant une quinzaine d'années, préjudice estimé à plus de 500 000 euros.

Ce qui pose une question : comment les bouteilles sont-elles sécurisées chez les viticulteurs ? France 3 Bourgogne a posé la question à une productrice.

Sans étiquettes ni capsules, les bouteilles plus difficiles à tracer

Au domaine Collotte de Marsannay-la-Côte (Côte-d'Or), on produit de nombreuses appellations issues de Marsannay, Fixin, Gevrey-Chambertin et Chambolle-Musigny. Dans l'entrepôt, de nombreuses bouteilles sont encores "nues", c'est-à-dire sans étiquettes, car l'embouteillage du vin vient d'être réalisé. Une étape particulièrement propice aux vols, selon Isabelle Collotte.

"Une fois la mise en bouteille faite, on ne les étiquette pas tout de suite parce qu'en fonction de leur destination, on ne va pas avoir les mêmes obligations en termes d'étiquetage et de normes à inscrire. Ce qui fait que, si on les vole, elles sont très difficiles à retracer puisqu'il n'y a pas le nom du vigneron dessus."

Est-ce le seul moment où les bouteilles peuvent être volées ? "Non. Qu'elles soient étiquetées ou pas, on peut toujours voler les bouteilles. Nues, elles sont simplement beaucoup plus difficiles à retrouver." Reste que, dans une petite exploitation comme celle-ci, les risques de vols sont "assez faibles, car on travaille toujours tous ensemble."

Alarmes, caméras de surveillance...

Pour se protéger des larcins, une solution reste, comme partout ailleurs, prouvée : l'installation de caméras de surveillance. Selon le quotidien local Le Bien Public, c'est d'ailleurs comme ça que le voleur présumé des 7 000 bouteilles a été repéré, alors qu'il s'apprêtait à commettre un nouveau vol.

"D'un point de vue sécurité, tous nos bâtiments sont sous alarme", détaille de son côté Isabelle Collotte. "Mais on va certainement s'équiper plus, pour se protéger des vols qui pourraient être commis par des personnes extérieures."

En France, plusieurs vols d'ampleur ont eu lieu ces dernières années. En 2019, un courtier bordelais s'était fait dérober pour un demi-million d'euros de caisses de vin. Quelques mois plus tôt, cette fois-ci en Bourgogne, plus de 3 000 bouteilles avaient été subtilisées sur un domaine viticole de Vosne-Romanée.