Hospices de Beaune : 4 questions pour comprendre l'importance économique de la vente des vins

Salle des ventes pour les enchères de la Vente des vins des Hospices de Beaune 2016 / © NG-France 3 Bourgogne
Salle des ventes pour les enchères de la Vente des vins des Hospices de Beaune 2016 / © NG-France 3 Bourgogne

La vente des vins des Hospices de Beaune est suivie avec intérêt par tout le milieu économique du vin. L'événement est économiquement très important. Interview avec Jérôme Gallo, le directeur de la "School of Wine and Spirits Business" de la Burgundy School of Business de Dijon.

Par Valentin Chatelier

La vente des vins des Hospices de Beaune est-elle déterminante pour l’évolution du prix du vin ?

La quantité qui va être vendue aujourd’hui est extrêmement marginale par rapport à l’ensemble des vins de Bourgogne. 2017 est une année où nous avons de la quantité et de la quantité. Il risque d’y avoir un engouement assez fort pour les vins de cette année. Mais il y a le prix et le cours du vin. Le prix du vin est assez difficile à fixer, il n’y a pas de statistique complètement officielle sur cela.

Imaginons qu’un record soit battu parce que la quantité vendue est beaucoup plus forte. Est-ce de nature à influencer fortement le prix auquel le vin va être vendu dans les mois qui viennent ? Est-ce une variation qui va être suffisante à impacter le prix du marché ? C’est quasiment impossible à dire. Mais ça peut donner une indication, une tendance.  Est-ce que cette tendance est suffisamment forte pour influencer l’ensemble des vins qui vont être vendus, je ne le pense pas.

Les ventes peuvent-elles baisser par rapport à l’an dernier ?

Je n’imagine pas une seule seconde que la vente ne se passe pas bien.  La conjoncture économique est bonne. Les clients qui achètent sont dans des pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, ou encore les pays asiatiques. Ce sont des économies en croissance. Il n’y a jamais eu autant de millionnaires, de personnes en capacité de satisfaire leurs envies d’accéder à des merveilleuses bouteilles. Le seul risque qu’on peut prendre est que le prix monte au-delà de la limite raisonnable d’une bouteille.

Cet événement s’ouvre-t-il à davantage de pays étrangers ?

L’an dernier il y avait à priori un tout petit peu moins d’étrangers. Probablement que le millésime ne s’y prêtait, il était un petit peu moins attrayant que le superbe millésime 2015. Deuxième élément : les élections américaines se sont déroulées en novembre, les clients américains notamment étaient dans un contexte politique assez incertain, cela a dû jouer aussi.

Le marché asiatique est-il très porteur en ce moment ?

Chez les asiatiques il y a des fidèles. La Chine se développe économiquement à des rythmes qui sont hallucinants. La visibilité de la Bourgogne, et nous y contribuons à la School of Wine & Spirits Business, n’a jamais été aussi forte.

Mais la Chine n’est que le 11e marché d’exportation pour les vins de Bourgogne. Ils sont 1,3 milliard, mais ne représente que le 11e marché d’exportation. Pour les vins et spiritueux, le marché tiré par la plus forte dynamique est le marché américain.

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