Châtillon-sur-Seine : un vrai lait cru vendu à toute heure dans un distributeur

Depuis 15 jours, les habitants de Châtillon-sur-Seine, peuvent profiter du « Chatillo’lait ». Ce distributeur de lait a été installé par un éleveur local qui souhaite ainsi mieux valoriser sa production et diversifier son activité.

Le temps d'un meuglement de vache et la bouteille est pleine de lait!
Le temps d'un meuglement de vache et la bouteille est pleine de lait!

 

Il en est fier Yannick Salomon de son « Chatillo’lait ». Installé avenue de la gare, sur le parking du magasin Intermarché, ce chalet tout en bois renferme une chambre froide qui distribue du lait, frais et cru. Il suffit au consommateur d’amener sa bouteille (ou d’en acheter une au distributeur), de payer (1 euro le litre) et d’attendre que la vache ait fini de meugler (!).

Chaque jour, lui et son salarié Jérémi de Waele l’alimentent avec le lait de la traite du matin. « Pour la quantité, on tâtonne encore », explique Jérémie. « C’est le début. Pour le moment, on fait environ 70 litres tous les jours ».  « C’est vraiment un lait de qualité », ajoute-t-il, « et c’est la possibilité pour le consommateur d’avoir un vrai lait cru entier ». Car, dit-il, « en grande surface, le lait est déjà écrémé, sa quantité de matière grasse est de 32 pour 1000 alors que c’est 46 pour 1000 pour celui vendu dans le Chatillo’lait. Si vous laissez le lait au frigo toute la nuit, le lendemain matin vous avez de la crème au-dessus du lait. »

 

Yannick Salomon élève une 60aine de vache de race Brune comme celle-ci.
Yannick Salomon élève une 60aine de vache de race Brune comme celle-ci.

 

Une façon de communiquer auprès du consommateur

Vu les quantités vendues dans le distributeur (400 à 500 litres par mois pour une production totale mensuelle de 40.000 litres), l’objectif de Yannick Salomon n’est pas financière. L’agriculteur de Savoisy élève 65 vaches de race Brune (race laitière locale) pour une fromagerie d’Epoisses. Il a investi environ 10.000 euros dans ce distributeur d’occasion et même s’il vend son lait à peu près 2 fois plus cher dans ce distributeur qu’à la fromagerie, l’affaire est loin d’être rentable.

« Mon objectif principal est de faire connaître la ferme pour une éventuelle transformation fromagère dans les mois qui viennent », explique Yannick Salomon. Le projet de l’éleveur, aujourd’hui seul gérant, est de s’associer avec son salarié Jérémi de Waele. Pour cela, tous les deux souhaitent diversifier l’activité et installer dans les mois qui viennent, un atelier de transformation laitière pour faire du fromage, du yaourt… En attendant la réalisation de ce projet, le distributeur est, selon lui, un bon moyen de trouver des clients.

 

© Le distributeur de lait cru est alimenté chaque jour par les éleveurs

 

Un lait pour la pâtisserie

D’autant plus que la demande est là, estiment les jeunes agriculteurs. « Depuis le confinement, les gens se remettent à cuisiner, à faire leurs yaourts", explique Jérémi de Waele, "et avec ce lait-là, c’est quand même autre chose". « Les 1ers retours des consommateurs sont positifs", raconte Yannick Salomon, « c’est un lait riche, pour la pâtisserie c’est top. Il y a des clients qui ont fait des crêpes, ils étaient très contents ».  

Reste toutefois à attirer les clients d’aujourd’hui dans la ferme demain. Car l’exploitation est située à une 20aine de km de Châtillon-sur-Seine et s’il est possible d’alimenter en lait frais le distributeur, ça risque d’être beaucoup plus compliqué avec du fromage ou des yaourts. Lorsque l’atelier fromager sera créé, les clients devront donc se déplacer jusqu’à Savoisy s’ils veulent en acheter. D’où l’intérêt d’une bonne communication…

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