Covid-19 : cinq conseils de spécialistes pour limiter les risques en famille à Noël

Près d'un quart des Français envisagent de se faire dépister avant les retrouvailles en famille pour le réveillon de Noël. Est-ce vraiment utile ? Quand faut-il le faire ? On tente de répondre aux questions. 

26% des Français envisagent de se faire dépister avant les fêtes de Noël.
26% des Français envisagent de se faire dépister avant les fêtes de Noël. © PHOTOPQR/LE PROGRES/Maxime JEGAT

A seulement quelques jours des vacances de Noël, ceux qui s’apprêtent à rejoindre leur famille pour les fêtes envisagent un dépistage du Covid-19 par précaution afin d’éviter de contaminer des parents âgés et donc à risque. 

Emmanuel Macron l’a dit lors de son allocution du 24 novembre "il ne s’agira pas de vacances de Noël comme les autres”. La fin du confinement le 15 décembre permet de se déplacer d’un département à l’autre et de rejoindre sa famille pour réveillonner mais en raison de l’épidémie, la prudence s’impose. Voici cinq conseils de spécialistes pour passer plus sereinement es fêtes de fin de Noël en famille.  

S'auto-confiner pendant les sept jours précédant le test

Avant d'envisager de se faire dépister, la première chose à faire pour Pierre-Olivier Variot, président de l'Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine de Bourgogne Franche-Comté, "c’est respecter les gestes barrières, respecter les règles d’un pseudo-confinement même si on n’est plus confiné. Les gens doivent rester chez eux au maximum." Car selon lui, "les gens qui sont confinés chez eux, qui ne voient personne n’ont pas besoin d’être dépistés."

Aurélien Vaillant, médecin généraliste, est du même avis. "Pour ceux qui le peuvent, il faut s’autoconfiner sept jours avant Noël et être plus rigoureux que d’habitude. Si on mange avec les collègues en entreprise, il faut manger seul. L'idée, c'est d'anticiper

Pour tenter de limiter le risque de troisième vague de Covid-19 en janvier, le Conseil scientifique recommande "l'auto-confinement" jeudi et vendredi aux élèves et pendant une semaine à ceux qui souhaitent passer des fêtes en famille. Un conseil repris par le Premier ministre, Jean Castex. 

"Les moins de 12 ans, on sait qu’ils sont peu symptomatiques. Mais les plus de 12 ans, on commence à avoir une probabilité de contamination, notamment chez les collégiens, c’est un problème" explique Aurélien Vaillant, médecin généraliste à Seurre, en Côte-d'Or.

"Le Noël, c’est dans une semaine. Il faut qu’ils respectent un pseudo-confinement", recommande Pierre-Olivier Variol. "Le but, c’est de ne pas sortir et respecter un pseudo-confinement pour que ces fêtes se passent du mieux possible." 

Se faire tester pourquoi pas…

Tests PCR ou antigéniques d’après un récent sondage Ifop, en France, 26% des personnes interrogées souhaiteraient avoir recours à l'un de ces tests pour se rassurer.

Pour Aurélien Vaillant, médecin généraliste, "ceux qui n’ont pas pris de risques sur les sept derniers jours avant de rencontrer leur famille peuvent s'orienter plus vers le test antigénique la veille de se voir car on a les résultats en 15-20 minutes. C’est cela qui est intéressant. Même s’il est un peu moins sensible que le test PCR, c’est toujours mieux que rien."

Beaucoup de personnes ont envie de se faire dépister pour savoir s’ils ne prennent pas de risques vis-à-vis de leur famille. "Je comprends qu'un patient puisse se dire 'je suis asymtomatique mais j’ai envie de savoir pour ne pas faire prendre de risque à ma famille', c’est bien. C’est rassurant. Mais ce n’est pas parce qu’il est négatif aujourd’hui qu’il sera négatif à Noël", explique Pierre-Olivier Variot.

...mais pas n'importe comment

Pour Pierre-Olivier Variot, il faut laisser la priorité aux personnes symptomatiques. "Il faut garder à l’esprit que les patients qu’on teste en priorité sont les patients symptomatiques. Le but, c’est de casser les chaînes de contamination", insiste le pharmacien. "Dès que vous avez des symptômes comme la toux, la fièvre ou le mal de tête qui laissent penser au covid, c’est absolument nécessaire de se faire dépister."

Le seul cas où on ne peut pas faire de test antigénique, c’est le cas d’un patient symptomatique et qui a des symptômes depuis 5 jours. "Parce que là, la charge virale monte dans les 5 premiers jours. C’est important au-delà de 5 jours de symptômes de ne pas faire de test antigénique mais un test PCR. Dans tous les autres cas, c’est bien de faire un test antigénique car vous avez le résultat rapidement. Le test PCR doit être en priorité pour les gens symptomatiques et pour que l’on puisse avoir des délais courts."

Pour autant, même un test négatif ne doit pas être un "sauf-conduit" insiste Aurélien Vaillant. "Le dépistage ce n’est pas du 100% non plus." Un constat partagé par Pierre-Olivier Variot. "Après, être négatif, c’est pas un blanc-seing pour faire n’importe quoi. Ce n'est pas totem d’immunité pour aller se jeter dans les bras des parents ou des grands-parents."

Prévoir des repas de Noël plus courts

Lors des fêtes de fin d'année, les repas à table s'éternisent. C'est le moment où le port du masque n'est pas forcément possible. Cela devient donc un moment risqué. "Ce qu’on leur conseille, c'est de faire des repas plus softs", explique le médecin généraliste. "Le risque, c’est vraiment de rester enfermé dans la même pièce sans masque et que tout le monde soit contaminé."

Aérer et s'aérer

Ce que conseille Aurélien Vaillant pour les fêtes, c'est de "faire un petit tour pour profiter de la famille dehors car il y a moins de risques. Profiter et alterner plutôt que de rester enfermé à table car on sait qu'au bout d’un certain temps de proximité, même avec les masques, on risque d'avoir des problèmes. Et dès que le repas est terminé, il faut remettre les masques, changer de pièce, aérer la pièce. Il faut profiter de la famille mais en alternant les plaisirs."

Pour Pierre-Olivier Variot, il faut "juste respecter bien les gestes barrières et respecter la recommandation d'être maximum six à table. C'est certain que cela ne va pas avec l’esprit de Noël où l'on a tendance à être proche et à favoriser une certaine convivialité et une proximité. Mais cela ne pourra pas beaucoup se faire cette année."

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