Déconfinement : "A chaque fois on est déçu", cafés, bars et restaurants prudents sur une réouverture mi-mai en Bourgogne

Est-ce le début du bout du tunnel ? Mercredi 31 mars, le président de la République a annoncé une reprise potentielle des activités de restauration et d’hôtellerie pour la mi-mai. Une date qui suscite l’espoir du secteur en Bourgogne, mais aussi la prudence

Les restaurants, bars et hôtels pourraient ouvrir en trois temps à partir de mi-mai
Les restaurants, bars et hôtels pourraient ouvrir en trois temps à partir de mi-mai © AltoPress / Maxppp

Ce 31 mars, si Emmanuel Macron a annoncé la mise en place de nouvelles restrictions pour lutter contre la circulation du Covid-19, le président de la République a également fait une promesse. Celle de rouvrir à partir du milieu du mois de mai, "les lieux de rencontre, de culture, les restaurants, les cafés". Peut-être enfin le bout du tunnel pour les industries de la restauration et de l’hôtellerie, à l’arrêt depuis le 30 octobre dernier.

"C’est une nouvelle étape, on espère mais c’est compliqué d’y croire", tempère d’entrée l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) Côte-d’Or. Car la réouverture potentielle des lieux de rencontre est soumise à la baisse du taux d’incidence et à l’accélération de la campagne de vaccination.

Ça nous laisse espérer qu'on puisse sortir la tête de l'eau. Mais on reste en attente.

UMIH Côte-d'Or

Emmanuel Macron l’a d’ailleurs indiqué dans son allocution, "les efforts d'avril plus la vaccination, c'est la tenaille pour contenir ce virus". Les résultats de ce nouveau confinement seront donc décisifs pour les restaurateurs et les hôteliers.

Du côté de Shop in Dijon, la fédération des commerçants de la capitale de la Côte-d’Or, la promesse suscite autant de soulagement que de prudence. "Ça représente un espoir oui, mais il faut savoir exactement les conditions dans lesquelles on pourrait rouvrir. Il faut un maximum de clarté", temporise Denis Favier, président du collectif.

Pas la première date annoncée

Une mesure d’autant plus importante, qu’il ne s’agit pas de la première date de reprise annoncée par l’exécutif. Le 4 mars dernier, le premier ministre Jean Castex envisageait ainsi un relâchement des contraintes à l’égard du secteur de la restauration et de l’hôtellerie aux alentours du 15 avril.

"On est habitué à attendre des annonces. On commence à en avoir marre depuis un an", ne cache pas Denis Favier. Même son de cloche du côté de l’UMIH Côte-d’Or. "À chaque fois on est déçu. On ne peut pas prendre ces dates pour acquises", confie le collectif aux 600 adhérents dans le département.

Il s’agirait d’une réouverture prudente, mais animée et souriante.

Denis Favier, président de Shop in Dijon

Quant aux conditions de cette reprise, les professionnels de la restauration et de l’hôtellerie se préparent à une réouverture progressive, en trois étapes. Dans un premier temps, seuls les hôtels pourraient être autorisés à fournir des petits déjeuners à leurs clients. Ensuite, les terrasses pourraient être ouvertes à 50% de leur capacité d’accueil. Enfin, une ouverture totale serait possible, tout en respectant les mesures sanitaires. "Le tout avec un intervalle d’un mois entre chaque étape", précise l’UMIH de Côte-d’Or.

Renouer le lien avec la clientèle

Malgré l’annonce d’une date de reprise le 15 mai, les commerçants membres de Shop in Dijon se projettent plutôt sur une réouverture progressive entre le 21 juin et le 21 septembre. Avec l’impatience de retrouver le contact avec la clientèle absente depuis octobre.

"La clientèle reviendra. On a la pluralité et les atouts nécessaires, est persuadé Denis Favier. Les gens seront contents de revenir, ça manque à tout le monde d’aller au restaurant ou de prendre un verre en terrasse". Les sorties dans les bars et restaurants manquent en effet à 82% des Français selon un sondage Odoxa pour France Bleu.

Afin d’éclaircir les modalités d’une reprise encore abstraite, les Commerçants Artisans des Métropoles de France (CAMF) s’entretiennent ce jeudi soir avec Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, Olivier Veran, ministre de la Santé et Elisabeth Borne, ministre de la Santé.

De quoi permettre, peut-être, de bâtir "un calendrier de réouverture progressive" des lieux de rencontre, comme l’a promis Emmanuel Macron.

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