35 réfugiés politiques participent aux vendanges dans un domaine réputé de Côte-d'Or

Elle se sont fait attendre mais elles sont finalement là. Les vendanges 2021 ont débuté en Bourgogne et les vendangeurs sont à pied d'œuvre. À Gevrey-Chambertin (Côte-d'Or), les employés viennent tous d'horizon différents mais partagent un statut. Celui de réfugiés politiques.

C'est au son des rythmes africains que Cheick Fadiga participe pour la première fois aux vendanges en ce mois de septembre 2021. À ses côtés, ils sont trente-cinq réfugiés politiques à cueillir et porter le raisin dans les vignes du domaine Camus, à Gevrey-Chambertin. 

"Je pourrais être là tout le temps"

Pour ce jeune malien, tout juste doté d'un statut de réfugié politique, être ici est une chance. "C’est super. Je suis content de bosser enfin !" explique-t-il tout sourire. 

Un peu plus tard, dans les rangées, le jeune homme aux dreadlocks, ne lâche pas ce même sourire au moment de décrire un paysage qu'il savoure chaque jour. "Le matin en venant ici, tu vois le soleil se lever, et tu te trouves au milieu de tout ça. Tout est vert autour de toi et beau soleil jaune qui se lève le matin, c’est magnifique. J’aime bien être ici et je pourrais être là tout le temps".

"C'est un travail dur mais nous avons tous connus de durs moments"

Un peu plus loin, Noor Ali est accroupi dans les vignes. Plus reservé que son collègue malien, lui est originaire d'Afghanistan. Un pays où l'arrivée au pouvoir des Talibans a conduit nombre de ses compatriotes à fuir.

Une partie de sa famille a été décimée dans son pays par les Talibans. Il ne lui reste qu'un frère, dont il n'a pas de nouvelles depuis son voyage en France. Aujourd'hui pourtant, il savoure le fait d'être en Bourgogne : 

"Ce travail n'est pas difficile ! C'est dur, mais nous avons tous ici connu de durs moments. Moi, J'ai traversé trop de moments difficiles. Alors je suis heureux en France, j'y suis en sécurité" nous confie celui qui souhaite devenir mécanicien.
 

"Ils retrouvent une vie normale par le travail"

Cela fait huit ans que le domaine emploie des réfugiés politiques pour sillonner les quatorze hectares de Pinot-noir. Un échange gagnant-gagnant entre une patronne fière du travail de sa main d'oeuvre, et des employés heureux de travailler à nouveau.

"J’ai le sentiment que par le travail ils retrouvent une vie qu’ils avaient perdu de par leurs tatut de réfugiés, raconte Marie-Edith Camus, du domaine Camus père et fils. Là ils réexistent, une retrouvent une vie normale et ils travaillent comme dans leur pays. Ce sont des gens qui veulent travailler, ils sont hyper sympa, souriants, aimables. Je sais que je peux compter sur eux." 

Un secteur qui peine toujours à recruter

Si le domaine fait autant appel à des réfugiés politiques, c'est aussi car le secteur de la viticulture peine à recruter. Le démarrage tardif des vendanges et le contexte sanitaire qui ne permet pas aux domaines les conditions de réception d'antan, sont autant de raisons qui expliquent les difficultés de recrutement cette année.

La récolte, elle, s'annonce faible. 50 % aurait été décimé par les conditions météorologiques.

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