Bronchiolite : en Bourgogne-Franche-Comté, une épidémie précoce du virus qui inquiète les médecins

La Bourgogne-Franche-Comté est officiellement passée en phase épidémique pour la bronchiolite. Cette apparition précoce du virus n'est pas sans inquiéter les services sanitaires, toujours essoufflés à cause de la pandémie de Covid-19.

Avec les virus, pas le temps de reprendre son souffle. Alors que la pandémie de Covid-19 semble se stabiliser en Bourgogne-Franche-Comté, c'est désormais la bronchiolite qui alarme les services de santé.

Dans la semaine du 11 au 17 octobre 2021, pratiquement 8% des passages aux urgences dans la région ont été effectués pour cause de bronchiolite selon les données de Santé publique France. Un taux suffisamment élevé pour que l'établissement déclare la Bourgogne-Franche-Comté en phase épidémique. 

Une nouvelle source de tension pour les services de santé

Pour Brigitte Virey, pédiatre à Dijon et présidente du Syndicat national des pédiatres français, l'apparition précoce de la bronchiolite vient s'ajouter à une situation sanitaire déjà compliquée. Elle estime que les cabinets médicaux et les services hospitaliers ont vu leur organisation "bousculée" par le Covid-19, ce qui rend la gestion de cette nouvelle épidémie plus délicate.

"Nous avons beaucoup d'enfants à voir en ce moment", déclare-t-elle. "Ça demande une réorganisation, parce que nous devons garder les gestes barrières, espacer les rendez-vous pour que les gens ne se retrouvent pas tous ensemble dans la salle d'attente. La gestion des rendez-vous devient donc compliquée."

A terme, Brigitte Virey craint un débordement des cabinets médicaux, des services d'urgence et des réanimations pédiatriques. "Il va falloir qu'on augmente nos plages horaires, qu'on a déjà augmentées avec le Covid", déplore-t-elle. "Maintenant, je suis obligée de faire des journées continues. C'est possible pendant quelques temps, mais on ne peut pas travailler douze heures par jour pendant six mois."

Le Covid-19, source de la propagation rapide de la bronchiolite ?

C'est ce que semble penser Brigitte Virey. Selon elle, le Covid-19 permettrait indirectement aux autres maladies virales de se propager plus facilement.

La praticienne met notamment en cause les gestes barrières développés pour lutter contre le SARS-CoV-2. Masques, distanciation physique, lavage régulier des mains... Autant de mesures qui permettent de lutter contre le virus responsable de la pandémie, mais également contre d'autres comme le Virus Respiratoire Syncytial (VRS), à l'origine de la bronchiolite.

"On parle de dette immunitaire", explique Brigitte Virey. "Pendant 18 mois, les enfants n'ont rencontré presque aucun virus avec les gestes barrières. Or, pour qu'un enfant puisse se défendre contre les maladies, il faut qu'il soit en contact avec les virus pour qu'il puisse fabriquer ses défenses. Avec la levée des gestes, quand ils rencontrent un virus, ils sont forcément malades."

Une précocité de l'épidémie en lien avec la fin du port du masque à l'école ?

La fin du port du masque obligatoire pour les élèves à l'école primaire le 4 octobre dernier pourrait être l'une des raisons derrière la propagation rapide du VRS. Cet allègement du protocole sanitaire est mis en place dans les départements où le taux d'incidence pour le Covid-19 est inférieur à 50 pour 100 000 habitants, pendant au moins 5 jours consécutifs.

Cela expliquerait également la précocité de l'épidémie. D'ordinaire, celle-ci ferait plutôt son apparition fin novembre tandis que cette année, elle aurait commencé début octobre, selon la pédiatre dijonnaise. "Avant, c'était une période un petit peu déterminée, où on avait beaucoup de pathologies", avance-t-elle. "Les autres années, on voit beaucoup les viroses en décembre et en janvier."

Chez les adultes, le VRS peut causer des rhinites. Il touche cependant principalement les jeunes enfants. Chaque année, 30% des nourrissons de moins de 2 ans en sont victimes, avec moins d'1% de décès enregistré.

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