Covid : l’interdiction des rassemblements de plus de 30 personnes suscite beaucoup d’anxiété

L’épidémie de Covid-19 connaît un regain d’activité. D’où la décision du préfet de Côte-d’Or d’interdire les rassemblements de plus de 30 personnes dans le cadre d'événements festifs ou familiaux. Cette décision suscite beaucoup d’anxiété.
 

Les rassemblements de plus de 30 personnes sont interdits en Côte-d'Or pour endiguer le rebond de l'épidémie de covid-19. Cette mesure suscite beaucoup d’anxiété chez les organisateurs d’événements festifs ou familiaux, face à des carnets de commandes quasi vides.
Les rassemblements de plus de 30 personnes sont interdits en Côte-d'Or pour endiguer le rebond de l'épidémie de covid-19. Cette mesure suscite beaucoup d’anxiété chez les organisateurs d’événements festifs ou familiaux, face à des carnets de commandes quasi vides.
 
Face à la reprise de l'épidémie de coronavirus Covid-19, de nouvelles mesures sont entrées en vigueur lundi 28 septembre 2020, pour tenter d’enrayer une deuxième vague.
"La deuxième vague arrive plus vite que nous le redoutions", a prévenu Patrick Bouet, le président du conseil national de l'Ordre des médecins. "Le ministre de la Santé Olivier Véran a choisi un langage de vérité mais il n'est pas encore allé assez loin. Il n'a pas dit que, si rien ne change, dans trois à quatre semaines, la France va devoir affronter, pendant plusieurs longs mois d'automne et d'hiver, une épidémie généralisée sur tout son territoire", a-t-il ajouté.

"Le département de la Côte-d’Or et la métropole de Dijon connaissent une accélération de la circulation du virus puisque le taux d’incidence épidémique s’y élève respectivement à 96 et 140/100 000 habitants sur 7 jours glissants", rappelle de son côté Fabien Sudry, le préfet de Côte-d’Or.

 
Plus besoin de plan pour savoir où porter le masque en centre-ville !
Plus besoin de plan pour savoir où porter le masque en centre-ville ! © Damien Rabeisen - France Televisions


C’est dans ce contexte que le représentant de l'Etat a décidé d’interdire à partir du lundi 28 septembre, pour une durée de quinze jours, les événements festifs ou familiaux de plus de trente personnes organisés dans des établissements recevant du public (salles des fêtes, salles polyvalentes, chapiteaux, tentes…). Concrètement, il s'agit des fêtes de famille, fêtes entre amis, fêtes locales ou des soirées étudiantes.

Cette décision a été prise car ces événements proposent "un service de restauration ou de boisson" et "sont susceptibles de se transformer en soirées dansantes ou de conduire les participants à méconnaître les protocoles sanitaires et les gestes barrières"  (rester assis, garder une distance d’un siège entre les participants, porter un masque en permanence).


 

"La plupart des mariés appréhendent beaucoup leur mariage"


Certains ont échappé de justesse à cette nouvelle interdiction. C’est le cas de Laurence Marcelot, qui s’est mariée ce week-end. La cérémonie, qui devait avoir lieu initialement au mois de juin, avait déjà été annulée et reportée au mois de septembre.
"On a décidé de maintenir notre mariage, car c’était trop compliqué de reporter : pour les invités qui avaient prévu des hébergements, pour le restaurant, etc."

La réception, qui a réuni environ 80 personnes, a eu lieu dans un restaurant de Côte-d’Or. "Mon mari et moi, on a des activités où on est très pris. C’était déjà compliqué d’organiser le mariage, mais là, avec le Covid, ça en a rajouté. On s’est dit : "On le fait et après on est tranquilles. " 

A l’inverse, d’autres ont décidé de reporter leur mariage ou leurs réceptions.
"On a eu pas mal de personnes qui ont annulé à cause des événements et d’autres qui ont reporté leurs projets à l’année prochaine", déclare Magalie Clerc, gérante du salon de coiffure "Artistika", à Saint-Apollinaire.

"La plupart des mariés appréhendent beaucoup leur mariage et ne savent pas trop comment faire. On est là pour les rassurer jusqu’à la dernière minute. 
"En juillet, août et septembre, ça avait repris, mais avec les nouvelles mesures qui ont été annoncées, on se demande ce qui va se passer. On a encore du travail prévu jusqu’à la fin de l’année, mais je m’attends à ce que des personnes se désistent pour les semaines à venir", dit-elle. 

Désormais, tout se fait à la dernière minute. "Mais, j’ai un salon qui fonctionne bien, donc je ne me plains pas comparé à d’autres", dit Magalie Clerc.

 
Les salons de coiffure s'attendent à de nombreuses annulations d'événements comme les mariages en raison du rebond de l'épidémie de covid-19.
Les salons de coiffure s'attendent à de nombreuses annulations d'événements comme les mariages en raison du rebond de l'épidémie de covid-19.

"On ne voit pas l’avenir très en rose"


Pour Jean-Philippe Germain, qui est traiteur à Dijon, la situation est plus compliquée.
"Depuis le mois de mars, on a beaucoup d’annulations. On a eu environ 90% d’annulations en mariages et une grande partie ont été reportés à l’an prochain. Mais, l’année prochaine, on ne pourra pas faire les mariages de 2020 et ceux de 2021, donc on sera obligés de refuser les mariages de 2021."

Le chef d'entreprise a mis du personnel en chômage partiel, "puisqu’il y a moins de travail".
Comme ses confrères, l'entrepreneur n'a plus de vision à long terme : "Les professionnels sont inquiets, ils ne veulent plus rien organiser. On ne voit pas l’avenir très en rose. Sur les gros volumes, on n’a plus du tout de commandes, c’est-à-dire entre 50, 100, 200, voire plus de convives. On conserve  les commandes du style 8, 10, 11, 14 personnes." 

Ce jour-là, par exemple, le tableau affiche seulement 5 ou 6 commandes au lieu de 30 ou 40.

"Entre mars et août, je suis à moins 100 000 euros de perte de trésorerie", assure-t-il. "Au mois de mars, j’avais une bonne trésorerie, ce qui va me permettre de tenir encore six mois sans trop de dégâts. Mais, le professionnel qui n’avait pas de trésorerie ne pourra pas tenir six mois, à moins qu’il ait de grosses aides de l’Etat. Sinon, il sera obligé de fermer", conclut Jean-Philippe Germain.


 
Les professionnels de la restauration sont inquiets face au rebond de l'épidémie de covid-19.
Les professionnels de la restauration sont inquiets face au rebond de l'épidémie de covid-19.
 

Dans quelles conditions les événements associatifs ou professionnels sont-ils autorisés ?

"Les événements associatifs ou professionnels demeurent autorisés à condition que les organisateurs garantissent le respect d’un protocole sanitaire strict et l’identification des participants, le cas échéant afin de faciliter les opérations de contact-tracing", précise la préfecture de Côte-d'Or.
Il faudra tenir un registre de présence le jour de l’événement : pré-inscription des participants et tenue d’une feuille de présence mentionnant leurs noms, prénoms, adresses, coordonnées téléphoniques et adresses électroniques.

Par ailleurs, les participants devront respecter des règles sanitaires strictes (port du masque obligatoire pendant toute la durée de l’événement, rester assis, respecter la distance d’un siège entre deux personnes ou groupes de moins de 10 personnes, absence de service de restauration, etc).


Les cérémonies civiles organisées dans les mairies (ex : mariage civil) et les cérémonies religieuses organisées dans des lieux de culte (ex : mariage, baptême, etc.) restent aussi autorisées, là encore sous réserve de respecter les règles sanitaires (places assises, distance d’un siège entre deux personnes, port du masque).
"En revanche, les festivités consécutives à ces cérémonies sont soumises à la jauge des 30 personnes dès lors qu’elles sont organisées dans un ERP (établissement recevant du public)", ajoute la préfecture de Côte-d'Or.



 
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