Femme voilée au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté : un problème de fond qui n'est pas tranché dit Julien Odoul

Julien Odoul, président du groupe RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, le 11 octobre 2019. / © JC Tardivon/MAXPPP
Julien Odoul, président du groupe RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, le 11 octobre 2019. / © JC Tardivon/MAXPPP

Julien Odoul, président du groupe RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, avait demandé à ce qu'une femme dans le public retire son voile. Celle-ci va porter plainte. L’élu dénonce une "opération de victimisation".
 

Par avec AFP

"Ma cliente a été humiliée"

Une mère de famille qui accompagnait des élèves de CM2 lors d’une sortie scolaire au conseil régional à Dijon a été prise à partie verbalement vendredi 11 octobre 2019. Le président du groupe Rassemblement national (RN) à l'assemblée régionale a demandé que cette mère musulmane retire le foulard qu’elle portait sur ses cheveux.

"Ma cliente a été humiliée, son image a été diffusée partout, elle est très marquée et son fils voit un psychologue", a déclaré l'avocate de la plaignante, Me Sana Ben Hadj, mercredi 16 octobre. "Ce n'est pas qu'une question de laïcité mais de racisme. On tente d'exclure les musulmans de la République."
 
 

Deux plaintes vont être déposées


La mère voilée va déposer deux plaintes :

-une jeudi 17 octobre à Dijon pour "violences commises en réunion par personnes dépositaires de l'autorité publique sur mineur et majeur à caractère racial".

-une vendredi 18 octobre au tribunal de Paris pour "provocation publique à la haine raciale par des élus". Cette deuxième plainte vise un tweet de Julien Odoul, accompagnant une vidéo de l'incident qui a été postée sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, qui a déjà été vue 4 millions de fois, il évoquait l'attentat du 3 octobre à la préfecture de police de Paris.

 
 

"J’ai stigmatisé l'islamisme"

"J'assume mes propos, je suis un élu de la République, j'ai une liberté d'expression, a fortiori dans mon hémicycle", dit Julien Odoul.

L’élu parle d’une "judiciarisation de ce genre d'affaires" dont l'objectif serait de "faire taire le débat".
"Je n'ai pas stigmatisé une personne, j'ai stigmatisé l'islamisme", ajoute Julien Odoul. "Si ça a pris cette ampleur, c'est qu'il y a un problème de fond qui n'est pas tranché depuis 30 ans."

Cette plainte est à l'initiative du CCIF", le collectif contre l'islamophobie en France, "une organisation extrémiste et islamiste qui récupère l'affaire", dit encore Julien Odoul.

"Nous sommes dans une opération de victimisation de la part d'un organisme qui fait la promotion d'une idéologie qui n'a rien à voir avec la République française", conclut l’élu qui fait partie du bureau national du Rassemblement national.


Cette polémique a pris une ampleur nationale et grandit chaque jour un peu plus.
Le président de la République est intervenu en appelant à ne pas "stigmatiser" les musulmans et a dénoncé un "raccourci fatal" entre lutte contre le terrorisme et islam.

L'attitude de Julien Odoul a suscité des critiques au sein du RN (ex FN).

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