Femme voilée au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté : Emmanuel Macron appelle à ne pas stigmatiser les musulmans

Publié le Mis à jour le
Écrit par avec AFP

Un élu du Rassemblement national a invectivé une mère voilée lors d’une séance du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Depuis, la polémique a pris une ampleur nationale. Le président de la République appelle à ne pas "stigmatiser" les musulmans.
 

Tout a commencé à Dijon vendredi 11 octobre 2019. Le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté était réuni en séance plénière.

Une mère de famille qui accompagnait des enfants pour une sortie scolaire a été prise à partie verbalement par Julien Odoul, président du groupe Rassemblement national (RN) à l'assemblée régionale. Julien Odoul a demandé que cette mère musulmane retire son voile. Dans la foulée, les élus du RN avaient quitté la salle, avant de dénoncer une "provocation islamiste".
Une vidéo de l’incident a été visionnée des centaines de milliers de fois et la polémique continue à grandir.

 


Même au sein du RN (ex FN), l’attitude de Julien Odoul a suscité des critiques.

C’est aussi le cas dans la majorité parlementaire où les voix se font de plus en plus discordantes : le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, a déclaré que "le voile en soi n'est pas souhaitable dans notre société" et le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a dit que pour lui " le voile islamique n'est pas l'avenir souhaitable de la culture et de la société française".

Mais, de nombreux députés LREM ne sont pas d’accord : c’est le cas notamment du député du Val-d'Oise Aurélien Taché : "Notre rôle de responsables politiques, c'est quand même de défendre la loi" qui n'interdit pas le voile pour les sorties scolaires, a-t-il rappelé.

Face à cette polémique grandissante sur le port du voile, le président de la République a appelé à ne pas "stigmatiser" les musulmans et a dénoncé un "raccourci fatal" entre lutte contre le terrorisme et islam.
"Faisons bloc et ne nous divisons pas pour lutter d'abord et avant tout contre la radicalisation dans notre société, oeuvrons pour que la République soit partout", a ajouté le chef de l'État mercredi 16 octobre 2019, tout en appelant à "être intraitable avec le communautarisme".