Handball féminin. Pourquoi cette saison peut-être celle de la JDA Dijon ?

Avec sa victoire acquise dans le derby face à Besançon, 34-21, la JDA Dijon bascule dans le Top 5 dans le championnat de France de handball féminin. Le club bourguignon peut-il se maintenir dans le haut du classement et obtenir une qualification européenne à la fin de la saison ? France 3 Bourgogne y croit !

C’est une démonstration de force, un tsunami qui a tout emporté. Après trois années de frustration face à son voisin franc-comtois, la JDA Dijon Handball l’a emporté 34 – 21 ce vendredi 15 octobre contre Besançon. Une victoire au terme d’une rencontre aboutie, que l’on vous raconte ici, et qui semble lancer définitivement la saison d’une équipe qui peut rêver du haut de tableau.

Et si après avoir terminées huitièmes du championnat en 2021-2022 et onzièmes en 2020-2021, les joueuses de la JDA Dijon avaient franchi un palier cette saison et étaient en mesure de viser les places qualificatives pour la Coupe d’Europe ? Nous, à France 3 Bourgogne, on y croit et voici pourquoi !

Parce que l'équipe tient sa victoire référence

Il y a des débuts de saison plus intenses que d’autres. Et le calendrier des Bourguignonnes pour l’entame du championnat n’était pas des plus calmes. Dès la première journée, les joueuses de Christophe Mazel se déplaçaient à Brest, deuxième du précédent exercice. Un match serré au terme duquel les coéquipières de Carmen Campos s’inclinaient de deux buts (32-30).

Pour la deuxième journée, deuxième gros déplacement. Face à champion de France en titre cette fois, Metz. Plus fragile, la JDA Dijon chute lourdement (38-26). Mais derrière, l’équipe réagit et remporte ses rencontres contre Bourg-de-Péage (37-26) et Toulon (38-28). Il ne restait plus qu’à valider ce début de série par un match référence contre une place forte du championnat.

Besançon, se présentant au Palais des Sports fort de sa 4ème place obtenue la saison dernière, représentait l’adversaire idéal pour frapper un coup. Après 15 minutes, Dijon mène de 5 buts. L’écart monte à 11 réalisations à la mi-temps pour s’établir à + 13 donc au coup de sifflet final. Une victoire qui fait surtout oublier les deux défaites dans le derby la saison dernière, après deux rencontres à suspense et deux fins de match ratées.

"Le niveau auquel on joue, correspond aux objectifs et aux ambitions que l’on s’est fixé. On gagne face à un gros, ça y est, c’est fait. Mais il ne faut pas s’arrêter-là. Le championnat continue", confiait, prudent, le coach Christophe Mazel après la rencontre.

"On est juste trop contentes. Ça montre l’évolution que l’on a. C’était le premier match où on pouvait se mesurer à une équipe au-dessus de nous au classement. Ça montre qu’on est capable d’être au niveau", saluait de son côté l’ailière de la JDA, Élise Delorme.

Après son succès, le club pointe donc à la 5ème place du championnat. Mais pour notre journaliste spécialiste des sports, Christophe Tarrisse, l’équipe peut viser encore plus haut. "Metz et Brest sont intouchables. Mais derrière les deux gros, elles peuvent arracher la troisième place. De toute façon, elle vise l’Europe".

Parce que la JDA Dijon joue bien

Et pour viser la Coupe d’Europe, détenir l’une des armadas offensives les plus conquérantes du championnat peut être un atout. En tout cas, après 5 journées, la JDA Dijon possède la deuxième attaque avec 165 buts marqués, soit 33 réalisations par rencontre.

Le fruit d’une petite révolution interne. Car cette année, la JDA prône un autre handball que par le passé, avec un jeu basé sur la montée de balle, avec des courses tranchantes sur grand espace, de la vitesse et de l’intensité. "Notre atout, c’est de jouer vite, fort, d’être percutant, audacieux", estime l’entraîneur bourguignon.

"En plus, il y a eu une grosse pression défensive hier. Donc beaucoup d’interceptions et de contre-attaques. Besançon était perdu", ajoute notre journaliste. C’est d’ailleurs ce que soulignait lui-aussi Christophe Mazel à la fin de la partie, la prestation de ses joueuses sur l’aspect défensif.

"On est comblé de la prestation. On a fait un match abouti. Jusqu’à présent, on a été efficace sur jeu rapide mais pas forcément dans le secteur défensif. Là, il n’y a aucun secteur à jeter".

Le jeu que produit Dijon, c’est assez propre. Le meilleur a gagné. On aurait pu jouer toute la nuit, on aurait perdu quand même.

Sebastien Mizoule, entraîneur de Besançon

Avec une défense à plat, en 6-0 autour de la zone, mais avec des joueuses agressives, capables de sortir haut sur la porteuse de balle, la JDA n’a en effet jamais tremblé. L’équipe a également pu s’appuyer sur la prestation XXL de sa gardienne, Kristy Zimmerman, auteure de 10 parades.

"On n’a que ce qu’on mérite. On a été dominé partout, en attaque, en défense, partout. Tout leur réussissait car elles mettaient beaucoup plus d’engagement", concédait même Sebastien Mizoule, l’entraîneur de Besançon.

Parce que le club a les moyens de ses ambitions

Quand on a l’ambition de jouer la remontée de balle, d’enchaîner les courses et de jouer l’interception à la défense, il vaut mieux avoir du coffre. Et Dijon semble l’avoir ! Cet été, le club a déployé d’importants moyens avec un recrutement à l’accent international.

3 nouvelles joueuses sont venues garnir les troupes de Christophe Mazel. Au total, la JDA compte 15 joueuses dans son effectif, dont 6 étrangères : deux Espagnoles, une Argentine, une Danoise, une Norvégienne et une Néerlandaise.

"En plus, les espoirs sont restées au club et ont gagné de l’expérience. Les joueuses ont plus de possibilités pour proposer ce jeu énergivore avec un effectif large. Elles ont pratiquement deux équipes de bon niveau capables de jouer", estime Christophe Tarrisse.

Pour être sûr de se qualifier en Coupe d’Europe la saison prochaine, la JDA Dijon devra terminer dans le top 5 du championnat. Avec leur succès face à Besançon, les Bourguignonnes ont passé un cap, mais il leur reste désormais à confirmer et à tenir la cadence.

En sont-elles capables ? Première réponse attendue vendredi prochain face à Plan-de-Cuques. "J’insiste sur le contenu. Si on joue comme ça, on gagnera", assure Christophe Mazel.