Les animaux exotiques, "troisième trafic mondial après les stups et les armes" : reportage avec les douanes de Dijon

EXCLU FRANCE 3. France 3 Bourgogne a pu suivre une opération des douanes, avec l'Office français de la biodiversité, à la recherche d'animaux exotiques détenus illégalement.

En 2022, 52 000 animaux ou plantes exotiques ont été saisis par les douanes françaises, pour plus de 400 infractions constatées. Un trafic très lucratif, c'est même "le troisième trafic mondial après les stups [stupéfiants] et les armes", explique Lucie Garnier, agente de constatation des douanes.

"Des espèces menacées d'extinction"

Ce mercredi 30 août, France 3 a pu suivre les douanes de Bourgogne et l'office français de la biodiversité, en opération conjointe pour rechercher des espèces protégées détenues illégalement. L'opération se passe sur une aire d'autoroute en Côte-d'Or, sur la très fréquentée autoroute A6. Alors que les vacances se terminent, "c'est une époque à laquelle les gens partis en congés en Afrique du Nord reviennent en France, et ramènent souvent des animaux qui n'ont pas lieu d'être importés", explique Bruno Diolot, inspecteur de l'environnement à l'OFB. 

Les douaniers arrêtent ainsi des véhicules particulièrement chargés, et fouillent le contenu du coffre et des bagages. "On recherche des animaux protégés par la convention de Washington et le règlement européen", détaille Lucie Garnier.

"Ça peut être de petits singes, des oiseaux, des rapaces, des tortues... Soit les gens les vendent, soit ils les gardent pour eux comme animaux de compagnie. On peut parfois voir des célébrités poser avec des lionceaux, des petits singes... Il ne faut surtout pas encourager ces comportements !"

Lucie Garnier

agente de constatation des douanes

Le jour de l'opération, pas de saisie. Mais les douanes de Bourgogne sont déjà tombées sur plusieurs animaux : des tortues d'Hermann, par exemple. Les particuliers peuvent en détenir, à condition d'avoir un agrément.

Une autre fois, lors d'un contrôle aléatoire, les douaniers ont saisi un perroquet exotique. "On l'a trouvé dans une voiture, dans des conditions pas du tout adaptées", raconte Lucie Garnier. 

"Il était dans une petite cage pour chiens ou chats, il n'avait rien pour se percher, de la nourriture pourrie qui jonchait le sol... Ce sont des petites bêtes sensibles, avec des besoins particuliers." Cet oiseau a été saisi et confié à un capacitaire, une personne habilitée à détenir des espèces protégées.

"Ce sont des espèces menacées d'extinction dans leur milieu naturel", rappelle Cindy Barbet, adjointe au directeur régional des douanes de Bourgogne. 

À qui profite ce trafic ?

Si certains particuliers ramènent ces espèces de bonne foi, en ignorant la loi, beaucoup de contrevenants savent parfaitement que ces démarches sont illégales. "Les espèces protégées font l'objet d'un trafic extrêmement lucratif, que ce soit de la part d'organisations criminelles qui sont aussi diversifiées dans d'autres trafics (drogue, armes, œuvres d'art), ou plus simplement de la part de particuliers qui ramènent ces espèces de leurs vacances en espérant les vendre sur le marché noir", indique Cindy Barbet. 

Ces animaux exotiques peuvent ainsi se retrouver sur de simples sites de vente entre particuliers, sur les réseaux sociaux, mais aussi sur le darknet "pour les infracteurs les plus chevronnés", ajoute l'adjointe à la direction régionale des douanes. 

La détention et la vente d'espèces protégées sont passibles de trois ans de prison ainsi que d'amendes douanières "entre une et deux fois la valeur de la marchandise sur le marché noir", note Cindy Barbet. Amendes pouvant être majorées si la notion de criminalité organisée est retenue.

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