Municipales 2020 : comment se déroulera le second tour des élections qui aura lieu dimanche 28 juin ?

Les "mesures barrières" seront obligatoires sur les lieux de vote pour le second tour des élections municipales. / © Julien Barbare - Maxppp
Les "mesures barrières" seront obligatoires sur les lieux de vote pour le second tour des élections municipales. / © Julien Barbare - Maxppp

Le second tour des élections municipales, qui devait avoir lieu le 22 mars, avait été mis entre parenthèses par la crise du coronavirus covid-19. Il se tiendra finalement le 28 juin 2020, mais cette décision est "réversible" en fonction des conditions sanitaires.

Par Beatrice de Lavergne

Une décision réversible 


C’est la fin du suspense : le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner ont annoncé que le second tour des élections municipales se tiendra dimanche 28 juin 2020 ... si les conditions sanitaires le permettent.
Ce second tour concerne près de 5 000 communes, notamment les plus grandes. En Bourgogne-Franche-Comté, les résultats sont en suspens dans un peu plus de 580 communes et notamment dans 27 communes de plus de 3 500 habitants (18 en Bourgogne et 9 en Franche-Comté)
 

Après avoir pesé le pour et le contre, nous pensons que la vie démocratique doit reprendre ses droits - Edouard Philippe


Je sais pouvoir compter sur les maires pour que ce deuxième tour ait lieu dans les meilleures conditions, a déclaré le Premier ministre.

Respect des gestes barrières et de la distanciation physique par le réaménagement des locaux ou des marquages au sol, gel hydroalcoolique ou accès à un point d’eau pour se laver les mains, port du masque obligatoire pour les électeurs et les membres du bureau de vote (présidents, assesseurs, employés municipaux et scrutateurs) ...
Plusieurs mesures ont été annoncées pour que les conditions sanitaires soient garanties dans les bureaux de vote. Les électeurs devront apporter leurs stylos personnels pour émarger et chacun présentera et maniera soi-même sa pièce d’identité.

Mais, cette décision pourrait être "réversible" si les conditions sanitaires étaient amenées à se détériorer. C'est pourquoi une "clause de revoyure" avec le conseil scientifique est prévue d'ici deux semaines.

"Dans l’hypothèse où ce second tour ne pourrait pas avoir lieu, il faudrait garder le temps nécessaire à l’examen par le Parlement du cadre légal qui permettrait d’organiser un nouveau report des élections municipales", a précisé le Premier ministre. Le second tour des élections serait alors vraisemblablement reporté au mois de janvier 2021.

 
 

"Ce ne sera pas un second tour comme avant"


D’ici là, la campagne électorale ne doit pas devenir "un facteur de circulation du virus". Il faudra donc "faire campagne différemment". 
 

Je fais confiance à l’inventivité des candidats pour trouver le moyen de faire passer leurs idées dans le respect des règles sanitaires - Edouard Philippe.


De son côté, le ministre de l’Intérieur demande notamment de "privilégier les campagnes numériques" (visioconférences et réseaux sociaux notamment), ainsi que les interventions et les débats dans les médias. 

Christophe Castaner évoque aussi la possibilité de professions de foi qui soient "plus détaillées, plus longues".
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Quelles réactions en Bourgogne-Franche-Comté ?


Une décision qui devrait réjouir François Rebsamen qui a cosigné une tribune avec de nombreux maires de grandes villes pour demander l’organisation du scrutin en juin. 
"Si on veut que notre pays reparte, il faut faire des élections le plus vite possible, dans le respect des règles sanitaires bien évidemment", estime le maire de Dijon qui est arrivé en tête du 1er tour le 15 mars 2020 avec environ 38% des voix.   

En revanche, cela ne plaît pas à Julien Odoul, président du groupe Rassemblement national au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, qui a manifesté son opposition à plusieurs reprises.
"Le gouvernement a choisi de clôturer les municipales 2020 le 28 juin. L’Etat doit agir pour protéger tous les électeurs et les assesseurs tout en facilitant le recueil des procurations. Une nouvelle défaite sur le front des masques serait impardonnable", dit-il.

D'autres réactions commencent à tomber :

-Emmanuel Bichot, conseiller municipal LR, arrivé en 2e position derrière François Rebsamen lors du premier tour à Dijon : "Pour les municipales, je propose la possibilité pour les électeurs de voter au choix aux urnes ou à distance, par voie électronique ou par correspondance." 

-Sylvain Comparot, candidat LREM (La République en Marche) arrivé en 4e position au premier tour des municipales à Dijon : "Notre pays n'est pas prêt pour un second tour des municipales en juin, c'est pour moi une faute démocratique. Je pense que l’on va faire prendre des risques inutiles et inconsidérés aux Dijonnaises et Dijonnais dans une situation pleine d’ incertitudes. L’enjeu prioritaire, ce ne sont pas les élections, c’est la santé de tous et le soutien à notre économie.
On entend tous les jours que le jour d’après serait différent du jour d’avant. Pourtant, avec ce second tour le 28 juin, en pleine crise sanitaire et désormais économique, le monde d’après ressemble tristement au monde d’avant."

-Annie Genevard, députée LR de la 5e circonscription du Doubs : "Le second tour des municipales le 28 juin est une bonne nouvelle. Les équipes municipales vont pouvoir lancer leurs projets et relancer l’investissement public indispensable à l’économie de notre pays."

-Alain Houpert, sénateur LR de Côte-d'Or : "Deuxième tour des #municipales le 28 juin. Ah non ! Il y aura une « clause de revoyure » qui pourrait le reporter en janvier. La cacophonie n’en finit plus..."

-Guillaume Larrivé, député LR de la 1re circonscription de l'Yonne : "Cette décision d’Edouard Philippe est raisonnable, pour réussir le rendez-vous démocratique des municipales dans les meilleures conditions sanitaires : c’est l’intérêt général."

-François Patriat, sénateur LREM de Côte-d'Or : "Je comprends la décision du gouvernement qui est de vouloir solder l'épisode des municipales (...), j'entends bien aussi la volonté de pouvoir relancer les intercommunalités pour relancer l'économie". Mais, le chef de file des sénateurs LREM craint "une rupture d'égalité" entre candidats lors du second tour des municipales le 28 juin, du fait de la difficulté pour les non-sortants de faire campagne.

-Cécile Untermaier, députée PS de la 4ᵉ circonscription de Saône-et-Loire : "Accord avec le Premier ministre Edouard Philippe qui annonce que le second tour des élections municipales se tiendra le 28 juin prochain"


Du côté des électeurs, cette décision suscite de très nombreux commentaires.
 


 

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