« Nous voulons en finir avec la publicité à Dijon » Extinction Rébellion décroche des affiches en ville

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Écrit par Sophie Hienard

C’est l’opération « Page blanche » lancée par le collectif Extinction Rébellion. Une action de désobéissance civile pour interpeler sur la « pollution visuelle » dans les rues de Dijon.

Au téléphone, la discussion commence, sous couvert d’anonymat. Les membres ont chacun un pseudo, que nous ne divulguerons pas. Les actions de désobéissance civile commencent ainsi, comme un murmure.

Dans les rues de Dijon, certaines et certains ne les remarquent peut-être même plus. Aux abribus, sur des panneaux ou des sucettes, les affiches publicitaires sont présentes partout. Comme un élément presque incontournable du paysage visuel. Une habitude contre laquelle Extinction Rébellion entend lutter.

Près de 2000 affiches enlevées

« Nous voudrions que les Dijonnais se réveillent demain matin, sans publicité ; nous voulons les soulager », lance un militant. D’ici la fin de la journée, les membres d’Extinction Rébellion auront « débarrassé la ville de toute cette pollution visuelle et ces milliers de publicités auxquelles nous sommes confrontés chaque jour ». Notre interlocuteur reprend : « Près de 2000 affiches seront enlevées, qu’elles soient fixes sur les abribus, ou bien tournantes sur les sucettes ». Elles ne seront remplacées par rien d’autre que le vide : c’est l’opération « Page blanche ».

 

Le militant justifie l’action : « Plusieurs analyses le prouvent : la publicité peut entraîner des troubles du comportement. Il peut s’agir d’anorexie ou de boulimie en raison du culte du corps. Mais également d’endettement, à cause de la promotion des paris en ligne. » A cela s’ajoutent des raisons écologiques : la publicité pousse à la surconsommation et au gaspillage. Ce qui a pour conséquence, la production d’objets ou d’habits, mais aussi l’usage de matériaux pouvant détruire les milieux naturels. En outre, les affiches remplacées chaque semaine dans la ville entraînent l'utilisation de tonnes de papier chaque année.

Une publicité utilisée « à bon escient »

« On ne s’arrêtera pas tant que la mairie ne nous aura pas entendus ! Cette action, c’est un moyen de l’interpeler. Nous savons que le contrat de Clear Channel pourrait se renouveler en décembre. Nos revendications directes seraient de mettre un terme à ce partenariat, et d’internaliser la publicité », explique le militant. Le groupe ne diabolise pas la publicité. Au contraire. Car ce medium peut aussi être utilisé « à bon escient » : « Nous pourrions nous limiter à la publicité valorisant la culture, à savoir les livres, les spectacles ou encore les festivals. Ou bien, laisser une plus grande place aux commerces locaux. » Il renchérit : « la publicité, telle qu’elle est conçue aujourd’hui, ne profite qu’aux entreprises les plus aisées et elles s’enrichissent encore plus. »

Le nombre de participants à cette action reste inconnu. Mais ils et elles devaient être en nombre. Car ces derniers jours, le militant a constaté de plus en plus d’adhésions à Extinction Rébellion. « Je crois qu’il y a de plus en plus de citoyens frustrés face à l’absence de programme écologique – le groupe grandit depuis la présidentielle. Peut-être qu’il y a une volonté d’une plus grande radicalité dans l’action, de désobéissance civile. »