Prisons : cela fait 20 ans que le service d’insertion et de probation lutte contre la récidive

© Thomas Padilla/MAXPPP
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Les Services d’insertion et de probation (SPIP) , attachés à l'administration pénitentiaire, fêtent leur 20 ans. Ils suivent les personnes condamnées par la justice, qu'elles soient en prison ou en milieu ouvert. Ils s'assurent de l'exécution des peines et travaillent à éviter la récidive.

Par Fatima Larbi

C'est quoi les SPIP ?

Les Services d’insertion et de probation (SPIP) fêtent leurs 20 ans, du 14 au 18 octobre 2019.

Le SPIP dépend de l’administration pénitentiaire et assure plusieurs missions :

- Tout d'abord, lorsque la personne condamnée n'est pas emprisonnée, il faut s'assurer que la peine prononcée par la justice est bien exécutée.
- Il faut également  mettre en place des moyens permettant la réinsertion des personnes condamnées par une décision de justice, qu’elles soient détenues ou en liberté (travail d’intérêt général, bracelet électronique, en sursis avec mis à l’épreuve).

En résumé, le but est d’éviter la récidive.

Notre ADN est d’éviter la récidive. Joël Jallet, directeur du SPIP de Dijon

© PHOTOPQR/LA PROVENCE/VALLAURI Nicolas /MAXPP
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En Bourgogne, 1 472 personnes sont actuellement incarcérées dans les 5 maisons d'arrêt, centres pénitentiaires ou de détention de la région.

En prison, seuls les détenus volontaires sont suivis par le SPIP.
Le travail qui est mené concerne la sortie de prison, la réinsertion et la mise en place de projets (professionnels, formation, soins…)

Mais la plupart des personnes condamnées effectuent leurs peines en milieu ouvert : elles sont 4 500 dans la région. Celles-là sont obligatoirement suivies par les services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP).

On sait que que le taux de récidive pour une personne suivie est de 30 % alors qu'il est de 70 % pour les autres. Joël Jallet

Un enjeu important pour les quatre SPIP de la région. Il y en a un par département, chacun disposant de plusieurs antennes.
© Pixabay
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En Côte-d’Or, le SPIP suit 1 550 personnes


En Côte-d’Or, le SPIP basé à Dijon compte en tout 42 salariés, dont 4 cadres et 6 administratifs.

• 23 conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation accompagnent 250 détenus de la maison d’arrêt de Dijon et 1 300 personnes condamnées à des peines en milieu ouvert.

-70 % des personnes suivies par le SPIP sont condamnées à des peines avec sursis assorties de mise à l'épreuve.

- Pour les personnes en milieu ouvert, les conseillers les convoquent, définissent un rythme de suivi et un plan d’accompagnement. Ce sont eux qui contrôlent les obligations prononcées par le juge. Par exemple, dans le cas d’une obligation de travail, ils vérifient les fiches de paie ou la réalité de la recherche d’emploi.

- Pour les personnes incarcérées, les conseillers travaillent uniquement avec ceux qui en font la demande, en vue de la sortie de prison (recherche de formation, logement, mise en place d’un suivi contre les addictions…).

En plus de cette approche individuelle, les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation mènent des actions collectives : ce sont les programmes de prévention de la récidive.
Pour cela, ils sont formés à prendre en charge des groupes de paroles, sans visée thérapeutique, qui aident les condamnés à réfléchir sur leur passage à l’acte. Plusieurs thèmes sont proposés : délit routier, violence, citoyenneté, multi récidive…

• La psychologue du service participe à ces programmes collectifs. Elle forme les conseillers et prépare les programmes de prévention.

• Une assistante sociale traite certaines demandes relayées par les conseillers en matière de logement, de demandes de droits : allocations, RSA…

• Trois personnes sont affectées au suivi des bracelets électroniques. Ces agents les posent et surveillent ceux qui les portent. Ils déclenchent l’alarme si un des condamnés ne respecte pas les horaires, par exemple.

• Le SPIP de Côte-d’Or travaille également avec une conseillère socio-culturelle qui organise des manifestations et des actions, comme par exemple une pièce de théâtre.

Notre but est de montrer aux personnes que l’on suit qu’il n’y a pas que la délinquance dans la vie. Joël Jallet

© Christophe Morin / IP3 PRESS/MAXPPP
© Christophe Morin / IP3 PRESS/MAXPPP

En 20 ans, les missions du SPIP ont évolué et le nombre de personnes suivies a explosé.
Le nombre de bracelets électroniques a beaucoup augmenté depuis la loi pénitentiaire de 2009. Cela devrait se développer encore dans les années à venir. Suite à l’adoption de la loi de programmation et de réforme de la justice (2018-2022), l’échelle des peines a été réorganisée et les condamnations en milieu ouvert sont privilégiées.

Cette réforme va renforcer le rôle des SPIP. Pour y faire face, le ministère de la Justice prévoit un conseiller en insertion et probation pour 60 personnes suivies alors qu'actuellement il en suit 95.
Au total, 1 500 postes doivent être créés sur le territoire national entre 2018 et 2022 et 2 concours sont prévus dès cet automne pour recruter 300 conseillers et 50 directeurs. 

Les journées "portes ouvertes" organisées à l’occasion des 20 ans du SPIP sont l’occasion de montrer au grand public le rôle souvent méconnu de ce service ... et éventuellement de créer des vocations. 
A Dijon, de nombreux curieux ont déjà poussé la porte.
 

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