​​​​​​​Violences à Dijon : l'enquête se poursuit, deux autres Tchétchènes ont été mis en examen

Au mois de juin, de violents incidents avaient opposé des membres des communautés tchétchène et maghrébine à Dijon. De nouvelles personnes viennent d’être mises en examen, a annoncé le parquet.

Des forces de l'ordre dans le quartier des Grésilles à Dijon, le 15 juin 2020.
Des forces de l'ordre dans le quartier des Grésilles à Dijon, le 15 juin 2020. © Philippe DESMAZES / AFP

Plusieurs nuits de violences urbaines dans le quartier des Grésilles 

Tout a commencé le 12 juin 2020 quand une centaine de personnes disant appartenir à la communauté tchétchène se sont retrouvées à Dijon pour venger l'un des leurs, agressé quelques jours plus tôt.

Cette vendetta a été organisée par le biais d’appels lancés sur les réseaux sociaux. Chez les Tchétchènes, le collectif - le village, la famille, voire le clan, qu'on appelle le taïp - joue un rôle très puissant.

C'est ainsi que des individus, armés de bâtons, de barres de fer et de battes de baseball, ont déclenché plusieurs épisodes d’une violence inouïe dans une partie de la ville, faisant des blessés et causant de gros dégâts.

A la suite des diverses infractions commises dans les nuits des vendredi 12, samedi 13 et dimanche 14 juin 2020, le parquet de Dijon a ouvert une information judiciaire confiée à deux juges d’instruction.

-Six personnes issues de la communauté dite « tchéchène » ont été mises en examen entre les 20 juin et 3 juillet 2020. Trois ont été placées sous contrôle judiciaire et trois ont été placées en détention.

-Six autres personnes ont été placées en garde à vue entre le 7 et le 9 juillet 2020, pour des faits de violences aggravées.

 Des opérations des forces de l'ordre ont eu lieu aux Grésilles, à Chenôve et à Saint-Apollinaire permettant notamment de saisir des armes et des stupéfiants.

L’enquête s’est poursuivie tout l’été sur commission rogatoire des magistrats instructeurs. Elle vient de permettre l’arrestation de deux personnes issues de la communauté dite « tchéchène ». Elles ont été interpellées simultanément les 15 et 16 septembre 2020 à Bron (Rhône) et Draveil (Essonne) par les enquêteurs de la DIPJ de Dijon, avec le soutien de leurs collègues de Lyon et de l’Office central de lutte contre le crime organisé.
 
Gendarmes, policiers, CRS et forces du Raid ont été déployées dans le quartier des Grésilles, à Dijon, lundi 15 juin 2020, où se sont déroulés des affrontements violents.
Gendarmes, policiers, CRS et forces du Raid ont été déployées dans le quartier des Grésilles, à Dijon, lundi 15 juin 2020, où se sont déroulés des affrontements violents. © Philippe DESMAZES / AFP

 

Qui sont les deux hommes qui viennent d'être interpellés ? 


Les deux hommes ont été présentés jeudi 17 septembre 2020 à l’un des magistrats instructeurs en charge de ce dossier. Il s’agit :

- d’un homme de 30 ans, habitant à Nice. Il n’a jamais été condamné mais il était placé sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une autre information judiciaire ouverte pour des faits d’association de malfaiteur et d’escroquerie en bande organisée notamment.
Le juge dijonnais l’a mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de la préparation de délits punis de 10 ans d’emprisonnement, violences aggravées par trois circonstances (arme, réunion, en raison de l’appartenance, vraie ou supposée des victimes, à une ethnie, une nation ou une prétendue race), participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations et dégradations aggravées.


- d’un homme de 30 ans, domicilié à Dole, dans le Jura. Il a déjà été condamné à 7 reprises pour des faits relativement anciens.
Lui aussi a été mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de la préparation de délits punis de 10 ans d’emprisonnement, participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations et violences aggravées en raison de l’origine de la victime.

"Tous deux ont été placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, conformément à la saisine du juge d’instruction et aux réquisitions du parquet", indique Eric Mathais, procureur de la République de Dijon.

 
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