Les annonces de Gabriel Attal ne suscitent pas l'adhésion des agriculteurs de Côte-d'Or

A quelques jours de l'ouverture du salon de l'Agriculture, le Premier Ministre Gabriel Attal a dévoilé ce mercredi matin 21 février une nouvelle série de mesures pour tenter d'apaiser la grogne du monde paysan. Les deux syndicats majoritaires - la FNSEA et les JA - attendent des actes concrets sur leurs exploitations.

Faciliter l'attribution des visas pour plus facilement faire appel à la main d'oeuvre étrangère, abandon de l'indicateur de suivi de réduction des pesticides (le Nodu) et mise en suspens du plan Ecophyto, choc de simplification et nouvelle loi Egalim qui sera présentée au Parlement avant l'été... Autant de promesses faites par le Premier Ministre Gabriel Attal au monde paysan pour tenter d'éteindre le mécontentement qui gronde dans les campagnes.

Des décisions qui se font attendre pour des actions rapides

Mais sur le terrain, toujours rien de concret pour Thomas Cotiby, vice-président des Jeunes Agriculteurs de Côte-d'Or (JA 21). Dans son exploitation de Villy-en-Auxois, il élève depuis 4 ans et demi des vaches laitières. Un travail fatiguant qui ne paie pas autant qu'il devrait (seulement 450 euros les 1000 litres de lait). Alors, les promesses politiques de ces dernières semaines, il s'en méfie.

"On voulait des actes et du concret mais aujourd'hui on n'a rien, et notre colère n'est pas atténuée. Ça fait des années qu'on attend que la loi Egalim soit appliquée et qu'on est en train de mourir dans nos campagnes. On attend une avancée rapide. Très rapide."

L'enjeu de cette nouvelle loi Egalim - 4ème version - est de garantir aux agriculteurs des revenus qui tiennent enfin compte de leurs coûts de production.

La filière laitière, source de tensions comme ce fût le cas aujourd'hui avec l'intrusion de plusieurs centaines d'agriculteurs au siège de Lactalis à Laval (Mayenne). Une démonstration de force, à l'appel de la Confédération Paysanne, pour exprimer un ras-le-bol. Sa présidente, Laurence Marandola, a insisté devant les médias sur l'urgence de la situation : "La priorité des priorités ne peut pas attendre l'été. Si en deux semaines on peut défaire des questions sur les produits phytosanitaires, pourquoi on ne pourrait pas en quelques semaines se doter d'une loi qui protège les revenus des paysans ?"

De bonnes mesures mais...

Présent dans sa ferme de Moloy, Baptiste Colson, président des Jeunes Agriculteurs de Côte-d'Or, estime que les mesures d'urgence prises par le gouvernement vont toutefois dans le bon sens.

"On apprécie les premières avancées comme la mise en pause du plan Ecophyto ou encore le retrait de la taxation sur le gazoil non routier (GNR) et l'accent mis sur la nécessité d'améliorer la transmission des exploitations, mais on attend un calendrier et des actions concrètes pour voir où ça va nous mener. En tous cas, aujourd'hui, ça ne suffira pas à calmer la colère des agriculteurs. "

Les Jeunes Agriculteurs et l'ensemble du monde paysan entend plus que jamais maintenir la pression sur le gouvernement à quelques jours de l'ouverture du Salon de l'Agriculture. "On attend de voir comment va se dérouler le début du salon et voir s'il y aura d'autres annonces, mais en tous cas, s'il faut recommencer le mouvement et faire d'autres actions, on sait que nos adhérents sont prêts", tient à préciser le président des JA 21.

Une marche pacifique des principaux syndicats agricoles se déroulera vendredi 23 février devant le Salon de l'Agriculture. Les participants seront accompagnés d'une dizaine de tracteurs, histoire de rappeler au gouvernement que tout peut repartir très vite si le monde paysan ne se sent pas entendu dans ses revendications. Celles d'un secteur placé "au rang des intérêts fondamentaux" du pays, selon les propos même du Premier Ministre.