Maire condamné pour agression sexuelle : à Corcelles-lès-Cîteaux, le nouveau conseil municipal élu dès le premier tour

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Écrit par Auberi Verne avec Vincent Thollet

Dimanche 20 mars, c'était jour d'élection à Corcelles-lès-Cîteaux (Côte-d'Or). Les habitants ont été invités à élire leur nouveau conseil municipal. Les conseillers avaient démissionné fin janvier, afin de forcer le maire condamné pour agression sexuelle à quitter ses fonctions.

Ambiance tendue dans le bureau de vote de Corcelles-lès-Cîteaux, dimanche 20 mars. Les habitants du village étaient invités à choisir parmi 14 candidats pour constituer le nouveau conseil municipal. Les membres du précédent avaient en effet démissionné en janvier dernier, en signe de protestation contre le maire, Hervé Petit.

"C'est un petit peu tendu parce que monsieur le maire est là", confirme Michel Petiot, l'un des candidats, qui fait également office d'assesseur. "On craint que les choses s'enveniment et que ça puisse déraper dans le bureau de vote."

Les conseillers élus dès le premier tour

Finalement, sur les 641 inscrits, 316 se sont déplacés pour voter. Les 14 candidats ont tous été élus, avec plus de 200 voix chacun. Le second tour n'aura donc pas lieu.

"C'est la première étape, puisqu'il reste toujours à son poste de maire", précise Samia Djemali, l'une des candidates. "C'est un soulagement, car les habitants se sont exprimés majoritairement en faveur de notre mise en place, ce qui légitime davantage notre démarche."

Un sentiment de ras-le-bol chez les habitants

Pour rappel, Hervé Petit a été condamné à huit mois de prison avec sursis, pour agression sexuelle, en novembre 2021. Il avait alors affirmé son intention de quitter ses fonctions. Mais plusieurs mois après, le maire est toujours en poste. Une situation qui ne passe plus, pour les habitants.

"Quelqu'un qui a un fichier doit partir, pour se regarder dans la glace le matin", lance une promeneuse rencontrée par France 3 Bourgogne. "Il nous fait honte, tout simplement, donc stop", s'insurge un autre riverain.

Une crainte persiste parmi les candidats : que le maire reste en place, malgré l'élection d'un conseil qui lui soit opposé. Dans ce cas, une stratégie "d'usure" serait envisagée.

S'il ne démissionne pas, on votera contre à toutes les délibérations.

Samia Djemali, candidate au conseil municipal

"Et puis à un moment donné, j'espère que la préfecture prendra la décision de nous mettre sous tutelle", poursuit-elle. "On repartira alors sur des élections, avec un vrai projet, et on pourra montrer aux habitants qu'on est là et qu'on a envie d'avancer."

Le nouveau conseil municipal n'aura peut-être pas besoin d'en arriver là. Hervé Petit a en effet indiqué à France 3 Bourgogne avoir l'intention de quitter son siège à la fin du mois, après avoir reçu le verdict des urnes.