Témoignage. Endométriose : "c'était comme si des mains me serraient l’utérus"

Publié le Écrit par David Segal

Marie-Pascale Brochet a 38 ans et souffre d'endométriose depuis son adolescence. Elle a dû attendre de nombreuses années pour obtenir un premier diagnostic de cette maladie gynécologique chronique et inflammatoire. Elle vient de se faire opérer et espère un jour retrouver une vie sans douleur.

"Je suis soulagée, j'espère que ça va suffire", Marie-Pascale vient tout juste de sortir de l'hôpital. Après des années de souffrance liées à l'endométriose, une médecin a accepté de l'opérer et de lui enlever un kyste à l'utérus. Elle est assise sur le canapé et caresse son chat, allongé sur son ventre. Comme un passage de la douleur à la douceur.

J’avais mal dès l’adolecence pendant mes règles

Marie-Pascale, atteinte d'endomètriose

Pendant plusieurs années, Marie-Pascale ne se doute pas un seul instant qu'elle est atteinte de cette maladie : "Je ne me suis pas dit que j’éprouvais des douleurs qui n’étaient pas normales" précise-t-elle tout en ajoutant "ça m’est déjà arrivé de m’arrêter dans la rue et de m’appuyer à un mur parce que j’avais trop mal. Je ne pouvais plus marcher. C'était comme si des mains me serraient l’utérus."

C'est finalement en 2016, à l'âge de 30 ans, qu'un médecin pose le premier diagnostic pour Marie-Pascale : "je me suis dit qu'il fallait faire quelque chose." 

Parcours d'une combattante

À ce moment-là, Marie-Pascale n'imagine pas encore le nombre d'obstacles qu'elle va devoir franchir pour soulager ses douleurs. Dans un premier temps, elle va chercher des réponses auprès du corps médical : "beaucoup de médecins ne savent pas ou ne réorientent pas. Ils me disent : tant que ça tient comme ça. Prendre des hormones en continu, ça ne me convenait pas et j’avais des troubles de l’humeur. On me disait alors : on ne peut rien faire."

Elle voit plusieurs gynécologues et à l'époque, elle regrette la banalisation de son problème : "quand un médecin ne me convenait pas où qu’il n’était pas dans la bienveillance et l’empathie, je changeais. Donc malheureusement j’en ai vu un certain nombre." confie cette maman de deux enfants. 

Je pense qu’il y a la question de la fertilité qui entre en ligne de compte. Moi j’ai pu avoir des enfants

Marie-Pascale Brochet

La maternité a changé le regard des autres sur son endométriose : "on va moins s’occuper de ce qui se passe dans la mesure où ça ne m’a pas impacté de ce côté-là." Pas prises au sérieux, ses douleurs la handicapent pourtant au quotidien : "si on est fatigué ou que l'on n’a pas bien dormi parce qu'on a eu des enfants, on va plus ressentir les douleurs chroniques de manière exacerbée. J’ai eu des moments où le matin je me disais, je ne suis pas capable de travailler." 

Une femme sur dix souffre d’endométriose

Malgré l’avis négatif de certains docteurs, l’opération est la seule solution pour cette Dijonnaise. C'est une kinésithérapeute qui l'oriente vers une médecin : "elle m'a dit stop la qualité de vie est trop impactée : on opère." Comme elle, une femme sur dix souffre d’endométriose. En moyenne, le diagnostic est posé sept ans après les premiers symptômes : "l’étape suivante est encore à élaborer, qu’est-ce qu’on donne comme réponse aux femmes qui ont mal ?", souffle Marie-Pascale

À l'occasion de la 20ème semaine européenne de prévention et d'information sur l'endométriose, elle a choisi de témoigner. Elle est psychomotricienne et elle travaille avec des bébés : "la chance que j’ai c’est que je peux être par terre quand j'ai mal. Mes collègues en rient car je passe ma journée allongée." (rires)

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