Une douzaine de radars bâchés en Côte-d'Or par des agriculteurs : ce que risquent les auteurs

Des membres de la Coordination rurale de Côte-d'Or ont bâché plusieurs radars dans le département dans la nuit du 16 au 17 avril. La préfecture a annoncé que des enquêtes seront menées. On vous explique ce que risquent les auteurs.

Nouvelle mobilisation d'agriculteurs en colère en Bourgogne. Dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 avril, des membres de la Coordination rurale de Côte-d'Or ont bâché une douzaine de radars dans l'ensemble du département. Une action pour dénoncer le non-versement des primes de la Politique agricole commune (PAC).

"Nombre de ces primes sont encore en attente", détaille le président du syndicat Cyril Hoffmann au quotidien Le Bien Public. "Cela impacte considérablement la trésorerie de nos exploitations [...]. Dans son discours de politique générale, le Premier ministre, Gabriel Attal, avait pourtant promis que tout serait réglé le 15 mars."

Occulter des radars, un délit puni de 15 000 euros d'amende

Cette action pourrait toutefois coûter cher à ses auteurs. Contactée, la préfecture dément faire preuve de tolérance à l'égard de ces derniers. "Des enquêtes seront lancées et les auteurs recherchés", ajoutent simplement les services de l'État.

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Concrètement, la dégradation de radars constitue un délit. Dans le cas présent, c'est-à-dire pour "avoir affiché des autocollants, fait des graffitis, occulté ou bâché les vitres d'un radar", l'auteur s'expose à une amende pouvant aller jusqu'à 15 000 euros et une peine d'intérêt général.

À noter que la peine peut être bien plus élevée si l'appareil est détruit ou endommagé (75 000 euros d'amende et 5 ans d'emprisonnement), ou si c'est un groupe de personnes ou un individu masqué qui ont commis cette action (100 000 euros d'amende et sept ans d'emprisonnement).

Plusieurs actions au cours des derniers mois

Malgré les annonces gouvernementales, la colère des agriculteurs est encore loin d'être retombée. À l'initiative de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) de Côte-d'Or, le 10 avril, une quarantaine de tracteurs traversaient Dijon pour dénoncer "l'incompétence" de la région Bourgogne-Franche-Comté.

Le 29 mars dernier, la Coordination rurale manifestait déjà dans les rues de Dijon, notamment pour alerter les pouvoirs publics sur les retards de paiement des subventions de la PAC. Une dizaine de jours plus tôt, c'étaient à nouveau la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de Côte-d'Or qui avaient appelé à se réunir devant le Conseil régional - là encore pour les mêmes raisons.