Trois ans de prison avec sursis requis après l'accident mortel d'un car de touristes portugais à Charolles en 2017

Le tribunal correctionnel de Mâcon traitait mercredi 7 octobre le procès de l'accident de car qui a fait quatre morts et une trentaine de blessés début 2017 sur la RCEA à hauteur de Charolles. Le chauffeur et la société de transport comparaissaient pour homicides et blessures involontaires.

© Romy Ho-a-Chuck / France 3 Bourgogne
Le car et sa remorque à bagages, en provenance du Portugal, roulait vers la Suisse. De retour après les fêtes, cette nuit du 8 janvier 2017, il a effectué plusieurs tonneaux sur la route nationale 79, la RCEA, avant le viaduc de Charolles, terminant sa course dans le fossé. 90 pompiers avaient été mobilisés.

Le car était sorti de la route sur une chaussée en partie verglacée. Mais très vite les autorités avaient évoqué une vitesse excessive étant donné la météo :90 kilomètres par heure. Quatre passagers étaient morts, 28 blessés, dont trois graves. Il s'agit de Portugais vivant en Suisse, qui rentraient de vacances au Portugal.

Au total, 34 personnes se sont portées parties civiles. Parmi les prévenus, on retrouve l'un des deux chauffeurs, au volant au moment de l'accident. Il en était sorti indemne. Est également jugé le dirigeant de deux sociétés, l'une de transport, l'autre propriétaire du véhicule.

Le parquet a requis une peine de trois ans de prison avec sursis à l'encontre du chauffeur et 100 000 euros d'amende contre chacune des deux personnes morales : les sociétés Angelo Taxi et Rota das Gravuras, propriétaire du bus et compagnie de transports, poursuivies pour homicides et blessures involontaires par personnes morales. 
 

Décision le 25 novembre

"C'est une accumulation de fautes personnelles du chauffeur à partir de la vitesse inadaptée en raison du verglas", a déclaré le procureur Éric Jallet à l'encontre d'Henrique Beiroto Angelo, un Portugais de 44 ans qui répondait d'homicides involontaires et de blessures involontaires par conducteur de véhicule terrestre.

Le procureur a pointé du doigt des "fautes professionnelles des personnes morales à partir du mauvais entretien du bus et de la remorque". Juste avant l'accident, le véhicule roulait à près de 90 km/h, une vitesse jugée excessive en raison du verglas en ce début janvier. Peu auparavant, le véhicule roulait à 101 km/h, selon les rapports d'experts.

Les analyses ont également mis en avant le poids de la remorque à bagages, qui aurait ralenti le freinage, ainsi que le surgonflage des pneus. L'avocat du chauffeur a quant à lui plaidé la relaxe. "Jamais le chauffeur n'a eu d'accident et jamais ses qualités professionnelles n'ont été mises en cause. Dans ce dossier tragique, seul le verglas est à l'origine de l'accident et en est la cause", a assuré Me Albano Cunha, qui défend également Narciso Angelo, le père du chauffeur et représentant légal des deux personnes morales.

Le jugement a été mis en délibéré au 25 novembre. Les deux prévenus n'étaient pas présents au procès.

Notre reportage du 8 janvier 2017
durée de la vidéo: 01 min 24
Accident de bus sur la RCEA : le point ce soir
 
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