Un an après la mort de trois militaires en Guyane, une information judiciaire a été requise pour homicide involontaire

Publié le Mis à jour le
Écrit par Antoine Belhassen avec AFP
Les trois hommes appartenaient au 19ème régiment du Génie de Besançon
Les trois hommes appartenaient au 19ème régiment du Génie de Besançon © Chef d'État-Major de l'armée de Terre

Le parquet de Cayenne a requis, ce jeudi 9 juillet, l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour "homicides involontaires et blessures involontaires" après la mort de trois militaires en Guyane en juillet 2019. Ils faisaient partie du 19e Régiment du Génie de Besançon.

Le parquet de Cayenne, en Guyane, a requis, ce jeudi 9 juillet, l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour "homicides involontaires et blessures involontaires" après la mort de trois militaires en Guyane en juillet 2019 lors d'une opération Harpie de lutte contre l'activité aurifère illicite, a indiqué le procureur de la République Samuel Finielz à l'AFP.

Le 17 juillet 2019, le sergent chef Edgar Roellinger, le caporal-chef de 1ère classe Cédric Guyot, et le caporal chef Mickaël Vandeville, du 19e Régiment du Génie de Besançon, avaient trouvé la mort après être entrés dans une galerie dans le cadre d'une opération de destructions de puits et de galeries d'un site d'extraction d'or primaire illégal.

Cette opération a été menée dans le secteur Saint-Jean sur le Petit Abounami, au sud-ouest de la Guyane. Cinq autres militaires avaient aussi été intoxiqués non mortellement.
 
L'enquête a été confiée à un juge d'instruction. Elle devra vérifier si c'est "par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement", que l'opération a abouti à la mort des trois militaires et aux intoxications des cinq autres.

L'hypothèse privilégiée des enquêteurs est une intoxication par le monoxyde de carbone émanant d'un ensemble de galeries. Ces galeries avaient été l'objet de deux opérations de destruction à l'explosif, le même jour.

La destruction d'une galerie aurait entraîné leur mort

Le jour du drame, les trois militaires défunts s'étaient introduits vers 16 heures dans la galerie n° 6 du site. Le second avait trouvé le premier inconscient, le troisième était venu à la rescousse. 

Plus tôt dans la journée, "une autre galerie, identifiée comme galerie n°5", avait "fait l'objet de deux destructions (...) à 11h30 puis à 15h15".

"Les constatations" des "enquêteurs et des sapeurs-pompiers (...) à l'aide de fumigènes ont établi que la galerie n°5 communique avec la galerie n°6. Les gaz générés par cette double explosion ont par conséquent pu être présents dans la galerie n°6", au moment de l'intervention des trois militaires, a poursuivi le procureur.

Vers une intoxication au monoxyde de carbone

"L'analyse effectuée par la direction générale de l'armement des différents types de gaz générés par la combustion des explosifs met en évidence la présence de monoxyde de carbone", a-t-il ajouté.
 

"Les expertises convergent vers une intoxication des militaires au monoxyde de carbone."


"Les investigations du juge d'instruction auront pour objectif de déterminer si les conditions de mise en œuvre des protocoles militaires de sécurité applicables à ce type d'opération (...) ont été respectées ou pas", précise le procureur.

Un hommage national avait été organisé le 24 juillet 2019 à Besançon (Doubs) en l'honneur de ces trois militaires. Ces agents spécialisés avaient de fortes expériences du terrain.
 
 

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