Besançon : +31% de déplacements à vélo dans la ville selon l'étude de futurs urbanistes et géographes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Sophie Courageot .

À Besançon, des étudiants de licence en géographie ont mené une étude de terrain sur l'usage du vélo en ville. Ils avaient fait de même en 2020. Quelles évolutions ? Quels constats ? Voici ce qu’ils ont vu.

Vous les avez peut-être aperçus ? Le 28 mars, entre 15 et 19 heures, 38 étudiants en 2ème année de licence de géographie ont ouvert grand les yeux pour observer et comptabiliser les déplacements à vélo en différents points de la ville.

Ils se sont postés aux mêmes endroits que le 12 mars 2020 (juste avant l’annonce du confinement). Pour les besoins de l’étude, ils ont choisi la même météo, la même amplitude horaire, et le même nombre de points d'observation, dans le centre de Besançon.

3624 observations ont été réalisées, explique Thomas Buhler, maître de conférences en urbanisme et enseignant chercheur à l’Université de Franche-Comté. Observer, compter, identifier le profil du cycliste, ses équipements de sécurité, son comportement, ses prises de risque. Un défi lancé en 2020, au départ simplement pour collecter des données, mais qui s’est révélé intéressant pour en savoir plus sur les modes de déplacements des Bisontins.

En deux ans, les cyclistes sont plus nombreux

Le nombre de cyclistes a fait un bond de +31%. “Un chiffre probablement sous-évalué" explique Thomas Buhler, car dans le flux des cyclistes observé à certains moments, difficile de tout voir, tout noter. Ce bond, comment l’expliquer ? “Il y a eu l’effet du confinement, une coupure sociale, l’effet répulsif des transports en commun, et d’autres causes plus indirectes. Les salles de sport ont fermé, certains ont utilisé leur temps de trajet pour faire du sport. Ajoutez les dispositifs d’aide à l’achat des collectivités ou entreprises, d’aide à la réparation des vélos, l’apprentissage dans les vélos écoles…” voici quelques-unes des raisons qui font que nous roulons plus aujourd’hui à vélo qu’il y a deux ans, avant la crise du covid-19.

En deux ans, le vélo électrique a fait des petits

Lors de leurs comptages, les étudiants ont fait la différence entre vélos à assistance électrique et vélos "musculaires", autrement dit les vélos classiques. Les fameux vélos électriques, qui font des envieux dans les montées, étaient 18% en 2020. Aujourd’hui, 33% des vélos observés le 28 mars étaient des vélos électriques. En valeur relative, +265% de vélos électriques observés par les étudiants.

Cycliste bisontin qui es-tu ?

Comme dans toutes les villes de France, n’en déplaisent à ces dames, le cycliste urbain est d’abord un homme !

En mars 2022, elles sont 36% de femmes à rouler en vélo contre 64% d'hommes. C’est un point de plus en deux ans.

Dans les pays nordiques, où le vélo est roi pour aller au travail ou se déplacer dans les villes, comme à Copenhague, les femmes sont beaucoup plus nombreuses. Le vélo s’est démocratisé grâce au développement d'infrastructures adaptées, voies cyclables et parcs de stationnement.

Quel est l’âge du cycliste urbain ? 50% sont des jeunes de 18 à 35 ans. Cette part augmente.

Pas trop de surprise. “Il y a un gros déterminisme sur la pratique du vélo en France. C’est d’abord une pratique masculine, des catégories socio-professionnelles supérieures, et des moins de 40 ans” rappelle Thomas Buhler.

L’effet trottinette

Parmi les conclusions de l’étude menée par les étudiants, la présence grandissante des trottinettes dans l’espace public urbain. 149 comptages en 2020, 514 en 2022. Et à 90% des trottinettes électriques, a constaté l’étude.

Et demain, encore plus de vélos ?

C’est la grande question. “Tous les experts en mobilité se posent la question. Est-ce qu’il s’agit du début de quelque chose, car dans beaucoup de villes, on attend cette étincelle des déplacements à vélo, est ce qu’il y a une montée, une vaguelette, ou le début d’une courbe ascendante ?“ se questionne le chercheur bisontin. Selon lui, “on ne reviendra pas en arrière”, mais les changements en terme de mobilité sont des changements qui prennent du temps, ils sont souvent liés à un mode de vie. Quand on est contraint de vivre en périphérie pour des raisons financières, difficile d’envisager de venir au travail à vélo.

Atteindre les 6% des déplacements à vélo en 2025 ?

C’est l’objectif fixé par le PDU, le plan des déplacements urbains de Besançon.  En 2015, on comptait 3% des déplacements à vélo, l’objectif est de doubler ce chiffre en 10 ans, rappelle Thomas Buhler. La crise sanitaire mènera-t-elle vers ce changement ? Les aménagements de voirie suffiront-ils ? Ou faut-il contraindre à passer au vélo en réduisant les espaces accessibles en voiture ? Pour le chercheur, le vélo va sans doute prendre un peu de place encore, en séduisant les usagers des transports en commun essentiellement.

La voiture reste une habitude difficile à gommer

Le plan de déplacement urbain note que dans le Grand Besançon, 10% des déplacements de moins de 500 mètres se font en voiture. C’est le cas aussi de 30% des déplacements de moins d'un kilomètre. Un kilomètre représente pourtant seulement 10 à 12 minutes de marche et 5 à 7 minutes de vélo.

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