Besançon : deux mosquées taguées, « ces actes sont odieux, lâches et haineux » selon le représentant du Centre culturel islamique

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Écrit par Vanessa Hirson

Après des actes antimusulmans observés à Pontarlier et à Morteau il y a plusieurs jours, deux mosquées de Besançon ont été taguées de croix de Lorraine cette nuit. Une enquête a été ouverte. Les représentants du culte musulman appellent à la plus grande vigilance.

Ce matin à la Mosquée Es-Souna rue Avicenne à Besançon, un cours d’arabe pour les enfants été programmé. Il a bien eu lieu avec pour reflet sur les vitres, des croix de Lorraine taguées à la peinture rouge. Un bien triste spectacle pour eux et leurs parents. Au total une quinzaine de croix ont été peintes à l’entrée et sur la façade de l’édifice. Une voiture stationnée sur le parking intérieur a également été la cible de ces attaques.

« Nous sommes peinés. C’est la conséquence de ce qui est dit par les Politiques et dans les médias. Si tous les Musulmans étaient aussi néfastes, est-ce qu’on vivrait tous dans la même société ? Nous sommes victimes d’idiotie » témoigne Abdel El Razak Boutouta, secrétaire de l’association de la Mosquée Es-Souna.

« Je suis choqué, respectons chaque religion » ajoute un fidèle. Un second s’exprime aussi « Comment voulez-vous qu’on explique à nos enfants le respect après ça ? Qu’est-ce qu’on dit à un enfant de 7 ou 8 ans quand il nous demande ce que c’est ? Les choses qui touchent la religion sont sacrées ».  

Ce n’est pas la première fois que cette mosquée fait l’objet d’actes antimusulmans. En 2013, une tête et des oreilles de porc avaient été déposées devant le portail ainsi que des croix gammées et l'inscription "vive le FN" avaient été tracées à la peinture noire sur le mur d'enceinte.  

Une seconde mosquée taguée à Besançon la même nuit  

Le choc et l’incompréhension dominent aussi à la Mosquée Fontaine-Ecu rue de Chaillot. Là-bas aussi des croix de Lorraine ont été taguées en pleine nuit. Cinq au total. La pancarte indiquant la présence de caméras de vidéo-surveillance n’a pas eu d’effet, les malfrats ont frappé. C’est à 6h30 que le constat a été fait par les premiers fidèles venus à la prière.

« Il ne faut pas avoir de haine envers l’ennemi » apaise un fidèle de cette mosquée. « Le problème n’est pas de résoudre la haine par la haine, il faut discuter, montrer qui nous sommes et comprendre l’islam. Il faut vivre un maximum dans la dignité et aller vers l’autre. L’islam rassemble tout le monde quel que soit sa couleur ».

A l’intérieur de l’édifice Khalid Jarmouni, le Président du Centre Culturel Islamique de Franche Comté (CCIFC) prépare un communiqué de presse. « C’est une atteinte grave aux lieux de cultes et une offense à l’endroit des fidèles musulmans » lance-t-il tout en préparant son papier. « C’est odieux, lâche et haineux. Le CCIFC condamne avec force ces actes dont la seule finalité est de répandre la haine et le rejet de l’autre ». 

Des attaques antimusulmans dans le département du Doubs

Il y a quelques semaines deux autres mosquées ont été la cible des mêmes dégradations, une à Morteau et une seconde à Pontarlier. Pour les Mosquées de Besançon une enquête est en cours. Elle a été confiée à la sûreté départementale du Doubs. 

« Nous appelons à l’extrême vigilance et à la responsabilité de tout un chacun pour éviter à notre pays la division et la discorde. Il est plus qu’important de mettre la lumière sur cette affaire et poursuivre les criminels qui ont perpétré ces actes » souligne, au final, le communiqué de presse du CCIFC.  

Entre temps, à la Mosquée Es-Souna, les enfants jouent dans le cours avec sur leur visage un mélange d’insouciance, de crainte et d’incompréhension.

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