Besançon : malaise et sureffectif à la maison d'arrêt

La maison d'arrêt de Besançon, qui est aussi la plus importante de Franche-Comté atteint des records d'effectifs. Conçue pour recevoir 270 à 280 détenus, elle en accueille actuellement 450.  Du jamais vu, dangereux et inacceptable pour les agents.  

La maison d'arrêt de Besançon
La maison d'arrêt de Besançon © France 3 Franche-Comté : Jean-Pierre Belon
La maison d'arrêt de Besançon ne cesse de voir sa population de détenus augmenter. 450 personnes sont emprisonnées dans la plus importante maison d'arrêt de Franche-Comté, quand celle-ci est conçue pour en accueillir entre 270 à 280. "On s'attendait à avoir de plus en plus de détenus" explique Olivier Girard, délégué local CGT à Besançon. "Depuis une quinzaine de jours, on met des matelas par terre. On arrive à saturation. Trois détenus dans 9m², ça crée des tensions et on n'a pas besoin de ça. On arrive au bout du bout" estime le représentant syndical qui n'est guère optimiste quant à la suite.


Une situation inédite dans un contexte déjà difficile

Pour les agents, la surpopulation actuelle constitue un danger. "On tire la sonnette d'alarme avant que ça ne devienne ingérable. Pour l'instant, c'est une situation à la marge, dans 6 ou 7 cellules" mais Olivier Girard redoute qu'elle ne devienne une norme. Et de rappeler que douze à quinze agents (sur 88 à Besançon) sont en arrêt de travail suite à des agressions "qui laissent des traces, tant au niveau physique que psychologique". Selon lui, le mal-être ne fait que grandir au sein des personnels. 

La direction de l'administration pénitentiaire a pris la mesure de cette situation bisontine. Bien que la surpopulation touche nombre de maisons d'arrêts (les centres de détention sont soumis à un numerus clausus) le directeur inter régional, Pascal Vion ne minimise pas la difficulté de travailler dans de telles conditions pour les surveillants. Il précise avoir alerté les autorités judiciaires pour améliorer la régulation carcérale, et que le flux des condamnés à plus d'un an de prison vont être redirigés dès les prochains jours vers des établissements de peine. Enfin, il rappelle que les importants travaux en cours à Vesoul et Lons-le-Saunier ont réduit temporairement le nombre de places dans les établissements de Haute-Saône et du Jura et que leur réalisation "devrait apaiser les choses". 

Une loi très attendue

Pascal Vion n'entend donc pas rester les bras croisés en attendant le printemps et l'entrée en vigueur de la loi "programmation pour la justice" instaurée par le gouvernement. Outre les 15.000 places supplémentaires (d'ici 2027), elle prévoit des alternatives pour désengorger les prisons (surveillance électronique, contraintes de suivi, développement des travaux d'intérêt général ...). "Nous croyons beaucoup à cette loi" souligne Pascal Vion. 
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