Besançon : “Toute la scène du graffiti est touchée”, une fresque en hommage au jeune graffeur gravement brûlé dans un accident

À Besançon, une fresque a vu le jour ces dernières heures sur le parc urbain de La Rodia. Le monde du graffiti s’est uni pour soutenir un jeune graffeur de 20 ans transféré à l'hôpital des grands brûlés de Lyon.
Le graffiti géant en soutien au jeune graffeur accidenté à Besançon.
Le graffiti géant en soutien au jeune graffeur accidenté à Besançon. © Jean-Stéphane Maurice - France Télévisions

Une pensée pour toi frérot. Reviens nous vite

Ils ont rassemblé leur bombes, leurs couleurs, leurs forces pour dessiner ce graffiti. Parmi eux des amis proches de la victime. Sur le mur de ce qu'il reste de l'ancienne usine textile de la Rhodiaceta, se dessinent des lettres géantes violettes, pour dire haut et fort qu’ils pensent au jeune graffeur victime d’un accident samedi 27 février. En fin d’après-midi, plusieurs jeunes se trouvaient sur le secteur de la gare de triage rue Jacquard à proximité d'une voie de chemin de fer. Le jeune homme a fait une chute d'une hauteur de 4 mètres. Il a été projeté au sol, après avoir été électrisé par une caténaire de 20 000 volts. 

Souffrant de graves brûlures aux jambes, ainsi qu'à l'abdomen et au thorax, le jeune a été évacué vers le CHRU de Besançon puis transféré vers Lyon. Une enquête de police a été ouverte.

Quelques mots, des touches de couleur, pour un hymne à la vie, ils espèrent que leur ami graffeur s'en sortira.
Quelques mots, des touches de couleur, pour un hymne à la vie, ils espèrent que leur ami graffeur s'en sortira. © Jean-Stéphane Maurice - France Télévisions


“Moi, je me suis senti touché par cette histoire. Je me suis proposé pour mettre en commun notre matériel et donner de la force à ce jeune, tout en soutenant sa famille” explique un graffeur bien connu à Besançon qui ne souhaite pas que son nom soit mis en avant. “Toute la scène bisontine est touchée par ce drame, on espère que ça montrera à sa famille que ce jeune a eu un accident en faisant sa passion, et qu’on pense à lui” ajoute ce graffeur trentenaire.

À Besançon, le monde du graffiti est un petit microcosme, ils seraient une trentaine à pratiquer leur art. “J’avais déjà croisé ce jeune, moi je fais partie des anciens, là, c’est la nouvelle génération. On connaît à Besançon les travaux de chacun, on se connaît souvent de vue. Et même si souvent entre deux générations, c’est un peu conflictuel, on est tous liés par la même passion” dit le graffeur. “On est pratiquant de quelque chose qui se fait depuis les années 70, le graf’ c’est une belle chose” défend il. Tous espèrent voir leur ami s'en sortir malgré ses graves blessures.

Le graffiti est visible dans le parc urbain de la Rodia.
Le graffiti est visible dans le parc urbain de la Rodia. © Jean-Stéphane Maurice - France Télévisions

L'ancienne friche de la Rodia toujours territoire des graffeurs.
L'ancienne friche de la Rodia toujours territoire des graffeurs. © Jean-Stéphane Maurice - France Télévisions


Les accidents graves de graffeurs sont rares, mais ils existent. À Bron en périphérie de Lyon en juin 2019, un graffeur a trouvé la mort, un bloc de béton s’est détaché sur lui. Le décès du jeune homme a marqué les graffeurs de la région. « Ça nous a tous secoués », expliquait un graffeur au lendemain de l’accident. « C’est un drame. C’est toujours trop tôt pour partir, mais il s’agit d’un jeune. Quand on passera devant ses réalisations, on aura toujours un pincement au cœur” ajoutait un autre dans la presse locale.

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