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REVOIR. Affaire de l'anesthésiste soupçonné d'empoisonnements : la conférence de presse du procureur à Besançon

Conférence de presse de Etienne Manteaux, procureur de la république de Besançon / © isabelle brunnarius
Conférence de presse de Etienne Manteaux, procureur de la république de Besançon / © isabelle brunnarius

Frédéric Péchier est de nouveau mis en examen pour "empoisonnement sur personne vulnérable". Dix-sept nouveaux cas d'empoisonnements ont été déterminés par les enquêteurs. Sept de ces patients sont décédés. L'anesthésiste reste libre sous contrôle judiciaire. 

Par Isabelle Brunnarius

Lors de sa conférence de presse, le procureur Etienne Manteaux a précisé que 17 nouveaux cas d'empoisonnements avaient été retenus et remis ce matin aux magistrats instructeurs. Parmi ces 17 dossiers, 7 patients sont décédés. Les magistrats devraient procéder à la jonction des deux procédures. Au total, Frédéric Péchier est soupçonné d'avoir empoisonné au total 24 personnes et parmi elles, neuf personnes ont perdu la vie. Ces faits sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. 
 



Le juge des libertés et de la détention a décidé dans la nuit de laisser libre Frédéric Pèchier contrairement à la demande du procureur de la République qui, lui, avait demandé sa mise en détention provisoire.

Lors de sa première mise en examen en 2017 pour sept cas d'empoisonnements présumés, le médecin avait été laissé libre sous contrôle judiciaire.   

 Comme lors de sa mise en examen de 2017, il lui est interdit d'exercer sa profession.

Nos confrères de France Bleu Besançon précisent que ce contrôle judiciaire est assortie cette fois de l'interdiction de paraître à Besançon et dans la commune voisine de Montfaucon où il réside. 

Lors de sa conférence de presse de jeudi aprés-midi,  le procureur de la République a précisé les détails de cette lourde enquête. Au moment de l'ouverture d'information, le parquet ouvrait également une enquête préliminaire distincte à la suite de plaintes et de signalements,  venant en particulier de la clinique Saint-Vincent. Au total, 66 événements indésirables graves étaient transmis à la justice. Essentiellement des arrêts cardiaques ou plus rarement des hémorragies. 

"Dans la mesure où la cause de ces événements était inconnue, le parquet a fait le choix de ne pas verser ces dossiers à l'information judiciaire en cours dans laquelle était mis en examen Monsieur Péchier, a expliqué le procureur.(...) Il n'était pas question pour le parquet, poursuit-il, de laisser imaginer dans un dossier aussi médiatique que le mis en examen puisse se voir reprocher 66 autres évenements indésirables graves." 


Et c'est au terme de deux années d'une enquête d'envergure que le parquet a retenu 17 nouveaux cas d'empoisonnements entre octobre 2008 et novembre 2016. Les victimes sont âgées de 4 ans à 80 ans. Sept d'entre elles sont décédées. 

Au cours de cette conférence de presse, il a été précisé que 1300 procès verbaux ont été établis pendant ces deux années d'enquête. Les charges "reposent sur des éléments concordants. 
  • Quand Frédéric Péchier ne travaille pas à la clinique Saint-Vincent, il n'y a pas d'événement indésirable grave.
  • Son omniprésence et sa proximité lors des épisodes de réamination cardiaque
  • Sa capacité à établir un diagnostic précose alors que l'événément venait de survenir
  • Il est le seul anesthésiste à avoir été présent tous les jours où un événement grave indésirable survenait.
  • Il est le seul anesthésiste à ne pas avoir été concerné par ces événements graves indésirables entre 2008 et 2016. 
Pour le procureur, l'anesthésiste est le seul « dénominateur commun » de ces événements indésirables graves. 

Des expertises et des enquêtes minutieuses ont permis de retenir ces 17 nouveaux cas. Dans deux cas, des quantités létales de potassium et d'un anesthésiant local ont été retrouvés. 

Reste à comprendre le mobile de tels actes. Tout en rappelant la présomption d'innocence de Frédéric Péchier, le procureur a précisé que le médecin était en "conflit aigu" avec ses confrères et que les événements indésirables graves survenaient au moment où ces conflits avaient lieu. 
 
Me Randall Schwerdorffer, avocat de Frédéric Péchier / © Isabelle Brunnarius
Me Randall Schwerdorffer, avocat de Frédéric Péchier / © Isabelle Brunnarius


Pour l'un des avocats de Frédéric Péchier, Me Randall Schwerdorffer, cette conférence de presse du procureur de la République avant de connaître la décision des magistrats instructeurs est "atypique". L'avocat rappelle qu'"il est facile de dire que c'est lui qui a empoisonné. Il n'y a jamais eu de preuves impliquant le docteur Péchin".

VOIR LE RECIT DE CETTE JOURNEE DECISIVE
 

Revoir la conférence de presse d'Etienne Manteaux
Affaire de l’anesthésiste de Besançon : suivez la conférence de presse du procureur de la république
Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon, s’exprimera à 17h30.


C'est une journée décisive pour l'anesthésiste, âgé de 47 ans, qui est désormais défendu par trois avocats. Le défenseur de Carlos Ghosn,  Me Jean-Yves Leborgne est arrivé ce jeudi à Besançon. Il travaille aux côtés des avocats bisontins Me Schwerdorffer et Me Spatafora. Les trois avocats du médecin sont arrivés ensemble au palais de Justice peu après 10 heures. Une dizaine de journalistes les attendaient. Les avocats sont restés prudents mais fermes sur leur ligne de défense : "La position de Frédéric Péchier est inchangée, il conteste sa culpabilité". Interrogé sur son état après 48 heures de garde à vue, Me Schwerdorffer précise qu'"il est très fatigué mais qu'il a participé aux interrogatoires au mieux de ses possibilités. Il a essayé de donner des explications les plus loyales aux enquêteurs". Quant à Me Leborgne, il a déclaré prendre connaissance du dossier tout en remarquant que "curieusement, ces réitérations après deux ans, nous amènent à nous poser des questions". 

Le docteur Frédéric Péchier, anesthésiste réputé des cliniques de Besançon, est-il l'auteur de dizaines d'empoisonnements de patients ? Le médecin clame depuis deux ans son innocence mais la question hante de nombreux patients ou leurs familles qui espèrent une réponse après la garde à vue du médecin.

Déjà mis en examen en 2017 pour sept empoisonnements mais laissé libre sous contrôle judiciaire, avec l'interdiction d'exercer, ce médecin de 47 ans a été interrogé lors de sa nouvelle garde à vue par les enquêteurs de la police judiciaire sur une cinquantaine d'évenements indésirables graves survenus sur des patients de la clinique où il exerçait. 

"Cinquante cas ? c'est vous qui le dites" réplique Me Schwerdorffer à la question d'un journaliste, lors de son arrivée au palais de Justice ce jeudi matin. 

 

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