EN IMAGES. Découvrez "Heures du monde", l'horloge monumentale du Grand Palais, rénovée en Franche-Comté pour les JO de Paris 2024

Démontée il y a quatre ans, l'horloge monumentale du Grand Palais de Paris, construite au XIX siècle, a été rénovée et réinstallée sur les lieux par l'entreprise horlogère Prêtre et fils, basée à Mamirolle (Doubs). Un travail minutieux et difficile sur un mécanisme d'exception, qu'il sera possible d'admirer pour les Jeux Olympiques de Paris 2024.

Un petit air de Franche-Comté aux Jeux olympiques de Paris 2024... grâce à son savoir-faire horloger. Eh oui, il n'y a pas que les athlètes qui peuvent mettre la lumière sur leur territoire durant ces olympiades parisiennes. L'entreprise Prêtre et fils, spécialisée dans l'horlogerie d'édifice et implantée à Mamirolle (Doubs), s'est ainsi occupée avec soin de l'horloge monumentale du Grand palais, là où auront lieu cet été les épreuves olympiques et paralympiques d'escrime ou de taekwondo.

L'horloge en question répond au doux nom d' "Heures du monde". Et se distingue à plus d'un titre, comme l'explique Nicolas Prêtre, gérant de l'entreprise Prêtre et fils. "On est ici sur une horloge d'exception, qui date de 1858" confesse-t-il. "C'est l'œuvre d'Armand-François Collin, un des horlogers parisiens les plus réputés, qui l'a créé rapidement pour qu'elle trône au Palais de l'industrie et soit vue et remarquée lors de grandes expositions". Pari gagné, car l'horloge a ainsi été exposée en 1881 lors de la première Exposition internationale d'Électricité, avant d'être déplacée en 1900 au sein du Grand Palais, où elle siège donc depuis plus d'un siècle.

Ses dimensions sont aussi exceptionnelles. 1,60 m de large, 2 m de haut, 80 cm de profondeur et surtout, un poids de 500 kg, ce qui est extrêmement lourd pour une horloge de cette taille.

Nicolas Prêtre,

gérant de l'entreprise Prêtre et fils

Et alors que le Grand Palais, immense bâtiment connu pour sa verrière d'exception, se refait une beauté depuis quatre ans afin d'être prêt pour les JO, il était logique que son horloge bénéficie, elle aussi, d'une cure de jouvence. "On a remporté un appel à projet et, en 2020, on est venu emmener l'horloge de Paris jusqu'à Besançon" explique Nicolas Prêtre. "Il a fallu la descendre du balcon avec une grue, avant de la démonter sur place".

Une horloge "pleine de subtilité"

L'horloge "Heures du monde" a ensuite été stockée à Besançon, avant de regagner les ateliers de l'entreprise Prêtre et fils, fin 2023. "C'est là qu'on a attaqué sa restauration" continue Nicolas Prêtre. "On l'avait déjà bichonné il y a dix ans, donc on la connaissait un peu, mais c'est quand même énormément de travail. Il a fallu la nettoyer entièrement, huiler chaque pièce, la régler puis la réassembler. Et c'est très dur, car cette horloge n'a pas un fonctionnement classique".

C'est-à-dire. "Elle a été pensée et conçue pour être vue" s'amuse Nicolas Prêtre. "Son inventeur a voulu en mettre plein la vue et on retrouve beaucoup de petites subtilités uniques, qui demandent plus de concentrations et d'adaptations pour nous, horlogers". Le "calage" et la "mise d'aplomb" ont ainsi nécessité des soins particuliers. Et ce n'est pas tout.

Sur l'horloge, on retrouve aussi une douzaine de petits cadrans qui indiquent les heures de plusieurs villes internationales comme Tokyo, New-York, Rome et Rio de Janeiro.

Nicolas Prêtre,

gérant de l'entreprise Prêtre et fils

"On a aussi un calendrier intégré dans cette machinerie" reprend Nicolas Prêtre. "Et un système mécanique exceptionnel, "l'équation du temps", qui permet de donner la différence entre le temps solaire moyen et le temps solaire vrai". Paradoxalement, ce n'est pas la remise à niveau de tous ces éléments qui a été la plus compliquée pour l'entreprise horlogère franc-comtoise.

Au Grand Palais, un chantier "plein d'effervescence"

"Non, ça a été la réinstallation de l'horloge au Grand Palais" sourit son gérant. Celle-ci s'est faite en deux temps. Quatre horlogers ont déjà passé une semaine à Paris en février, avant de revenir la semaine dernière, pour finir leur chantier vendredi 12 avril. "On était déjà sur un chantier avec plus de 1 200 ouvriers, le plus important de Paris, donc pour l'horlogerie, qui demande du temps, de la patience et du calme, l'effervescence générale n'était pas idéale" se souvient Nicolas Prêtre.

"Je me souviens que ce qui nous a donné le plus de fil à retordre, c'est l'énorme vitrine en verre qui protège l'horloge" détaille M. Prêtre. "C'est un globe en verre d’une hauteur de 4,20 m. Il pèse son poids en plus d'être grand. On a aussi sur cette vitrine un cadran horaire en feuille d'or et, au-dessus, trois carillons qui sonnent les quarts, les demies et les heures. Il a fallu aussi s'occuper de tout ça".

La mission était donc sportive, mais elle a été accomplie avec brio. L'horloge était là lorsque le président de la République, Emmanuel Macron, a visité le Grand Palais lundi 15 avril. À sa place historique, en haut du grand balcon, sous la nef, trônant sur les plus de 77 000 m2 du lieu. Un beau symbole pour ceux qui l'ont rénové.

"Bien sûr, on en est fier" conclut Nicolas Prêtre. "Déjà de travailler sur une horloge historique et unique... et en plus de la remettre sur pied pour un tel événement. Après, on sait que vu sa position haute, elle ne sera pas au centre des épreuves olympiques. Mais bon, elle dominera le Grand Palais, c'est déjà ça".

► À LIRE AUSSI : EN IMAGES. "C'est un petit bijou", découvrez l'horloge "exceptionnelle" de l'église de Morbier aidée par la Fondation du patrimoine

Et elle aura même la chance de recevoir à nouveau les soins de l'entreprise franc-comtoise. En effet, dès la fin des olympiades, "il faudra y retourner pour effectuer des derniers réglages" nous confie-t-on. "Histoire que le travail soit bien fait". On ne dira pas le contraire.