Xavier Dupont de Ligonnès réfugié dans un couvent pour femmes délinquantes ? Quel est ce lieu où une femme dit avoir aperçu le fugitif ?

Une femme aurait reconnu Xavier Dupont de Ligonnès au couvent des sœurs de Béthanie, dans le Doubs, en mars 2024. Actuellement en vente, cet édifice religieux offre un logement et une nouvelle vie à des femmes sorties de prison. Mais rien ne permet pour l'instant d'affirmer que le fugitif y a séjourné.

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Le signalement a été réalisé le 12 mars, trois jours après une veillée de prière au couvent des sœurs de Béthanie, dans le Doubs. Là-bas, une femme dit avoir reconnu Xavier Dupont de Ligonnès, nous apprend l'Est Républicain jeudi 3 avril. Suspecté d'avoir tué son épouse et ses quatre enfants à Nantes en 2011, cet homme de 63 ans est toujours recherché.

La brigade des recherches de la gendarmerie de Besançon a ouvert une enquête. Des analyses ADN ont été réalisées sur les lieux du signalement, le couvent des sœurs de Béthanie, à 10km de Besançon. Mais quel est cet édifice religieux où une femme dit avoir reconnu le fugitif le plus célèbre de France ?

La religion comme voie de rédemption

Fondée en 1866 par le Père dominicain Jean-Joseph Lataste, la congrégation des sœurs de Béthanie accueille des femmes sorties de prison pour leur offrir un nouveau logement, des possibilités de réinsertion sociale et la religion comme voie de rédemption.

Au couvent de Montferrand-le-Château, les anciennes délinquantes se confondent parmi les sœurs. Elles gardent un droit de discrétion sur leur passé. Certaines maintiennent un lien avec le milieu carcéral, deviennent par exemple visiteuses de prison pour lutter contre l'isolement social des détenus. 

5 000 m² de surface habitable dans un parc de plus de sept hectares : le couvent est actuellement à vendre. A Montferrand, les sœurs ne sont plus que huit. Elles ne voient plus l'intérêt de résider dans un domaine aussi grand et souhaitent déménager de l'autre côté de la rue, dans une maison qui leur sert actuellement d'hôtellerie.

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Une vente sous conditions

"Nous aimerions beaucoup que les futurs acheteurs aient les mêmes idées que nous, qu’ils soient porteurs de projets sociaux comme la réinsertion et le relogement d’anciens détenus”, expliquait Sœur Marie-Ange à France 3, en novembre 2023.

Autre condition pour les sœurs : la chapelle du couvent, où repose le fondateur de la congrégation, devra rester accessible après la vente. La mémoire du Père Lataste est en effet honorée lors d'un pèlerinage chaque année, le premier week-end de septembre.

Xavier Dupont de Ligonnès serait-il lui aussi venu chercher la rédemption au couvent des sœurs de la Béthanie ? Rien ne l'indique pour l'instant. La personne à l'origine du signalement "n'est pas formelle, mais pense l'avoir reconnu" et "aucune autre personne n'est venue corroborer ce témoignage", précise le procureur de la République Etienne Manteaux à l'Est Républicain.

Nouvelles précisions ce 5 avril, en fin d'après-midi. L'AFP confirme qu'un signalement a bien été effectué le 12 mars 2024. L'homme suspecté d'être Xavier Dupont de Ligonnès se serait présenté sous le nom de "Jean, dont la communauté "Le verbe de vie" a été dissoute en juillet 2023, et qui a raconté marcher depuis sur les routes, sans document d'identité", précise le procureur Etienne Manteaux. 

Une autre femme affirme avoir reconnu Xavier Dupont de Ligonnès

L'homme a été hébergé deux nuits au couvent avant de repartir. Le parquet de Besançon a indiqué qu'une autre participante de la veillée a pensé avoir reconnu les traits du suspect dans ceux de Jean. Elle s'est rendue d'elle-même à la gendarmerie pour effectuer son signalement.

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"Parmi sept personnes présentes à la veillée interrogées, quatre pensent qu'il ne s'agit pas du tout de Xavier Dupont de Ligonnès et trois hésitent", note Etienne Manteaux, qui a ouvert une enquête pour "recherche des causes de la disparition".