PHOTOS. Comment les incendies au Canada ont embrumé ces dernières heures les paysages du Massif du Jura

Une épaisse brume était visible dimanche 1ᵉʳ octobre dans le Haut-Doubs et sur les hauteurs de la Franche-Comté. On vous explique pourquoi.

Nombreux sont les marcheurs et marcheuses à s'être interrogés sur cette étrange brume persistante, constatée dimanche 1ᵉʳ octobre sur les hauteurs de la Franche-Comté. Malgré un temps estival et des températures avoisinant les 23 degrés au Mont d'Or (Massif du Jura), point culminant de la région situé à 1436 mètres d'altitude, impossible de voir la chaîne des Alpes en portant le regard en direction de la Suisse. "C'est quand même bizarre cette brume, alors que le ciel est totalement dégagé", pouvait-on entendre ici et là. Les coureurs de l'Ultra Trail des Montagnes du Jura, dont la 3ᵉ édition se déroulait ce week-end, ont pu profiter des températures particulièrement clémentes, mais pas de la vue en contrebas.

Cette brume inodore trouve son origine dans les incendies du Canada. "Les particules de fumée sont transportées par les vents d'altitude jusque dans les Alpes et réduisent la visibilité en dessous de 3000 m", explique Météo Suisse. C'était aussi le cas au pied du Mont d'Or, mais aussi ailleurs en Franche-Comté, notamment au lac des Rousses et au lac Saint-Point.

La société spécialisée dans les prises de vues aériennes, UPDrone, basée dans le Jura, a également partagé un magnifique cliché sur les réseaux sociaux.

En raison de vents dominants soufflants d’ouest en est dans l’hémisphère nord, les fumées ont rejoint la circulation des dépressions et tempêtes, ce qui a permis aux particules de gagner l’Europe. Ce phénomène se produit pour la 10ᵉ fois cette année, selon Météo Franc-Comtoise. "Il y a une semaine, 700.000 ha de végétation ont brulé en 24h. Et sur l’année 2023, nous sommes désormais à 18,5 millions d’hectares au Canada. C’est plus que toute la forêt française…", précise également le site indépendant spécialisé en suivi météo.

Selon les spécialistes, il s'agit de la "pire saison des feux de forêts" de l'histoire du Canada. Dimanche 23 septembre, plus d’un millier de feux étaient toujours actifs au Canada dont 683 hors de contrôle.

Mercredi 30 août, les fumées en provenance du Canada balayaient déjà la France du nord au sud, comme nous vous en parlions dans cet article. "Cela ne constitue pas un risque pour la santé. Le risque qui vient de ces particules fines est un risque qui doit être continu dans le temps, ou une concentration très, très importante, ce qui n’est pas le cas pour les prochains jours", expliquait alors Davide Faranda, climatologue au CNRS. En ce début octobre, la fumée devrait, elle aussi, se dissiper rapidement dans les heures qui viennent.