A REVOIR. Visite d'Emmanuel Macron dans le Doubs : après 2h50 à La Cluse-et-Mijoux, Emmanuel Macron quitte le département. Les temps forts du déplacement

À l'occasion du 175e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, le président de la République Emmanuel Macron était en visite au Château de Joux dans le Doubs ce jeudi 27 avril. Alors que la situation était tendue entre les manifestants et les forces de l'ordre, le président s'est offert deux haltes imprévues dans le Jura et le Doubs.

Ce direct est fini. Vous pouvez le relire, ou retrouver notre article Ce qu'il faut retenir de la visite d'Emmanuel Macron dans le Doubs et le Jura

15h20 : Deux heures et cinquante minutes après son arrivée, Emmanuel Macron quitte le Doubs en hélicoptère. Probablement pour rejoindre l'aéroport de Dole-Tavaux, où son Falcon l'a déposé ce matin.

15h10 : Avant de quitter le Doubs, le président de la République s'offre un passage surprise dans l'école primaire de La Cluse-et-Mijoux et une séance de signatures et de photos au milieu des élèves. C'est devant leurs fenêtres que l'hélicoptère du Président va s'envoler.

15h00 : Emmanuel Macron a quitté le Château de Joux dans le Doubs après deux heures sur place.

14h40 : Emmanuel Macron est toujours dans le Château de Joux, où se tient une "pause convivialité" avec les élus locaux.

14h15 : Au pied du Château de Joux, une fois le discours d'Emmanuel Macron fini, les opposants à la réforme des retraites se dispersent peu à peu. Le barrage des forces de l'ordre a tenu. Ils n'ont pas pu accèder au Président, mais n'ont pas le sentiment que leur mobilisation était vaine. "C'est important de montrer que c'est pas parce qu'il a tout passé en force que tout va bien" ,explique Thierry, sur le départ. "Il faut montrer son mécontentement. Aujourd'hui c'était Emmanuel Macron ici, demain ça sera un ministre".

13h50 : Pendant que le Président faisait son discours, Justine Gruet, députée du Jura, a twitté son agacement : "Le Président de la République a fait preuve d’un grand mépris". L'élue n'a pas non plus été prévenue de la halte surprise d'Emmanuel Macron dans sa circonscription. 

13h47 : "Toussaint Louverture avait compris que la seule insoumission était vaine. (...) La révolution plutôt que l'insurrection, la liberté plutôt que la destruction, l'ordre au-dessus du chaos", a déclaré le président de la République, dans son discours hommage à cette figure de la lutte contre l'esclavage. Un discours qu'il a achevé par cette déclaration : "Toussaint Louverture assurait en créole de sa confiance : 'doucement aller loin', cela signifiait le temps de l'éducation et du dialogue et du respect, mais viser haut. Ce mot, faisons le nôtre"

À noter que plusieurs membres de l'opposition se sont étonnés de la temporalité de cet hommage, 220 ans et 20 jours après le décès de la figure de la lutte contre l'esclavage. "Il s’agit de célébrer le 220ᵉ anniversaire – un nombre dont on notera qu’il offre des nouvelles perspectives au président s’il veut ainsi occuper la fin de son mandat ! – de la mort de Toussaint Louverture, un homme qui lutta toute sa vie contre l’esclavage et pour les droits humains ; et qui en paya le prix", a notamment écrit Dominique Voynet, secrétaire régionale d'Europe-Ecologie Les Verts dans un communiqué. "À chaque fois qu’il est en difficulté, le président de la République joue du même ressort : il commémore, il inaugure jamais avare de mots exaltés et de considérations morales à asséner" s'est agacée l'ancienne ministre de l'Environnement du gouvernment Jospin.

13h30 : Emmanuel Macron entame son discours d'hommage à Toussaint Louverture. "Si son destin trouva son terme dans cette prison, c'est bien en homme libre et Français que pendant 60 ans, il avait vécu" déclare le président, qui surnomme la figure de la lutte contre l'esclavage "enfant des Lumières". 

Le discours se tient dans une petite salle du Château de Joux. Une quinzaine de personnes se serre pour laisser une caméra filmer le président. Les autres journalistes sont dans une salle parallèle où le discours est retransmis.

Durant ce temps, au pied du Château, à 2 kilomètres de là, les manifestants font raisonner les casseroles.

13h15 : Alors que le président de la République visite le Château de Joux, à deux kilomètres de là, où les manifestants bloqués par les forces de l'ordre, un relatif calme est revenu. Dans les klaxons, une partie des opposants déjeune en attendant le discours d'Emmanuel Macron. 

13h02 : Emmanuel Macron est arrivé au Château de Joux dont les accès sont soigneusement contrôlés depuis ce matin. Le Président salue les élus présents, dont le député Renaissance Eric Alauzet, qui a réussi à rejoindre le fort. Les manifestants sont à plus de deux kilomètres, mais on entend au loin des bruits de klaxons et de manifestation.

Le président salue l'ambassadeur d'Haïti, qui glisse un mot sur la situation difficile du pays et lui demande de l'aide.

12h40 : L'hélicoptère du président arrive sur le terrain de football de La Cluse-et-Mijoux. Une quinzaine d'habitants du village l'attendent sur place, dont la moitié sont des adolescents. 

Deux kilomètres et 20 minutes à pied séparent les opposants à la réforme des retraites du lieu d'atterrissage d'Emmanuel Macron.

12h20 : Les manifestants contre la réforme des retraites sont toujours bloqués sur la nationale 57, entre Pontarlier et La Cluse-et-Mijoux où Emmanuel Macron devrait bientôt arriver en hélicoptère avant de monter au Château de Joux. Un barrage policier qui excède les manifestants, alors que l'arrêté préfectoral qui encadrait le dispositif de sécurité a été retiré le matin même. Certains d'entre eux cherchent à le contourner, sur et sous le pont, et même à travers la forêt et la montagne. Les gendarmes suivent ces randonneurs. 

D'autres ont pris le parti de bloquer tous les accès routiers, en espérant empêcher un éventuel convoi présidentiel de passer. 

12h : Emmanuel Macron quitte Dole (Jura) à l'issue d'une visite imprévue sur le marché de la ville. "C'est quand même plus simple", a expliqué le président de la République, interrogé sur ce choix, "Il y a des gens pas contents, des gens qui vous engueulent, mais vous pouvez parler". Le président est reparti en voiture mais il devrait rejoindre le Haut-Doubs en hélicoptère.

11h58 : Dans le Haut-Doubs, entre Pontarlier et le Château de Joux, la police repousse les manifestants qui tentent de passer leur barrage sur la nationale 57. "Laissez-nous passer !", ont lâché les opposants, entre 200 et 300 personnes avec Frédéric Vuillaume en tête. "Vous avez le droit de refuser un ordre illégal !". 

Le député du Doubs Eric Alauzet (Renaissance) a été aperçu faisant demi-tour. "Le député Alauzet a dû partir en retraite", dit l'un des manifestants présents sur place.

11h55 : La police interdit l'accès au marché de Dole, où Emmanuel Macron a décidé d'un bain de foule impromptu, à des militants CGT du département. "Un officier m'a dit que je faisais un tapage diurne", s'agace Antoine Cordier, secrétaire général de la CGT Dole, "on m'a pris mon porte-voix". "Voilà, l'Etat de droit, c'est l'Etat de Macron à faire ce qu'il veut", dénonce l'opposant à la réforme des retraites.

11h50 : Sur le marché, Emmanuel Macron est tombé sur Fabrice Schlegel qui avait lancé le mouvement des gilets jaunes sur la ville du Jura. “Vous pouvez enfumer les Français, mais ça ne marche pas avec moi. On est encore quelques-uns éclairés. Vous nous enfumez depuis 5 ans. Vous avez encore 4 ans. C’est le jeu. C’est la démocratie par contre, vous avez été élus. Les Français, c’est eux qui ont fait les cons” ironise le Jurassien dans un échange resté courtois avec le président. "Vous dites beaucoup de bêtises tous les jours", a tout de même laché le gilet jaune.

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Emmanuel Macron interpellé par Fabrice Schlegel, ancien gilet jaune à Dole, Jura. ©Pool presse

11h40 : Dans le Doubs, la situation se tend au niveau du barrage des forces de l'ordre entre Pontarlier et le Château de Joux. Les manifestants ont appris avec colère que le Président de la République a choisi de s'arrêter dans le centre-ville de Dole. "C'est illégal de nous bloquer alors que l'arrêté préfectoral a été suspendu !". Ils se préparent à essayer de forcer le barrage. De leur côté, les forces de l'ordre semblent préparer des lacrymogènes.

11h20 : C'est sur le marché de Dole, dans le Jura, que le président de la République a choisi de s'offrir une rencontre citoyenne impromptue.

“Ca fait bizarre de vous voir à Dole Monsieur”, lance un jeune au président. “Ce n’était pas prévu”, répond Emmanuel Macron.

Auto-entreprenariat, désert médicaux, salaires des grands patrons, Smic... Les Dolois ont pu le questionner brièvement. “On est un pays qui aide plus. Pourquoi il y a des impôts, on l’oublie. Dans beaucoup de pays où vous comparez, l’école est payante, la santé est payante. On n’a rien sans rien… Quelqu’un qui a le smic aujourd’hui, il faut qu’il puisse avoir une carrière et qu’il gagne plus. Le sujet, je le dis, c’est que le travail paye. Ça, ce n’est pas l’Etat seul qui le pourra, c’est le dialogue social”, répond le Président de la République à un homme qui l’interpelle sur les petits salaires et le poids des charges sur les Français.

Les journalistes accrédités venus de Paris étaient invités à prendre le train jusqu'à Besançon, avant de monter dans un bus affrété par l'Élysée pour les monter à Pontarlier. 

11h : Un barrage de police bloque complètement la circulation sur la nationale 57, entre Pontarlier et la Cluse-et-Mijoux, où doit se rendre le président en fin de matinée, avant de monter au Château de Joux. Les manifestants qui s'étaient donnés rendez-vous à Pontarlier sont bloqués à un peu plus de 2 kilomètres du lieu de la visite d'Emmanuel Macron.

Les opposants à la réforme des retraites ont une vue directe sur le Château de Joux, au sein duquel Emmanuel Macron rendra hommage à Toussaint Louverture en fin de matinée. La préfecture a indiqué dans la matinée que la cérémonie, qui devait initialement se déroulée en extérieur, se fera finalement dans le Château. 

Le président est arrivé en Falcon à l'aéroport de Dole, dans le Jura. C'est finalement un convoi routier qui le mènera jusqu'au Château de Joux.

10h40 : Les manifestants, bien décidés à se faire entendre d'Emmanuel Macron, partent du rond-point de Pontarlier où ils s'étaient donnés rendez-vous. Ils veulent essayer de se rapprocher au maximum du terrain de football où l'hélicoptère de président pourrait atterrir à La Cluse-et-Mijoux et du Château de Joux qui le surplombe. 

Un peu plus de trois kilomètres séparent les deux lieux. 

10h20 : au rond-point Malraux à Pontarlier, où les opposants contre la réforme des retraites se sont donnés rendez-vous, les manifestants commencent à se rassembler. "Ils veulent nous faire bosser jusqu'au cimetière, mais on ne va pas se laisser faire", scandent-ils. 

Frédéric Vuillaume, secrétaire général de Force Ouvrière en Franche-Comté, syndicaliste placé en garde à vue à la veille de la visite présidentielle, est présent.

Des militants du Doubs, mais aussi du Jura voisin ont prévu de faire le déplacement. Ils vont essayer de se rapprocher au plus près du trajet du président de la République. Le retrait de l'arrêté de la préfecture du Doubs, qui comportait de nombreux interdits, en particulier sur les rassemblements sur la commune de La Cluse-et-Mijoux, pourrait leur faciliter la tâche.

9h45 :  Contactée ce matin, sur les raisons du retrait de cet arrêté, les services de la Préfecture expliquent que l’arrêté interdisant de manifester sur La Cluse-et-Mijoux a été retiré mercredi soir du fait d’un changement de programme dans le déroulé de la cérémonie en hommage à Toussaint Louverture. Plus aucune séquence avec Emmanuel Macron n’est prévue en extérieur sur la terrasse du Fort de Joux. Ce temps se fera à l’intérieur. L’arrêté pris le 25 avril visait selon la Préfecture à assurer la solennité du temps d’hommage à Toussaint Louverture.

L'arrêté interdisant de manifester est retiré

8h35 : L'arrêté interdisant de manifester et tout rassemblement "festif"  à La Cluse-et-Mijoux où se rend Emmanuel Macron a été retiré par la Préfecture du Doubs indique le Tribunal Administratif. Trois recours en référé avaient été déposés devant le tribunal, par la Ligue des droits de l'Homme, le Syndicat de la magistrature et l'Union départementale de Force Ouvrière. L'audience prévue à 8h30 n'a donc pas eu lieu. Une ordonnance de non-lieu du tribunal sera publiée dans la matinée. 

On ne sait pas encore si et quand la préfecture du Doubs compte publier un nouvel arrêté pour encadrer le dispositif de sécurité autour de la visite présidentielle.

Pour le "droit à manifester", trois recours déposés contre l'arrêté du Préfet

La CGT du Doubs a appelé à un "concert de casseroles" pour accueillir Emmanuel Macron. Rendez-vous est fixé au rond-point Malraux à Pontarlier, à 3,5 km du lieu où le président pourrait atterrir en hélicoptère, et à peu près autant du Château de Joux. Les militants s'attendent à avoir du mal à se rapprocher du président de la République.

Ce mardi 25 avril, la Préfecture a pris un arrêté interdisant de manifester sur la commune de La Cluse-et-Mijoux. Un arrêté très large, qui interdit les rassemblements et cortèges, mais aussi les "rassemblements festifs à caractère musical". Les engins sonores portatifs sont interdits, mais pas les casseroles, nous a précisé la préfecture du Doubs.

Cet arrêté a été attaqué en référé par trois recours, La Ligue des droits de l’Homme et l’Association de défense des libertés constitutionnelles (ADELICO), mais aussi le Syndicat de la magistrature et l'Union syndicale Solidaires, et l'Union départementale du Doubs de Forces Ouvrières . Le tribunal administratif de Besançon examine ces recours en référé liberté à 8h30 à Besançon. Jugement attendu dans la matinée alors que le Président arrive à midi dans l'enceinte du Château de Joux.

→ Lire notre article : Visite d’Emmanuel Macron dans le Doubs : la Préfecture interdit les manifestations autour du Château de Joux et La Cluse-et-Mijoux

Que vient faire Emmanuel Macron dans le Doubs ?

Ce jeudi 27 avril, le président de la République Emmanuel Macron est attendu au Château de Joux près de Pontarlier dans le Doubs. Il participera à une cérémonie d'hommage à Toussaint Louverture, figure de la lutte contre l'esclavagisme à Haïti, emprisonné jusqu'à son décès dans cette ancienne prison d'État, en cette journée anniversaire de l'abolition de l'esclavage en France, il y a 175 ans. 

Le président devrait arriver à La Cluse-et-Mijoux, petite commune au pied du Château, en fin de matinée et en hélicoptère. 

→ Lire notre article "Mais pourquoi Toussaint Louverture, héros de la décolonisation, a-t-il été emprisonné au Château de Joux dans le Haut-Doubs ?"

Un château chargé d'histoire, difficile d'accès

L'accès au Château de Joux est particulièrement difficile : juché sur un éperon rocheux, ce n'est pas par hasard que le monument, que l'on appelait "le Fort de Joux" il y a quelques dizaines d'années seulement, a longtemps été une prison d'Etat. Seules deux routes sinueuses, aujourd'hui des sens uniques, mènent au Château. Au sommet du pic, un chemin unique, passe sous plusieurs tunnels avant de mener à l'enceinte du site. L'édifice, consolidé par l'ingénieur militaire Vauban, ne laissait guère de possibilité aux prisonniers de s'échapper, avec ses falaises hautes d'une centaine de mètres. 

Avec les équipes de France 3 Franche-Comté à La-Cluse-et-Mijoux et Pontarlier : Jérémy Chevreuil, Guillaume Petit, Sophie Hienard, Guillaume Soudat, David Martin, Rémy Bolard.